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Événements
ÉconomieUnion européenne

La Banque européenne d'investissement prête à mettre du carburant dans le moteur de la croissance

Fabien Piliu

Publié le 29 mai 2012 à 14:00 - Mis à jour le 29 mai 2012 à 14:16

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L'institution financière est actuellement sous les feux de l'actualité. Si ses moyens financiers augmentent, elle pourrait être l'un des acteurs majeurs de la relance européenne que certains responsables politiques, notamment François Hollande, appellent de leurs vœux. De nombreuses questions sur la mise en œuvre des projets financés restent toutefois en suspens.

L'idée circule avec une certaine insistance à Bruxelles et dans la plupart des capitales des 27 pays membres de l'Union européenne. Jusqu'ici très discrète dans ses interventions, la Banque européenne d'investissement (BEI) basée à Luxembourg est désormais sous les feux de l'actualité. La majorité des Etats européens n'ayant plus les moyens d'assumer certaines dépenses d'infrastructures capables de favoriser un retour de la croissance, certains verraient d'un bon ?il une montée en puissance de la banque. Cette idée a notamment été portée par François Hollande pendant la campagne présidentielle. Créée en 1958 par le Traité de Rome, la BEI a pour mission de contribuer, par le financement d'investissements, à la réalisation des grands objectifs de l'Union européenne. Depuis sa création, elle a prêté plus de 600 milliards d'euros à l'appui de projets dans les états membres de l'UE, les pays candidats et les pays partenaires. En 2011, elle a cofinancé 454 projets dans 70 pays en accordant  61 milliards de prêts.

LA BEI peut faire plus

Philippe de Fontaine Vive, le vice-président de la BEI est sur la même ligne. La BEI peut faire davantage. De deux façons. Soit via une augmentation de capital, soit en émettant des « projects bonds », des obligations qui permettraient de financer des investissements déjà ficelés mais insuffisamment financés, rapidement rentables au niveau économique et social. Ce point est important. La BEI ne peut se permettre de s'engager sur des projets trop risqués. Si elle perd sa note AAA que lui ont accordée les trois agences internationales de notation, son activité, et son existence même, seraient menacées. « Une augmentation de 10 milliards d'euros du capital de la BEI, à l'étude, permettrait au bras financier de l'Union de prêter 60 milliards sur trois ans, a-t-il déclaré, en marge d'une rencontre avec l'Association des journalistes économiques et financiers (Ajef).

Un effet de levier très important

« Aujourd'hui les actionnaires de la BEI, la Commission européenne et le Parlement européen examinent la possibilité d'une augmentation du capital de 10 milliards d'euros, qui est le chiffre qui semble leur convenir et que donc nous prenons comme base de travail. Si les actionnaires de la BEI , d'ici la fin 2012, prenaient à l'unanimité une telle décision, cela permettrait grâce à notre effet de levier de prêter sur les trois années à venir 60 milliards d'euros », a déclaré Philippe de Fontaine Vive. Petit rappel, les actionnaires de la BEI sont les 27 Etats membres de l'Union européenne. « Des projets pourraient être financés dès cette année ou l'année prochaine. En France, cela pourrait concerner des secteurs qui connaissent actuellement "une carence de financements, comme les collectivités locales, les universités, la recherche, les PME », a-t-il précisé. Parce que la BEI finance, en moyenne, un tiers du montant global des projets auxquels elle participe, ces 10 milliards pourraient lui permettre de participer au financement de projets d'investissements dans l'UE d'un montant global de 180 milliards.

L'émission de projects bonds est également envisagée, toujours pour cofinancer des projets d'infrastructures. Une dizaine de projets en Europe serait d'ores et déjà identifiée. Enfin, dans les pays sous assistance financière internationale comme la Grèce, le Portugal et l'Irlande, où les investissements sont particulièrement risqués pour les banques et les marchés financiers, la BEI souhaite également utiliser les fonds structurels européens issus du budget de l'UE qui  doivent bénéficier de cofinancements pour être débloqués. Sans ce cofinancement, ils restent inutilisés.

Ainsi, en Grèce, la BEI utilisera un milliard de fonds structurels pour garantir des prêts aux PME. Un accord a été signé avec huit banques locales. « Nous pourrions développer ce mécanisme si la Commission européenne et les Etats membres en sont d'accord », a avancé Philippe de Fontaine Vive.

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Quelle que soit l'option choisie, plusieurs questions sont en suspens concernant les modalités d'action de la BEI. Bruxelles a émis une liste d'une centaine de projets qui pourraient être susceptibles d'être cofinancés par la BEI. Mais, faute de moyens suffisant, une seconde sélection doit être réalisée. Qui la fera ? Bruxelles ? Les états membres ? La BEI ? Cette dernière ayant bien l'intention de rester seule juge au sujet des investissements qu'elle finance, les gouvernements et la Commission européenne accepteront-ils de perdre une partie de leur pouvoir de décision malgré les discours pro-européens ? Les négociations risquent donc d'être serrées sachant que si tous les pays membres verront leur participation financière à la BEI relevée, tous ne seront pas concernés par les nouveaux investissements engagés par la banque.

Fabien Piliu

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