La fracture du chômage en Europe : 2,5 % au Tyrol... 30,4 % en Andalousie

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La Grèce et l'Espagne occupent le haut pavé du classement des pays européens au chômage élevé. Copyright Reuters
La Grèce et l'Espagne occupent le haut pavé du classement des pays européens au chômage élevé. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Le classement européen du chômage région par région épouse les contours de la crise économique qui frappe les différents pays. Avec des inégalités parfois criantes. Sans surprise, la Grèce et l'Espagne affichent des résultats inquiétants tandis que les pays germanophones restent relativement épargnés. La France? Des écarts significatifs.

L'emploi fait grise mine sur le Vieux continent. Selon une étude d'Eurostat publiée mercredi, le chômage frappe plus durement les régions de l'Europe du sud que celles du reste de l'Union Européenne, en particulier à l'est. Parmi les régions où le taux de chômage était le plus élevé en 2011, neuf sur dix sont situées en Grèce ou en Espagne. Des résultats qui s'expliquent en partie par une austérité sans précédent en pays hellénique, avec une dette atteignant 165,4% du PIB en 2011, et un système bancaire espagnol à l'agonie, avec des pertes estimées à 80 milliards d'euros. Au niveau national, le chômage est estimé à 17,7% pour la Grèce et 21,6% pour l'Espagne. A titre de comparaison, il s'élève à 9,6% en Europe.

Les pays germanophones à l'honneur

Du côté des bons élèves, l'Autriche se place en tête des pays où le chômage est le moins élevé, avec un taux national de 4,1%. Quatre régions autrichiennes figurent d'ailleurs dans le top 10 des régions européennes au chômage le plus faible, dont deux en tête de classement (Salzbourg et le Tyrol). Son voisin l'Allemagne peut également se targuer d'avoir un marché de l'emploi solide, avec un taux de chômage de 5,9% en 2011, soit une baisse de 1,2 point par rapport à l'année précédente. Par ailleurs, 16 régions allemandes ont un taux égal ou inférieur à 4,8%, soit la moitié du taux européen. Détail piquant : la seule région italienne à figurer dans ce top 10 est celle de Bolzano, région à majorité germanophone.

Statu quo pour la France

En 2011, le taux de chômage en France est resté identique à celui de 2010, soit 9,7%. La Réunion figure parmi le top 10 des régions européennes où le chômage est le plus élevé, avec un taux de 29,6%. A la troisième place, entre deux régions espagnoles, le département de l'Océan indien est le seul de France à figurer en bas de classement. Les DOM-TOM sont d'ailleurs les régions françaises au chômage le plus élevé, avec un taux presque trois fois supérieur à la moyenne nationale.

En ce qui concerne les régions strictement métropolitaines, certaines affichent des taux exceptionnellement bas comme la Corse, à 4,8%, malgré "un échantillon de sondage restreint", précise Eurostat. La Bretagne et l'Alsace figurent aussi en bonne position avec respectivement 7,5 et 7,7%. La palme de la progression revient à la Picardie, avec un taux de 9,4% soit 2,6 points de moins qu'en 2010. A l'inverse, le Centre voit son chômage augmenter de 1,5 point sur un an.

Chômage en Europe en 2011 (par régions)
Les plus faibles Les plus élevés
1 Salzbourg (Autriche) 2,5% 1 Andalousie (Espagne) 30,4%
1 Tyrol (Autriche) 2,5% 2 Îles Canaries (Espagne) 29,7%
3 Zélande (Pays-Bas) 2,7% 3 La Réunion (France) 29,6%
4 Haute-Bavière (Allemagne) 2,8% 4 Ceuta (Espagne) 29,3%
5 Basse-Bavière (Allemagne) 2,9% 5 Murcie (Espagne) 25,4%
6 Fribourg (Allemagne) 3,0% 6 Estrémadure (Espagne) 25,1%
7 Flandre-Occidentale (Belgique) 3,2% 7 Valence (Espagne) 24,5%
7 Tübingen (Allemagne) 3,2% 8 Melilla (Espagne) 24,4%
7 Haute-Autriche (Autriche) 3,2% 9 Macédoine occidentale (Grèce) 23,2%
10 Bolzano/Bozen (Italie) 3,3% 10 Castille-La Manche (Espagne) 22,9%
10 Styrie (Autriche) 3,3%    

 

Chômage en France métropolitaine en 2011 (par régions)
Les plus faibles Les plus élevés
1 Corse 4,8% 1 Languedoc-Rousillon 12,7%
2 Bretagne 7,5% 2 Champagne-Ardenne 10,7%
3 Alsace 7,7% 3 Lorraine 10,4%

 

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a écrit le 10/07/2012 à 21:37 :
Ne devrait-on pas faire de cette Europe une zone positive pour l'humanité plutôt qu'un boulet? Le président Obama ne soutient-il pas ses classes moyennes quand la France les accable? Les américains ont 66% d'actifs, 75 avant la crise, nous en sommes à 50... et nous produisons par tête 70% par rapport à eux... alors l'Europe de la paresse ne doit pas se plaindre de sa misère ni de son chômage. Même la Chine le dit que la France ne travaille pas. Décidément les boomers sont trop égoïstes, tout pour moi et rien pour les jeunes, moi moi moi... moi président je fais les poches à la population cf la CSG!
a écrit le 10/07/2012 à 19:47 :
comment vous expliquez le chaumage à la société grec et est ce que vous pensez que le yauro comme une unité n a plus de valeur sur le marché banquaire .non seulement dans ce domaine , concernant les études s'il y a des bourses pour les études universitaires dans la vie étudiantes.
a écrit le 10/07/2012 à 18:56 :
Où il n'y a principalement que des retraités, des vacanciers et des fonctionnaires, il ne peut y avoir de chômage élevé. En ce sens, l'échantillon Eurostat de sondage pour la Corse, même modeste, permet ce type de "conclusion". Elle a bien du faire rire à l'heure du Casanis!
a écrit le 10/07/2012 à 18:15 :
La disparité des compétitivités à l'intérieur de l'Union Monétaire est surtout due à des facteurs naturels et immuables (taille du marché intérieur, position géographique, richesse naturelles et matières premières, taille du pays, etc, etc.)
S'il est vrai que la France et l'Allemagne pourraient arriver à une compétitivité comparable il n'en est pas de même pour d'autres pays de la zone Euro.
Des pays aussi peu industrialisés que le Portugal, la Grèce et autres ont donc peu de chance d'arriver à la même compétitivité que l'Allemagne ou la France (à moins de devenir des paradis fiscaux).
Leur demander d'augmenter leur compétitivité par le dumping social et par le dumping des salaires et illusoire. Des pays comme la Chine, l'Inde et autres pays asiatiques ne peuvent être égalés en ce qui concerne le dumping social.
Seule solution, les accords doivent être modifiés de façon à permettre aux pays ainsi désavantagés de développer et de protéger leur économie contre des économies plus fortes afin d'arriver au sein de l'Union Monétaire à une plus grande convergence des économies.
Il est aussi important d'arriver à un partage horizontal du travail pour éviter l'exil de jeunes hautement qualifiés du au chômage dans les pays périphériques.
Il faut tenir compte de la réalité, l'Allemagne (et la France) étant le pays économiquement le plus fort de la Zone Euro a pu profiter de l'endettement des autres pays pour développer son industrie aux dépens des autres économies de la Zone Euro.
Depuis 18 ans l'Allemagne a un excédent de la balance commerciale de 17 Milliards PAR MOIS en moyenne. Excédent réalisé principalement en Zone Euro et grâce à l'endettement d'autres pays importateurs de bien allemand (y compris l'armement pour la Grèce). Malheureusement les bénéfices ainsi réalisés par les grosses entreprises allemandes et aussi françaises ont très souvent été réinvesti en dehors de la Zone Euro, avec pour conséquence le chômage des jeunes dans les pays déficitaires.
Je ne pense pas que L'UE puisse survivre si l'Allemagne et la France n'acceptent pas de tenir compte de ces réalité et refusent de revoir les accords et de prendre les mesures qui s'imposent et qui permettrait de compenser ces disparités de compétitivité.

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