A quoi ressemble une nouvelle obligation grecque ?

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Les titres issus de l'échange présentent des garanties et des incitations. Mais aussi des risques.

Que vont donc recevoir ceux qui ont apporté leurs titres à l'offre d'échange du gouvernement grec ? Et en sont-ils, eux aussi, quitte pour les pertes qu'ils ont accepté d'enregistrer ?

Intérêts croissants
Concrètement, pour 1000 euros de valeur nominale d'obligations grecques, quelle que soit sa maturité et son intérêt, l'investisseur va recevoir une nouvelle obligation au nominal de 315 euros d'une maturité de 30 ans (mais l'amortissement débutera au bout de onze ans) et portant un intérêt progressif : 2 % de février 2012 à février 2015, puis 3 % jusqu'en février 2020, puis 4,3 % jusqu'au remboursement final. La pilule peut paraître amère, mais compte tenu de la situation de la Grèce et des mesures d'accompagnement prévu, l'affaire n'est pas si mauvaise. D'autant qu'à partir de 2015, les détenteurs de ces bons pourront compter sur un supplément d'intérêt, limité à 1 % et calculé sur la croissance grecque. Il faut certes être aussi optimiste que le FMI, qui prévoit une croissance de 4 % annuelle à partir de 2015, pour y croire. Mais enfin, ce peut être une cerise sur le gâteau.

Garanties légales
Les nouveaux titres seront ainsi non pas de droit grec, soumis aux humeurs législatives de ceux qui ont le pouvoir à Athènes, mais de droit anglais. Plus qu'un détail, c'est une véritable sécurité pour les investisseurs. Du reste, à quelques exceptions près, la Grèce renonce à son « immunité souveraine », ce qui fait de ces nouveaux titres, des obligations presque semblables aux emprunts privés soumis au droit des affaires anglais.

Lot de consolation
Enfin, il ne faut pas oublier que, comme lot de consolation, les investisseurs vont recevoir 15 % de la valeur nominale de leurs anciens titres sous la forme d'un bon à deux ans du FESF. En tout, ce ne sont pas moins de 30 milliards d'euros qui seront ici distribués.


Retour des CAC ?
Reste que l'échange ne fait pas disparaître les risques. D'abord, sur le plan juridique, les nouvelles obligations prévoient des clauses d'actions collectives (CAC) permettant d'exproprier ces détenteurs. Comme bon nombre d'économistes rappellent que la dette grecque va demeurer fort élevée malgré cette restructuration et qu'un troisième plan de soutien pourrait être nécessaire avant 2020, ce détail a son importance : on pourrait encore être tenté de demander la participation des investisseurs privés.


Le marché sceptique
Vient ensuite la question de la valeur de ces titres sur le marché. Selon Morgan Stanley, le spectre de la future élection grecque et les difficultés futures du plan de consolidation budgétaire grec pourrait amener les nouveaux titres à un rendement compris « à moyen terme » entre 13 et 17 %. Selon Bloomberg, sur le « marché gris », ce marché non officiel où tout s'échange avant même d'exister, les nouveaux titres affichent déjà des rendements de 22 % ! Preuve que ces nouveaux titres ne présentent guère d'attraits pour le moment pour le marché, malgré les garanties promises.

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Commentaires
a écrit le 29/03/2012 à 18:27 :
une clause CAC ne prévoit nullement une possibilité d'expropriation (avec dédommagement ?? ).
Ces clauses prévoient la possibilté pour le débiteur de modifier a sa guise , a tout moment, toute clause de l'obligation qui ne lui conviendrait plus et çelà sans l'accord de l'investisseur
a écrit le 09/03/2012 à 18:42 :
A quoi ressemble une nouvelle obligation grecque ?... à un godemichet !

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