Pays-Bas : les partis se divisent sur le détail des mesures d'austérité

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Le ministre des Affaires sociales, Henk Kamp, a dû faire marche arrière sur l'avancement de la réforme de la retraite dans le projet de budget 2013/Copyright AFP
Le ministre des Affaires sociales, Henk Kamp, a dû faire marche arrière sur l'avancement de la réforme de la retraite dans le projet de budget 2013/Copyright AFP
Le projet de budget 2013 semblait bouclé aux Pays-Bas dans ses grandes lignes. Mais les cinq partis qui l'avaient soutenu sont divisés sur le détail des réductions de dépenses à faire. Les discussions pourraient prendre plusieurs semaines.

Si le 26 avril aux Pays-Bas, cinq partis avaient permis de dégager une majorité en faveur d'un budget de "sauvetage" et d'éviter ainsi une crise politque et de nouvelles élections, depuis ces mêmes partis - libéraux du VVD, chrétiens-démocrates de la CDA, centristes de D66, écologistes de Groenlinks et chrétiens orthodoxes du SGP - s'écharpent sur la teneur des économies à faire pour ramener le déficit à la norme européenne de 3%.

Alerte sur le flou des économies à réaliser

Le Bureau de planification sociale et culturelle (SCP), une agence gouvernementale de prévision, a été la première à donner l'alerte sur le flou qui persiste. Impossible pour ses services d'évaluer exactement le poids des économies qui seront réalisées, entre 12 et 14 milliards d'euros au total. Des discussions ont eu lieu mardi à La Haye sur les économies de 1,6 milliard d'euros à faire, dans les dépenses de santé.

Ainsi, les Verts de Groenlinks veulent diminuer les salaires élevés perçus par les directeurs d'hôpitaux et les médecins spécialistes, qui comptent dans ces professions parmi les mieux payés du monde (entre 200.000 et 600.000 euros annuels). De son côté, le petit parti chrétien orthodoxe SGP voudrait voir la fécondation in vitro supprimée des plans d'assurance maladie de base. Il y a aussi désaccord sur la manière dont 200 millions d'euros destinés à la protection de l'environnement seront dépensés.

Des semaines de discussions sur les détails du programme

Alors que l'esquisse du budget 2013 avait été ébauchée en deux jours, fin avril, pour pouvoir présenter un plan d'austérité à la date-butoir du 30 avril fixée par Bruxelles, ces discussions de détail vont sans doute prendre des semaines. Certains s'interrogent sur les chances de voir ce budget 2013 entrer en vigueur. Les syndicats ont notamment protesté contre la suppression unilatérale de l'accord sur les retraites péniblement négocié pendant plus d'un an par les partenaires sociaux.

Vers une taxation plus lourde pour les ménages

Cet accord devait voir passer l'âge de la retraite à 66 ans en 2020 puis 67 ans en 2025. Le budget 2013 voulait avancer la réforme à 2014, mais le ministre des Affaires sociales, Henk Kamp, devant le tollé, a évoqué un mise en oeuvre graduelle, étalée entre 2014 et 2019. De leur côté, des experts critiquent sévèrement le projet de budget 2013. L'accord comporte 3,6 milliards d'euros d'économies, mais surtout 8,3 milliards de recettes en plus, sous forme de taxes et de cotisations plus lourdes pour les ménages, qui vont perdre 3 points de pouvoir d'achat en 2013. Du coup, "le risque de dégâts est plus important que si la coalition n'avait rien fait", soulignent les économistes Lans Bovenbert et Bas Jacobs dans le quotidien De Volkskrant.
 

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