Le SPD allemand se déchire sur le pacte budgétaire européen
Romaric Godin
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Le ton monte au sein du SPD sur le comportement du parti face au projet de traité budgétaire européen. En théorie, le Bundestag et le Bundesrat seront amenés à se prononcer sur ce nouveau traité le 25 mai prochain. Comme le texte induit des pertes de souveraineté, Angela Merkel aura besoin d'une majorité des deux tiers pour qu'il soit adopté par l'Allemagne. Autrement dit, il lui faudra le vote positif des 146 députés sociaux-démocrates et de l'ensemble des Länder dirigés ou co-dirigés par le SPD.
Divergence sur la stratégie
Or, ces derniers ne sont pas vraiment d'accord sur la stratégie à suivre. Sigmar Gabriel, l'actuel président du parti, voudrait clairement faire dépendre l'accord au texte européen de l'adoption par l'Allemagne d'un impôt sur les transactions financières. Il tonne ainsi à longueur de journées contre « le scandale des marchés qui ne sont pas encore régulés ». Et, le 3 mars dernier, il a envoyé à certains députés un SMS les incitant à défendre cette position. Mais cette vision met en rage le chef du groupe parlementaire SPD et ancien vice-chancelier, Frank-Walter Steinmeier. Pour lui, la question européenne ne peut dépendre de considération de politique intérieure et doit être jugée en tant que telle. Autrement dit : le SPD doit voter le projet de traité si celui-ci est bon pour l'Europe.
Echéances électorales
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Selon la Süddeutsche Zeitung, les deux hommes se sont violemment opposés lors d'une réunion le 5 mars dernier. La position du SPD concernant le vote du 25 mai est donc encore incertaine. Cette indécision doit en réalité se comprendre à l'aune de deux prochaines échéances électorales. L'une, très proche, est celle de l'élection dans le Land de Rhénanie du Nord Westphalie, le plus peuplé de la République fédérale, où le SPD espère, avec les Verts, glaner la majorité absolue. L'autre, ce sont les élections fédérales de 2013. Pour ces dernières, le parti doit encore définir sa ligne de conduite : ou se distinguer très clairement d'Angela Merkel en adoptant des positions dures face au gouvernement pour tenter d'obtenir la majorité avec les Verts, ou bien limiter le conflit pour ne pas se couper de la possibilité d'une « grande coalition » avec la CDU qui sera sans doute orpheline de son allié libéral.
Romaric Godin
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