Rachat de dette : la BCE prête à renoncer à son statut de créancier privilégié

La réunion de jeudi pourrait marquer un tournant dans la gestion de la crise de la zone euro. Que prépare la BCE ?
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

La Banque centrale européenne est prête à renoncer à son statut de créancier privilégié dans le cadre du nouveau programme de rachats d'obligations qu'elle doit annoncer jeudi au terme de sa réunion mensuelle, a appris Reuters mercredi de sources proches de l'institution.

Qu'attendre de la réunion de la BCE ce jeudi ?

La BCE a annoncé en août qu'elle achèterait des obligations espagnoles et italiennes afin d'endiguer l'envolée des coûts d'emprunts de ces pays, à condition toutefois que Madrid et Rome demandent au préalable le soutien du fonds d'aide de la zone euro et se conforment à des conditions strictes. Le président de la BCE, Mario Draghi, devrait dévoiler jeudi les modalités détaillées de ce plan très attendu par les marchés financiers.

La BCE se limiterait aux obligations dont l'échéance n'excède pas trois ans. C'est ce qu'ont laissé filtrer les parlementaires présents à une audition de Mario Draghi devant le Parlement européen. Ces achats "ne représenteront pas une aide publique», a assuré le banquier central aux députés.En fait, pour lui, plus les maturités sont courtes, plus les opérations s?apparentent à des opérations classiques sur le marché monétaire.

Cette "fuite" avait fait chuter les coûts d'emprunt à court terme de l'Espagne et de l'Italie de façon spectaculaire hier.

Le problème du statut de créancier privilégié

"Il y a un problème si les banques centrales insistent sur le statut de créancier privilégié, parce que plus le secteur public interviendra sur le marché obligataire, moins le secteur privé y aura intérêt", a dit l'une des deux sources qui ont toutes les deux eu accès aux documents préparatoires de la réunion. Les sources ont ajouté que la BCE chercherait à "stériliser" ses nouveaux achats d'obligations d'Etat, mais l'une d'elles a ajouté que cette mesure n'était qu'une option envisagée.

La réunion de jeudi sera dominée par le nouveau plan d'achat de dettes

L'une des sources a ajouté que la réunion de jeudi serait dominée par le nouveau plan d'achat de dettes et qu'il n'y aurait donc "pas le temps de discuter des taux d'intérêt". L'autre source a ajouté ne pas s'attendre à une baisse des taux.

Neutraliser ou ne pas neutraliser ?

La BCE a jusqu'à présent neutralisé tous ses rachats d'obligations souveraines afin d'en limiter les effets inflationnistes, en offrant aux banques la possibilité de déposer auprès d'elle un montant constamment égal à celui des obligations d'Etat qu'elle détient. Si elle ne neutralisait pas ses achats, la BCE ouvrirait la porte à une forme d'"assouplissement quantitatif" ou à des rachats fermes d'actifs, une politique encore plus accommodante que les Etats-Unis, le Japon, et la Grande-Bretagne utilisent déjà mais à laquelle s'oppose l'Allemagne.

Opposition de la Buba et flou artistique sur les procédures de rachat de dette

La Bundesbank, la banque centrale nationale allemande, a déjà dit qu'elle s'opposait au nouveau plan de rachats d'actifs, estimant que cela briserait le tabou du financement direct des Etats.

Selon les sources, Mario Draghi ne devrait pas entrer jeudi dans le détail des procédures de rachat, ni annoncer d'objectifs précis de taux d'intérêt ou de montants maximaux de rachats. L'une d'entre elles a expliqué que le conseil des gouverneurs souhaitait conserver une marge de manoeuvre afin d'être en mesure de prendre des décisions au cas par cas.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 4
à écrit le 06/09/2012 à 5:46
Signaler
En tant qu'allemand je me dis qu'après tout l'Allemagne peut quitter l'UE si cela bon lui semble. Pour le moment tout va bien, avec nôtre excédent de la balance commerciale de 15 Milliards PAR MOIS et ceci depuis plus de quinze ans nous profitons plu...

à écrit le 06/09/2012 à 1:09
Signaler
Je suis fort étonné du manque d'imagination de nos banquiers d'Etat qui voient dans la note des rating agencies le seul garde-fou de la discipline budgétaire. N'y-a-t-il vraiment pas d'autre mesure à envisager ? De toutes manières, le fait d'émettre ...

le 06/09/2012 à 14:27
Signaler
vous avez raison mais malheureusement la règlementation (accords de Bâle) ont institutionnalisé la note donnée par ces agences. D'où les conséquences immédiates à la moindre dégradation et le caractère pro cyclique du système Il faut changer ses règl...

à écrit le 05/09/2012 à 23:29
Signaler
Le faux - monneyage est un crime pour les particuliers , mais une vertu pour les Banques et les Etats . Ce qui est en train de se passer , sous la houlette du transfuge de la Goldman Sachs est sans doute inégalée dans l histoire humaine . Le déversem...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.