Nouvelle défaite électorale de l'austérité en Lituanie

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Le premier ministre lituanien, qui avait mené une politique de réduction des déficits, a subi une large défaite dans les urnes ce dimanche. L'opposition a promis une hausse du salaire minimum et un impôt sur le revenu progressif.

Et un de plus. Dimanche, les électeurs lituaniens ont limogé le gouvernement de centre-droit d'Andrius Kubilius. Une sanction envers sa politique d'austérité. En 2008 et 2009, l'économie lituanienne, comme celle du voisin letton, a été frappée de plein fouet par le ralentissement mondial. Le PIB s'est contracté de près de 16% en 2009.

Crise et rebond

En réaction, le gouvernement d'Andrius Kubilius a décidé de maintenir à tout prix le cours de la monnaie locale, le litas, face à l'euro, fixé en 2002. Pour cela, il a décidé de mener une stratégie d'austérité sévère, en passant notamment par le gel pendant trois ans du salaire des fonctionnaires afin de favoriser la compétitivité externe. Le succès de cette stratégie, comme de celle de la Lettonie, est cependant incertain puisque le rebond de l'économie lituanienne (la croissance a atteint 5,5% en 2011) s'explique en grande partie par le rebond du commerce mondial, notamment celui avec l'Allemagne. Depuis, la croissance ralentit, mais l'austérité demeure. Du coup, les électeurs ont sanctionné le gouvernement en place.

Alternative baroque

Reste que l'alternative semble un peu baroque. Le prochain premier ministre devrait être Algridas Butkevicius, un social-démocrate dont le parti est arrivé en tête avec 38 sièges sur 141. Pour gouverner, il devra cependant compter avec deux alliés opposés: le parti du travail, très à gauche, qui dispose de 29 sièges et le parti de l'Ordre et de la Justice, très à droite, qui compte 11 sièges. Un carrosse à haut risque donc entre un parti de centre-gauche et les deux extrêmes. Entre les deux tours, cette alliance improbable s'était mise d'accord sur un programme minimum: hausse du salaire minimum (actuellement à 231,70 euros) et mise en place d'une progressivité de l'impôt sur le revenu (actuellement les revenus sont tous frappés d'un impôt de 15%). Mais s'entendre sur les autres sujets risque d'être périlleux. D'autant que le leader du parti du travail, Viktor Uspakich, est un personnage controversé, condamné pour fraude fiscale. La présidente de la république a annoncé indiquer que la présence de ce parti dans une coalition n'était "pas souhaitable".

Une sanction de plus

La sanction dans les urnes des gouvernements d'austérité dans l'Union européenne est une constante depuis 2010. L'Espagne, la Grèce, le Royaume-Uni, l'Irlande, la Slovénie, le Danemark et la France ont déjà changé de gouvernement. Voici deux semaines, le gouvernement tchèque a subi une nette défaite lors des municipales.
 

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Commentaires
a écrit le 29/10/2012 à 14:15 :
On oublie le grand chlem européen contre la dépensite maladive. Maintenant l'Europe est face à ses démons... pas de ressources et contre le travail. On n'ira pas bien loin, d'autant plus qu'on invente de la croissance à crédit et qu'on s'amuse à la tulipomania immobilière, rien à voir avec le progrès.
Réponse de le 29/10/2012 à 18:27 :
la tulipomania immobilière, j'aime bien! Quant aux démons, on ne les regarde pas encore dans les yeux, juste une ombre inquiétante sur un mur lointain...

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