Le casse-tête financier de l'Espagne

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Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy /Copyright AFP
Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy /Copyright AFP
Le gouvernement cherche le moyen de recapitaliser son système bancaire et de financer ses régions sans passer par l'aide extérieure, alors que la prime de risque est de 540 points.

L'Espagne est en butte à un énorme casse-tête financier, alors que la prime de risque atteignait 540 points mercredi. Le gouvernement s'attend à un relâchement des tensions après les élections grecques, à défaut d'une intervention de la BCE sur les marchés de la dette comme le réclame Madrid. Toutefois, les défis auxquels doit faire face l'Espagne rend la situation difficilement tenable.

50 à 60 milliards d'euros nécessaires pour recapitaliser les banques

L'Espagne doit d'abord assumer la recapitalisation du secteur bancaire. Les besoins totaux s'élèveraient à entre 50 et 60 milliards d'euros selon le consensus des analystes, en incluant les 23,5 milliards d'euros (dont 4,5 milliards de dette convertie en actions) que requiert Bankia, nationalisée le 9 mai dernier.

Le gouvernement a étudié la possibilité d'injecter directement de la dette dans les banques afin que ces dernières la convertissent auprès de la BCE. Le Financial Times informait mercredi du refus catégorique de l'organisme européen, qui a démenti l'information. Une telle astuce aurait toutefois un effet négatif sur la confiance des marchés et pourrait se répercuter sur le spread (qui mesure l'écart ent le taux allemand et le taux espagnol).

 Le fonds de garantie bancaire limité

Sachant que l'apport des banques au fonds de garantie privé espagnol ne peut « dépasser 15 ou 20 milliards d'euros, en avançant le versement des trois prochaines années », d'après Santiago Carbo, professeur à l'Université de Grenade, les options se restreignent donc à l'émission de dette ou à l'appel au fonds de secours européen. En fonction des résultats des audits de juin, le Gouvernement saura s'il est capable d'assumer seul ou pas la recapitalisation.

Jusqu'à présent, Mariano Rajoy, le Premier ministre, a rejeté tout appel au fonds européen par crainte d'une intervention à la grecque. Toutefois, les choses pourraient changer : la Commission est désormais de l'avis que le Mécanisme européen de Stabilité (MES) puisse secourir directement les banques sans passer par les Etats. Nul ne sait toutefois si cette initiative aboutira compte tenu du refus, a priori, de l'Allemagne.

Des « hispanobonos » pour financer les régions?

Reste également le problème du financement des régions, qui doivent faire face à 35 milliards d'euros d'échéances de dette en 2012, selon El País. Le gouvernement doit adopter prochainement un mécanisme susceptible d'aider les régions à se financer. Il pourrait s'agir d' « hispanobonos », l'équivalent espagnol des « eurobonds », mais l'exécutif étudie des alternatives à cette solution, comme les émissions individuelles avalisées par l'Etat.

L'inconvénient des hispanobonos est que les régions les plus disciplinées seraient pénalisées par les moins regardantes à la dépense. La même problématique qu'à l'échelle européenne en somme. La question est de savoir comment les marchés recevraient une telle émission, même avalisée par l'Etat, alors que la dette de plusieurs régions est classée obligation pourrie par les agences de notation.

Bruxelles prêt à accorder un sursis d'un an pour atteindre les 3 %

La journée de mercredi a été néanmoins ponctuée d'une bonne nouvelle pour l'Espagne : la Commission est prête à lui accorder un sursis d'un an pour ramener son déficit de 8,9% en 2011 à 3% du PIB. Cette bouffée d'oxygène est toutefois assortie de conditions : contrôler les dépenses des régions et apporter un plan budgétaire « convaincant » incluant la hausse de la TVA déjà annoncée par Rajoy.

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Commentaires
a écrit le 31/05/2012 à 19:25 :
La BCE imprime déjà, son bilan a fortement augmenté et elle finance les trous des banques. ça c'est du braquage: y avait de l'argent dans les ordinateurs, ah y en a plus. C'est dans la poche à Paulson. Les banques sèment le chaos avec des crédits a tout va et c'est la crise, c'est toujours pas réglé cette affaire. Pour l'espagne et l'europe du sud on pourrait dire, voila la leçon de la non comptétitivité, pour ce qui est de l'europe ça se vérifie. L'allemagne était bien classé dixième avant la crise. C'est dommage.
a écrit le 31/05/2012 à 10:06 :
C'est très simple, les allemands sont dépassés par la situation et n'entendent pas modifier le business model de leurs firmes, donc n'entendent pas investir en zone euro tout au plus iront ils (ou vont ils) faire sous traiter à des PME de la zone euro n'ayant aucun scrupule en ce qui concerne l'exploitation à outrance de leurs salariés (condition humaine sur laquelle les allemands ferment les yeux naturellement). Donc l'Espagne va très probablement dans une échéance assez rapprochée (2 ans maxi) sortir de la zone euro, et le plus tôt sera le mieux, dévaluer sa monnaie, et rétablir le contrôle des changes. C'est tout con c'est comme ça. Les nouveaux emprunts espagnols seront souscrits et détenus par des entités financières institutionnelles nationales à long terme. Les espagnols ouvriront les vannes de l'investissement étranger aux amerlocs (classique), aux brésiliens, aux mexicains, et peut être même aux asiatiques (chinois, coréens, japonais, autres)
a écrit le 31/05/2012 à 7:41 :
Oups GG la BCE n'a pas le droit, il faut dire "quantitave easing" surtout pas "planche à billet" la BCE non on non on ne fait pas ça :-)))
a écrit le 31/05/2012 à 3:01 :
Que la BCE imprime des billets
a écrit le 30/05/2012 à 21:52 :
C'est la cata ... Oui la cata ... Merci Sarko --- ET hollandréou ...
Réponse de le 01/06/2012 à 12:13 :
Merci Delors surtout... (analysons les raisons profondes de la crise)
Réponse de le 01/06/2012 à 12:21 :
Merci surtout a une gestion de l'Etat plus que laxiste et a une bulle immobiliere massive dont on prevoit l'explosion depuis 10 ans deja...

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