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ÉconomieUnion européenne

Le sort de la zone euro se joue dimanche davantage à Athènes qu'à Paris

Robert Jules

Publié le 04 mai 2012 à 12:43 - Mis à jour le 04 mai 2012 à 12:46

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Photo d'illustration de l'article
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Les Grecs n'auront que l'embarras du choix pour élire dimanche leurs députés parmi 35 partis qui couvrent le spectre politique d'un parti néo-nazi au KKE, le parti communiste marxiste-léniniste. Le risque est que le pays outre la sévère crise économique se trouve plongé dans une impasse politique si aucun majorité claire ne se dégage, et se retrouve à nouveau sous la menace d'un retrait de l'aide de Bruxelles et du FMI.

Si Paris focalisera dimanche l'attention de nombreux observateurs internationaux pour connaître qui gouvernera la France au cours des cinq prochaiens années, Athènes ne devrait pas être en reste. Si l'on se réfère aux sondages, c'est le parti conservateur Nouvelle Démocratie d'Antonis Samaras qui devrait arriver en tête aux élections législatives qui se tiendront dimanche en Grèce pour un scrutin à un tour. Il reste toutefois à voir s'il réunira suffisamment de suffrages et de députés pour constituer une majorité solide.

Enjeu vital

L'enjeu est en effet vital pour ce pays de la zone euro. Il en va de son destin historique, car en l'absence de choix clair voire de rejet de la politique d'austérité, ce serait l'aide du FMI et de l'Union européenne qui pourrait être remis en cause poussant le pays au défaut car dans l'incapacité de lever l'argent suffisant à assurer le fonctionnement de l'Etat sur les marchés financiers. Et ce serait une première pour la zone euro, lourde de menaces alors que d'autres pays du sud comme l'Italie et l'Espagne sont dans des situations périlleuses.

Les quelque 10 millions de Grecs appelés aux urnes n'auront que l'embarras du choix puisque 35 partis proposent des candidats. Selon les sondages, 10 formations contre 5 actuellement pourraient faire leur entrée au parlement. De quoi exprimer leur colère, après avoir été soumis depuis deux à un régime d'austérité sur fond de récession économique.

25% de votants indécis

Mais en raison de cette situation dangereuse ils peuvent également se tourner vers les deux grandes formations classiques qui se partagent sans interruption la direction du pays depuis 38 ans : le parti socialiste (Pasok) qui a piloté la crise depuis la fin 2009 ou la Nouvelle Démocratie qui s'est distingué en falsifiant les statistiques officielles publiques, en particulier le budget de l'Etat. Selon les sondages, 25% des votants n'avaient pas encore fait le choix il y a deux semaines.

En effet, la sortie de la zone euro, préconisée par de nombreux candidats, pourrait s'avérer un saut dans l'inconnu dangereux alors que les Grecs ont déjà réalisé une partie du terrible effort exigé par l'Europe et le Fonds monétaire international (FMI) pour diminuer leurs dépenses publiques et, comme l'ont montré de nombreux exemples, l'impéritie et la corruption de l'Etat.

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Pas de deal avec le Pasok pour la Nouvelle Démocratie

La Nouvelle Démocratie d'Antonis Samaras est créditée de 25% des intentions de vote, et le parti rival socialiste dirigé par Evangélos Vénizélos arrive derrière avec moins de 20%. Tous deux font campagne sur "la nécessité d'un gouvernement stable".

Si une coalition des deux partis pourraient être une solution, Evangélos Vénizélos s'y dit prêt, en revancha Antonis Samaras a clairement indiqué qu'il préférait gouverné "seul", et refuse toute "coopération avec le Pasok".

Mais ce dernier a montré qu'il était prêt au compromis si nécessaire. Après avoir deux ans durant refusé de soutenir le gouvernement socialiste dans son programme d'assainissement des finances publiques au nom de l'intérêt général, s'être vu imposé par la contrainte par Bruxelles de signer les conditions du deuxième plan d'aide, il avait accepté après la démission de George Papandréous d'intégrer un gouvernement de coalition formé par Lucas Papademos, un technocrate qui gouverna la Banque centrale de la Grèce. Ce dernier a mené à bien un effacement de la dette grecque détenue par des investisseurs privés pour un montant de 106 milliards d'euros.

Le rôle pivot que pourrait jouer Dimar, un nouveau parti de gauche pro-européen

Du côté des autres formations, les communistes KKE, en troisième place au parlement actuellement, devraient gagner sur leur score de 7,3% en 2009 tandis que le nouveau parti pro-européen Gauche démocratique (Dimar), une faction de Syriza proche du Pasok, est crédité de 5 à 9%. Dimar pourrait jouer un rôle clé au lendemain du scrutin, au cas où la droite et le Pasok n'arrivent pas à avoir des voix suffisantes pour former un gouvernement de coalition.

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A droite, le tout nouveau parti populiste "Grecs Indépendants", créé par un dissident de la droite, Panos Kammenos, opérerait une percée le faisant entrer au parlement tandis que le mécontentement et la question de l'immigration propulserait aussi sur les bancs de la chambre le parti néo-nazi Chryssi Avghi, crédité de jusqu'à 5% des voix.

Le parti d'extrême droite Laos et à gauche, les Ecolos-Verts compléteraient la carte parlementaire.

Robert Jules

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