Les Pays-Bas sauvent la face... en arrachant un budget d'austérité

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Le ministre des Finances des Pays-Bas, Jan Kees de Jager, artisan de la signature de l'accord sur le projet de budget 2013./ Copyright AFP
Le ministre des Finances des Pays-Bas, Jan Kees de Jager, artisan de la signature de l'accord sur le projet de budget 2013./ Copyright AFP
Un accord sur le projet de budget 2013 conclu au Parlement néerlandais a évité de justesse une sévère crise. Les Pays-Bas présentent ce lundi, 30 avril, qui était la date-butoir, leur plan d'austérité à Bruxelles. La réaction favorable des marchés devrait leur permettre de conserver leur note AAA.

Quel revirement aux Pays-Bas! Alors que la crise politique commençait à s'installer après la décision de Geert Wilders, et son populiste parti pour la liberté, de faire chuter le gouvernement pour son programme de rigueur, un accord a été finalement conclu in extremis. Ainsi, entre 12 et 13 milliards d'euros vont être économisés dans le projet de budget 2013, avec des mesures qui vont grever de 3 % le pouvoir d'achat des ménages, déjà en baisse de 1 % cette année. La loi sur les licenciements sera assouplie, et l'âge légal de la retraite passera de 65 à 66 ans dès 2013, au lieu de 2020 comme prévu au terme de longues tractations. Certains fonctionnaires, enseignants, policiers et pompiers vont voir leurs salaires gelés. La cotisation à l'assurance-maladie va doubler, tandis que la TVA passe de 19 % à 21 %.

La fiscalité sur l'immobilier épargnée

En revanche, l'aide au développement ne va pas baisser, et reste à 0,7% du PIB. De même, il n'est plus question de réformer la déductibilité fiscale des intérêts sur les emprunts immobiliers. Cette particularité néerlandaise contribue au gonflement de la dette privée, 223 % du PIB, mais reste en place. Le marché immobilier, en pleine récession, devrait pouvoir souffler, du moins jusqu'aux législatives du 12 septembre.

De nouveaux alliés au parlement

En deux jours, le ministre des Finances chrétien-démocrate Jan Kees de Jager a plié un accord que le Premier ministre libéral Mark Rutte n'a pas réussi à décrocher en sept semaines de pourparlers. Le populiste de droite Geert Wilders lui avait retiré son soutien, faisant tomber le 23 avril la coalition de droite, censée expédier les affaires courantes. Mais face à l'urgence, avec une date butoir fixée à ce lundi 30 avril par Bruxelles pour soumettre un plan d'austérité, les libéraux et les chrétiens-démocrates ont pris leurs responsabilités. Ils ont trouvé de nouveaux alliés au Parlement. Les centristes du D66, les écologistes de Groenlinks et les protestants orthodoxes de Christen Unie leur ont permis de boucler le budget 2013, qui ne pâtira pas du calendrier électoral. Il sera présenté le 18 septembre, six jours après les législatives, et ne dépendra pas des longues négociations qui suivent habituellement pour former une coalition.

Les Pays-Bas balaient devant leur porte

Les Pays-Bas évitent ainsi d'être la risée de l'Europe. Prompts à donner de leçons de bonne gestion à la Grèce, ils se montrent prêts à balayer devant leur porte, pour ramener leur déficit budgétaire à la norme européenne de 3%. Le ressentiment contre l'Europe reste fort chez les Néerlandais, mais les politiques ont gagné en crédibilité avec cet accord budgétaire. Les travaillistes, qui l'ont refusé, ont aussitôt perdu des points dans les sondages. Les écologistes et le D66 en ont au contraire gagné.

La plus grande centrale du pays, la Fédération des syndicats néerlandais (FNV), estime qu'on "se moque" des électeurs, qui auraient dû se prononcer sur des mesures aussi importantes que l'âge de la retraite et la loi sur le licenciement. Les syndicats estiment par ailleurs que le budget 2013 fait la part belle aux entreprises, qui ne verront pas leurs impôts augmenter. La conclusion du budget 2013 aura des répercussions sur la campagne électorale qui s'ouvre. Elle rendra plus difficile un accord de coalition entre les libéraux et les travaillistes, après les législatives de septembre.
 

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Commentaires
a écrit le 30/04/2012 à 21:11 :
ouaip, malheureusement pour nous, nous n'en tirerons aucune leçon. Dans tous les domaines c'est bien connu, en France nous détenons la vérité. Nous sommes les meilleurs, etc... bla bla bla...
c'est terrifiant.
a écrit le 30/04/2012 à 19:45 :
Salaire, retraite, sécu, TVA: toutes ces mesures alors que leur dette est moindre,que leur endettement est moindre, qu ils ont AAA , déjà à 65 ans...
Que devrions nous faire en France?
Mais rien!! La crise est derrière nous !! Pas concernés, comme le nuage de Tchernobyl !
Dormez braves gens!
Réponse de le 30/04/2012 à 21:09 :
En plus, ils ont du gaz ... Alors imaginez un peu ce qu'il va se passer en France après les élections ... Normal, aucun des candidats favoris n'a parlé des problèmes et donc aucune solution en perspective ... De plus, les francais préfèrent croire qu'il y a un risque mais pas de problèmes ... Mais le réveil sera brutal après la réélection de Sarko ... Je crains le pire dans moins d'un an ...
Réponse de le 01/05/2012 à 0:10 :
le gaz est presque épuisé, et ils n'ont pas les approvisionnements privilègiés dont la France jouit par ses ex-colonies, en plus le pays est sur-peuplé, la simple gestion du niveau de l'eau coute des milliards, la moindre maison requiert des pilotis, et ils n'ont pas d'ENArques... donc, que des handicaps et pourtant ils s'en sortent... je précise cela avant qu'en France on ne se mette à pleurer que le terrain est lourd et qu'on n'a pas autant de chance que les autres etc..
"Wie God im Frankreich" dit-on en Allemagne. Reste plus qu'à apprendre la tolérance et sanctionner la corruption pour être riches.
Réponse de le 01/05/2012 à 17:15 :
avec sarko ce serait "agité" d'ailleurs est ce possible ? une cohabitation serait logique ....

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