La Finlande : havre de prospérité en zone euro

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Le Premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, lors d'une conférence de presse à Bruxelles fin juin, peu après le Sommet européen. Copyright Reuters
Le Premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, lors d'une conférence de presse à Bruxelles fin juin, peu après le Sommet européen. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Croissance maintenue, dette faible, déficit maîtrisé... Le pays nordique affiche des résultats économiques qui en font un des rocs de confiance de la zone euro.

Le typhon de la crise européenne n'a pas encore gagné les rivages finlandais. Fin juillet encore, l'agence de notation Moody's assortissait tous les «triple A» de la zone euro d'une perspective négative... à l'exception de la Finlande. Même l'Allemagne, pourtant première économie de la zone euro, n'échappait pas au couperet de l'agence américaine. «Le ministère des Finances est ravi de noter la forte confiance de Moody's dans la capacité de la Finlande à gérer son économie», s'était alors enthousiasmé le pays nordique.

Désormais seul Etat de la zone euro à détenir un 20/20 par les trois leaders de la notation, la Finlande a même revu ses prévisions de croissance à la hausse. En avril, le gouvernement a affiché son optimisme en tablant sur une hausse de 0,8% du PIB finlandais pour l'année 2012, soit deux fois plus que les précédentes estimations. Pour 2013, la croissance n'a été que très légèrement revue à la baisse, de 1,2% à 1%. Ces hausses, bien que modestes, sont plutôt bonnes au regard des prévisions de la zone euro, pour laquelle le FMI table sur un recul de 0,1% en 2012.

Finances publiques solides

La confiance des agences de notations envers la Finlande s'explique aussi par la bonne santé de ses finances publiques, totalement en accord avec les exigences du traité de Maastricht. La dette finlandaise ne devrait représenter «que» 50% de son PIB en 2012, soit en dessous du plafond de 60% fixé par Bruxelles. Plus impressionnant encore, son déficit public pour l'année 2012 est attendu à 0,7% du PIB, bien loin du fameux seuil des 3%.

A titre de comparaison, l'autre bon élève de l'Europe, l'Allemagne, s'attend pour 2012 à une dette publique représentant 82% de son PIB et à un déficit de 0,9%. L'écart entre les taux de rendements à dix ans de Berlin et d'Helsinki ne cesse d'ailleurs de se resserrer. Début août, le spread Allemagne/Finlande atteignait son plus bas historique, à 34 points de base. Dans l'après-midi, le taux d'intérêt du titre finlandais s'élevait à 1,46% tandis que le bund allemand côtoyait les 1,37%. Signe que les investisseurs n'ont aucun doute sur la fiabilité des obligations finlandaises et les jugent même presque à niveau comparable des allemandes.

Individualisme nordique

Avec de telles perspectives économiques, la Finlande se montre sceptique quant aux moyens envisagés aujourd'hui pour résoudre la crise de la zone euro. Le pays refuse de devoir prendre des risques économiques pour ses voisins du sud. Peu après le Sommet européen fin juin, Helsinki s'est dit fermement opposé à tout rachat de dettes italiennes ou espagnoles par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou le Mécanisme européen de stabilité (MES). «Nous ne pensons pas que ce soit la façon la plus efficace d'utiliser l'argent. Nous craignons que le FESF ou le MES tombent à court d'argent trop vite», a revendiqué le Premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, en marge d'une rencontre avec Mario Monti, le président du Conseil italien.

La solution serait plutôt du côté du privé selon la Finlande. Ce mardi, Helsinki a proposé un fonds de recapitalisation des banques financé... par les banques elles mêmes.

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Commentaires
a écrit le 11/08/2012 à 10:57 :
Tres bon exemple finlandais a suivre, la rigueur bugetaire ca paye ...L'allemagne est aussi bien situee en comparaison car bonne eleve mais peut faire mieux..
a écrit le 10/08/2012 à 22:22 :
Dommage pour nous :ici c'est Hollande !!!

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