L'Eurogroupe d'accord pour un premier versement de 30 milliards d'euros à Madrid

Les ministres des Finances de la zone euro se sont mis d'accord, dans la nuit de lundi à mardi, pour que soient versés, d'ici la fin du mois, 30 milliards d'euros sur les 100 milliards d'aide aux banques espagnoles. L'Espagne aura en outre droit à un délai pour réduire son déficit public. Par ailleurs, Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, a été reconduit dans ses fonctions.
Jean-Claud Juncker, Premier ministre luxembourgeois, et président de l'Eurogroupe reconduit dans ses fonctions - Copyright Reuters
Jean-Claud Juncker, Premier ministre luxembourgeois, et président de l'Eurogroupe reconduit dans ses fonctions - Copyright Reuters (Crédits : Reuters)

L'Espagne devrait recevoir 30 milliards d'euros d'aide pour ses banques. Après neuf heures d'une réunion qui s'est terminée dans la nuit du 9 au 10 juillet, les ministres des Finances de la zone euro sont parvenus à un accord sur un projet de mémorandum en ce sens. Ce texte a pour but de "formaliser l'accord dans la seconde partie du mois", a précisé le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Ce dernier est reconduit dans ses fonctions, officiellement pour deux ans et demi, alors que l'Allemand Wolfgang Schäuble briguait sa succession. L'hyptohèse d'une présidence de l'Eurogroupe par le Français Pierre Moscovici avait également circulé dans la presse. 

Prêts à 15 ou 12 ans et demi

Une nouvelle réunion de l'Eurogroupe doit avoir lieu le 20 juillet au cours de laquelle le cas espagnol devrait à nouveau être discuté. Fin juin, une enveloppe totale de 100 milliards d'euros d'aide avait été proposée par les membres de l'union monétaire pour soutenir le secteur bancaire de la quatrième puissance économique européenne. Concernant le premier versement décidé lors de la réunion de lundi, la maturité des prêts à l'Espagne pourra aller "jusqu'à 15 ans", mais sera en moyenne de "12 ans et demi", a indiqué le Premier ministre Luxembourgeois. Parmi les conditions associées à ce prêt : "une régulation forte concernant la limitation des salaires des dirigeants" des banques, a précisé le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

Déficit public espagnol: l'objectif de 3% repoussé en 2014

D'autre part, les ministres de la zone euro acceptent que l'Espagne soit autorisée à repousser à 2014 la date à laquelle le pays doit atteindre son objectif de déficit public à 3% du produit intérieur brut. Initialement, Madrid devait y parvenir dès 2013. Désormais, il s'agit pour le pays d'atteindre un déficit public de 6,3% cette année, 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014. Le gouvernement devra présenter d'ici la fin du mois un plan d'ajustement pour 2013 et 2014.

Un Allemand à la tête du MES, un Luxembourgeois au directoire de la BCE

Enfin, outre la reconduction de Jean-Claude Juncker à la tête de l'Eurogroupe, les ministres des Finances de la zone euro ont procédé à d'autres nominations. L'Allemand Klaus Regling, patron du Fonds européen de stabilité financière, le FESF, prendra la tête du futur Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent qui doit voir le jour prochainement, a annoncé mardi à l'AFP un responsable européen.Les ministres des Finances ont aussi proposé de nommer un autre Luxembourgeois, Yves Mersch, au sein du directoire de la Banque centrale européenne (BCE). Ce choix doit être entériné formellement ce mardi par les ministres des Finances de l'ensemble des vingt-sept pays de l'Union européenne.

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Commentaires 17
à écrit le 10/07/2012 à 19:19
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Lorsqu'un petit avocat péruvien fraîchement sorti de son université me disait l'an dernier que le système socio économique à l'européenne était foutu , j' ai été outrée pensant qu'il était trop influencé par les idées nord américaines. Maintenant je...

à écrit le 10/07/2012 à 15:13
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C´est de la folie pure : pendant 10 - 12 ans les banques espagnoles ont preté de l árgent de facon irresponsable a des gens qui ne pourraient jamais rembourser leurs emprunts. Tout de monde le savait et tout le monde a laisser faire ! C´e...

le 10/07/2012 à 19:25
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Ok , mais l'Europe entière savait ce qui se passait dans les pays du sud de L'Europe , pourquoi les dirigeants et les grands de la finance ont laissé faire ? quel était le bénéfice à court terme ou à long terme pour eux ?

à écrit le 10/07/2012 à 13:49
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Heureusement que j'avais acheté bien avant la burbuja et revendu il y a deux ans un appartement à Valencia, gain de l'opération 280 000 euros dont 120 000 euros de plus value, du moment que j'ai reçu l'argent, que l'acheteur puisse rembourser à la b...

à écrit le 10/07/2012 à 13:30
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On lit dans la presse qu'il faut 250 milliards pour combler les trous des banques espagnoles. Que l'Europe passe des obligations pour combler ces trous et relancer la croissance pourquoi pas, mais alors il faut que l'Espagne emploie ses diplômés corr...

le 10/07/2012 à 13:57
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Qui "on" ? Quand la France produit autant de sociologues par centaines de milliers, à quoi espérez-vous les occuper ? Les effectifs de diplômés en sociologie augmentent en moyenne de 6% par an et, devinez quoi, ils sont embauchés par les administrati...

à écrit le 10/07/2012 à 13:28
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Mais quand en finira-t-on une bonne fois pour toutes avec cette Europe dont les peuples ne veulent plus ?

le 10/07/2012 à 16:31
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Lorsque les politiciens et banquiers associés auront fini de se remplir les poches sur notre dos voyons! Mais continuons donc à voter pour eux, c'est un peu comme pour la pêche à la morue, une fois qu'il n'y en a plus, tout le monde sera content! Reg...

à écrit le 10/07/2012 à 10:51
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La presse francaise ne traite tjs pas l enorme scandale financier de manipulation des taux, qui pourtant fait les "Une" tous media confondus à l etranger. Ne filtrent en france que les infos dignes des bisounours. Les français n ont pas besoin de sav...

à écrit le 10/07/2012 à 7:58
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Ils viennent d'où ces 30 nouveaux milliards fraichement imprimés ? On les a trouvé sous le sabot d'un cheval ?

le 10/07/2012 à 12:54
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Pourquoi cette question puisque vous avez compris qu'ils ont été imprimés ?

le 10/07/2012 à 18:05
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Faux, ils vont être enprumter sur les marchés et la France est caution pour 6 Mia (20%) ... Mais pour des sociétés comme Doux avec 4000 personnes employées en direct et 8000 en indirect, il n'y a meme pas un euro à préter pour donner le temps de trou...

à écrit le 10/07/2012 à 7:53
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Ce sont encore nos impôts qui foutent le camp ... On ne les reverra jamais, comme pour la Grèce. Nous, on aura droit à une augmentation de la CSG et de la TVA. Vive les PIGS !

à écrit le 10/07/2012 à 7:47
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Après le tonneau des danaïdes grecs, voici le tonneau des danaïdes espagnols. Pour boucher un trou, on en creuse un autre à côté..... Quelle logique !

le 10/07/2012 à 11:00
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Certes, mais ceci ne résout pas les problèmes de solvabilité. Bien au contraire !

le 10/07/2012 à 12:56
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Si les banques espagnoles ont des actifs pourris de 60 milliards, leur donner 60 milliards fraîchement imprimés résout leur problème de solvabilité. Non ?

le 10/07/2012 à 15:29
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non, car il s'agit d'une forme de crédit revolving. Elles sont donc toujours insolvables, car le montant des dettes reste équivalent à celui existant précédemment. Nous marchons sur le tête dans cette histoire.

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