MES : un nouveau front s'ouvre au sein de la zone euro

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Selon la Süddeutsche Zeitung, la BCE et des pays de la zone euro non cités prépareraient une réforme du Mécanisme européen de stabilité (MES) pour lui permettre d'aider les banques à se recapitaliser. Berlin pousse déjà des cris d'orfraie !

A peine l?encre qui a servi à signer le traité sur le Mécanisme européen de stabilité (MES), le successeur du FESF, est-il sec, à peine a-t-on entamé la ratification de ce traité, que déjà les réflexions pour en modifier le contenu vont bon train.

Un Fonds d?aide aux banques

Selon la Süddeutsche Zeitung, la BCE et un « groupe de pays de la zone euro » travailleraient à « un haut niveau » à une initiative permettant aux banques en difficulté d?aller se refinancer directement auprès du MES. Dans le traité actuel, le MES peut aider les Etats à recapitaliser leurs banques, mais n?est pas autorisé à financer directement les établissements financiers. Le quotidien munichois croit savoir qu?un « groupe de travail » de l?ensemble des pays de la zone euro examinera comment cette aide bancaire peut se mettre en place au cours des deux prochaines semaines. Le MES deviendrait ainsi une sorte de fonds d?aide bancaire comme en a connu l?Allemagne avec la Soffin pendant la crise en 2009 et 2010.

Le traité actuel est conçu pour les Etats

L?ennui, c?est que le MES n?est pas conçu dans cette optique. S?il prête de l?argent exclusivement aux Etats, c?est parce qu?il peut conditionner ces aides à des « programmes d?ajustements macroéconomiques », autrement dit à des plans de rigueur sous la surveillance de la troïka FMI-BCE-Commission. Comment pourrait s?organiser une aide aux banques qui est une toute autre compétence ?

Opposition allemande

L?Allemagne est du reste le premier opposant à une telle réforme. Wolfgang Schäuble a affirmé qu?il ne participait pas à ces discussions et a rappelé que le traité signé le 2 février dernier ne prévoyait pas d?aides directes aux banques. De son côté, le président de la Bundesbank Jens Weidmann a estimé que « tant que la supervision bancaire demeurait au niveau nationale, il en était de même de la responsabilité de recapitaliser les instituts financiers ». Et le chef de la Buba de rappeler que l?aide du MES est lié à des conditions macroéconomiques.

Montants disponibles

Dernier problème : la taille du MES que l?on sait déjà insuffisante pour faire face à la chute d?un « grand » d?Europe. 500 milliards d?euros sont disponible aujourd?hui. S?il faut piocher dans cette somme pour sauver des banques, que restera-t-il pour les Etats ? Et au final, la confiance n?en sera-t-elle pas affaiblie ? Les derniers stress tests européen début décembre avaient révélé un besoin de recapitalisation de 114 milliards d?euros pour les banques de la zone euro, dont 26 milliards d'euros pour la seule Espagne.

Alliance du nord

Selon la Süddeutsche Zeitung, Berlin n?est pas isolé dans son refus catégorique de modifier les tâches du MES : Pays-Bas, Autriche et Finlande soutiendraient aussi cette position. Un nouveau front s?ouvre donc entre les pays de la zone euro, auquel pourrait s?ajouter à partir du 6 mai celui sur la modification du traité budgétaire voulu par François Hollande. Plus que jamais, la zone euro semble tirée à hue et à dia.


 

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Commentaires
a écrit le 26/04/2012 à 15:42 :
Monsieur le journaliste, merci de vous relire. Vos fautes d'accords sont insoutenables... Le mot encre est féminin, on doit donc écrire "est-elle sèche"...
Si Zeitung est un mot féminin, on dit UN journal, donc Selon LE SDZ...
De même, le mot "aide" est féminin...
Merci de corriger toutes ces fautes, et les autres.
a écrit le 26/04/2012 à 13:33 :
si les allemands les autrichiens et les finlandais mettent les voiles, les francais, les grecs et les espagnols sont morts...
Réponse de le 26/04/2012 à 13:52 :
C'est sûr.
Réponse de le 26/04/2012 à 14:24 :
Et avec eux la Hollande !
qui quoi que l'on en dise est mieux partie que les états du sud!
Réponse de le 26/04/2012 à 15:29 :
Pas sûr, en cas de disparition de la zone euro, l?Allemagne se retrouverait avec une monnaie qui deviendrait vite une valeur refuge, un peu comme le franc suisse. Le nouveau deutschemark s?appréciera tellement par rapport aux monnaies faibles d?Europe du Sud que les entreprises allemandes perdront d?un coup de leur superbe (elles auront une excellente raison de délocaliser). Raison pour laquelle le patronat allemand fait tout pour que Merkel sauve la monnaie unique.
L?euro est trop fort pour l?Europe du Sud mais il va comme un gant à l?Europe du Nord.
a écrit le 26/04/2012 à 13:29 :
C'est la panique à Bruxelles ! Non contentes de bénéficier des largesses de la BCE via le LTRO, les banques réclament de pouvoir bénéficier du fonds européen réservé aux Etats en difficultés. Ca dénote combien elles sont en mauvais état et combien tout le système financier ne tient qu'à un fil. Etats et banques sont endettés à plus que soif et on espère qu'en les endettant encore plus mutuellement, ils deviendront solvables !!! Ca en devient franchement ubuesque !
a écrit le 26/04/2012 à 13:10 :
Francfort - 25/04/2012 | 15:07 - 1111 mots
"Il n'y a pas de modèle allemand"

Donc a répondu le 26/04/2012 à 09:29:

C'est donc la fin programmée de l'euro, un bon projet qu'il ne faut surtout pas donner aux technocrates de Bruxelles (ni d'ailleurs), ni aux voyous de la Finance et il y en a un paquet qui d'ailleurs aujourd'hui veulent passer pour des gens très bien donneurs de leçons et auteurs de bouquins truffés de conneries et de contrevérités, mais passons. Draghi est en train de préparer la mise en bière. Pour lui l'arrivée en France de "Oui Oui au pays des orties" c'est du pain béni pour la mise en terre de l'euro et de l'UEM. Par contre ça va couter bonbon aux allemands, y en a qui s'en régalent déjà, les grecs bien sûr qui ont déjà réussi le casse du siècle, viendront tous les autres pays du sud (sauf peut être la France, le demi pigeon ou sait on jamais pigeon et demi), et l'Irlande, mais les belges vont réclamer leur part, c'est presque sûr.
Réponse de le 26/04/2012 à 16:07 :
La fin de l'euro, se traduira dans un scénario que je qualifierais de possible ou d'envisageable par des pertes de 1500 à 2000 milliards d'euros (hypothèse moyenne) qui seront supportées par les Etats les plus solvables de l'UEM c'est à dire Allemagne, Pays Bas, France, Autriche et dans une moindre mesure (du fait de leur taille) par la Belgique, le Luxembourg et la Finlande. Les banques et institutionnels pour leur part devraient perdre (avant dévaluation des nouvelles monnaies nationales) entre 500 et 700 milliards couvertes en partie par les Etats. Dans ce scénario, la France ne pourra pas assurer sa cote part telle qu'elle ressort de sa participation au capital de la BCE, l'Allemagne qui serait accusée d'avoir très fortement bénéficié de l'euro pourrait donc voir sa cote part augmentée d'autant que les pays secourus n'assumeraient pas la leur. Moralité l'Allemagne risquerait de se coltiner l'essentiel du fardeau sans être sure que ses banques seraient sauvées. 101 ans après le naufrage du Titanic, le naufrage de l'euro.
a écrit le 26/04/2012 à 12:40 :
Comme ça, au travers du MES, on pourra aider les banques qui nous pourrons ainsi nous prêter de l'argent pour financer le MES
Comme disait le sapeur Camembert, passé les bornes, il n'y a plus de limites....
Réponse de le 26/04/2012 à 15:35 :
vous avez tout compris, comme quoi il n'y a pas besoin de sortir de saint-cyr.
ça prend quoi? 2 ligne et demi....après on nous dit que les problème sont trop compliqués pour être compris par les français.

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