Sommet européen : Les chefs d'Etats tentent d'apaiser les marchés

Les chefs d'État et de gouvernement des 27 ont entamé, ce jeudi en début d'après-midi, le 19e sommet depuis le début de la crise grecque. Au programme de ce énième « sommet de la dernière chance » : tenter de nouveau de sauver la zone euro, mais aussi valider un pacte pour la croissance de 120 milliards d'euros et jeter les bases d'une union renforcé.
François Hollande entouré des Premier ministres espagnol, Mariano Rajoy, et belge Elio Di Rupo - Copyright AFP
François Hollande entouré des Premier ministres espagnol, Mariano Rajoy, et belge Elio Di Rupo - Copyright AFP

Au menu du sommet européen, qui s'est ouvert ce jeudi : se mettre d'accord sur des mesures permettant de rassurer les marchés dans un premier temps, puis sauver la zone euro. Mais cette 19e rencontre entre chef d'Etats européens depuis le début de la crise grecque sera aussi l'occasion de valider un pacte pour la croissance de 120 milliards d'euros et de mener des discussions autour d'une union renforcée, notamment au niveau du contrôle bancaire.

Aider les pays en difficulté sous peine d'effet domino

François Hollande a plaidé, dès son arrivée, pour "des solutions très rapides pour soutenir les pays en difficulté sur les marchés alors même qu'ils ont fait des efforts considérables". Espagne et Chypre, ayant officiellement demandé l'aide de l'Europe, la tension est montée d'un cran sur les marchés et dans la zone euro. "L'Italie, l'Espagne, la Grèce, Chypre, le Portugal sont en très grandes difficultés. Si nous ne les aidons pas, il y a aura un effet domino pour toute l'Europe, nous devons prendre des mesures d'urgence", a mis en garde le Premier ministre belge Elio Di Rupo.

Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy avait alerté ses voisins, mercredi, alors que les taux à 10 ans de la dette espagnole flirtent avec les 7% : son pays ne pourra pas continuer "longtemps à se financer" sur les marchés. Même crainte en Italie, où ces taux se sont portés à 6,19% ce jeudi matin.

L'opposition de Berlin à une aide directe aux banques

Parmi les mesures envisagées, activer le Fonds de secours de la zone euro (FESF) pour qu'il achète de la dette d'Etat. Une autre solution avancée par l'Italie serait de doter le Fonds de secours d'une licence bancaire, pour qu'il puisse emprunter auprès de la BCE, ce que l'Allemagne refuse. La question s'est posée avec l'Espagne, dont le gouvernement espérait pouvoir recapitaliser directement ses banques en difficulté.

Mais tant que la surveillance financière se maintiendra au niveau national, Berlin restera opposé à ce que les fonds de secours européens aident directement les banques. Selon une source diplomatique européenne, "l'Allemagne bloque pour deux raisons: elle estime que rien ne sera jamais suffisant pour calmer les marchés et que les Etats ne réforment que sous pression".

Pacte pour la croissance et renforcement de l'union

Les 27 devraient aussi adopter un pacte pour la croissance et l'emploi, qui prévoit de consacrer 1% du budget européen, soit 120 à 130 milliards d'euros, à des projets d'investissements d'avenir. Les dirigeants européens examineront aussi les propositions d'Herman Van Rompuy, pour approfondir l'union monétaire et budgétaire, en commençant par dessiner les contours d'une union bancaire comportant une supervision renforcée. Un projet qui devrait prendre plusieurs années.

Chaises musicales ?

Le Premier ministre du Luxembourg Jean-Claude Juncker, à la tête de l'Eurogroupe depuis 2005, devrait voir son mandat reconduit, tandis que l'actuel président du Fonds européen de stabilité financière (FESF) Klaus Regling devrait, lui, prendre la tête du Mécanisme européen de stabilité financière(MES), ont déclaré jeudi des responsables au sein de l'Union européenne(UE).

Le sommet devrait se poursuivre vendredi, mais les dirigeants européens ont réellement jusqu'à dimanche soir pour rassurer les investisseurs avant l'ouverture des marchés lundi, rappelle le chef du gouvernement italien Mario Monti. Mais Angela Merkel -entre autres - acceptera-t-elle des solutions de court terme, seules susceptibles de faire baisser la pression sur les marchés dans l'immédiat ? Rien n'est moins sûr.