L'Union Européenne maintient la pression sur l'Espagne

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Mariano Rajoy, premier ministre espagnol. Copyright AFP
Mariano Rajoy, premier ministre espagnol. Copyright AFP
Deux visites de délégations européennes à Madrid en un mois, hasards du calendrier selon l'Espagne et la Commission, illustrent la mise sous surveillance de la quatrième puissance économique de la Zone Euro, alors que Mariano Rajoy tente de retrouver la confiance de ses partenaires européens et des marchés.

L?Union Européenne (UE) envoie jeudi et vendredi une délégation d?experts à Madrid pour la seconde fois en un mois et demi. La visite se fait dans le cadre du Mécanisme d?Alerte Européen qui vise à prévenir et corriger les déséquilibres macroéconomiques dans une douzaine de pays européens dont l?Espagne. Les experts en visite devront évaluer le processus de réformes et la politique de stabilité du Gouvernement espagnol. Le fait qu?il s?agisse de la seconde délégation de l?UE qui se déplace à Madrid en à peine un mois et demi ne doit pas être interprété comme le resserrement de la surveillance sur l?Espagne, selon une porte-parole de la Commission Européenne (CE), dans la mesure où la précédente visite avait eu lieu dans le cadre du « Six-Pack ». La venue d?une seconde équipe en pleines tensions sur les marchés n?est qu?une « malheureuse coïncidence », d?après cette porte-parole.

Pression et méfiance européennes

Le quotidien espagnol El País sous-entend toutefois que ces visites illustrent la pression exercée par l?UE sur l?Espagne. Le soutien de la Commission au Gouvernement espagnol reste prudent, malgré les mesures drastiques annoncées par les conservateurs. Ainsi, aux 27 milliards d?économies prévues au budget 2012, le premier ministre Mariano Rajoy a ajouté lundi 10 milliards d'euros de coupes dans les postes de la Santé et de l?Education. La Commission, qui a vu d?un bon ?il ces mesures, continue toutefois de réclamer le détail des comptes de régions. A l?origine de cette méfiance, les tergiversations du Gouvernement en matière de déficit ont miné la confiance de l?UE en Rajoy. Début mars, il avait en effet abaissé unilatéralement à 5,8% au lieu des 4,4% prévus, les objectifs de déficit pour 2012. Finalement, l?UE lui a imposé un déficit intermédiaire de 5,3%. Jeudi après-midi, les députés espagnols devaient approuver la loi sur la Stabilité Budgétaire qui, en entrant en vigueur en mai prochain, imposera un déficit zéro à l?horizon 2020.

Soutien de la BCE

Des représentants de la CE et de la Banque Centrale Européenne (BCE) ont  toutefois affirmé mercredi que les tensions sur les marchés espagnols ne reflètent pas la situation économique espagnole. Jeudi, Mariano Rajoy a lui aussi déclaré depuis Varsovie que « personne n?envisage de sauvetage de l?Espagne ». Le conseiller de la BCE Benoît Coeuré a affirmé par ailleurs mercredi que le programme d?achat d?obligations espagnoles est toujours en vigueur. La baisse de la prime de risque de la dette espagnole suite, notamment, à ces déclarations, illustre l?importance du soutien de l?UE et de la BCE pour que l?Espagne retrouve la confiance des marchés. Pour José Carlos Díez, économiste en chef chez Intermoney, « Il est indispensable que l?Espagne présente un plan de stabilité crédible. Mais il faut en parallèle une autre politique monétaire européenne, semblable à celle de la Fed, et une autre politique fiscale. On ne peut pas s?en sortir si tous les pays d?Europe prônent l?austérité et essayent de se relancer via les exportations ».

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Commentaires
a écrit le 14/04/2012 à 17:21 :
L'Union Européenne maintient la pression sur l'Espagne ou quand la bière a encore de beau jour devant elle.
a écrit le 13/04/2012 à 16:15 :
L'Espagne comme tous les pays de la zone euro est victime de la politique monétaire irresponsable de la FED, de l'aveuglement des allemands concernant l'inadaptation de l'euro aux pays les moins compétitifs de l'UEM qui ont vu leur industrie dévastée par un euro trop fort et une ouverture des frontières débridée, mais l'Espagne est victime AUSSI de son propre mirage économique fondé sur la spéculation immobilière, sur l'incompétence et l'irresponsabilité de sa classe politique depuis Gonzalez et en particulier d'Aznar et Zapatero, de la corruption à tous les étages des municipalités et des régions, des sureffectifs de la fonction publique nationale et territoriale. Donc M. Rajoy qui souhaite sans doute ménager un peu son électorat auquel il a menti, ainsi que le taux de croissance négatif de l'économie du pays, hésite à engager les vraies réformes, qui consistent à baisser substantiellement le nombre de fonctionnaires, en moins d'autonomie des régions, en en une baisse drastique des frais de fonctionnement, d'investissements, et de masse salariale des régions et de l'Etat. Terminé le n'importe quoi des régions à commencer par des régions comme la Catalogne qui ont les yeux bien plus gros que le ventre.
a écrit le 13/04/2012 à 10:59 :
L'excédent de la balance commerciale est un droit acquis pour l'Allemagne, c'est comme le droit de cuissage au moyen age, que cela vous plaise ou pas!!
a écrit le 12/04/2012 à 23:38 :
"On ne peut pas s?en sortir si tous les pays d?Europe prônent l?austérité et essayent de se relancer via les exportations"
C'est tout le problème européen. Chacun espère un miracle mais plus personne n'y croit.

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