L'UE supprimera-t-elle son programme d'aide aux plus démunis (PEAD) ?

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Le PEAD pourrait être remplacé par un nouveau programme d'aide, mais les subventions risquent alors d'être sérieusement diminuées, ce qui menace directement la distribution de millions de repas.

Ces 22 et 23 novembre se joue l'avenir du plan européen d'aide aux plus démunis (PEAD). Sera-t-il reconduit ou remplacé par un nouveau programme moins subventionné ? C'est par le vote du budget pluriannuel de l'Union Européenne pour 2014-2020 que le Conseil européen tranchera. En jeu : des dizaines de millions de repas délivrés par les associations d'aide alimentaire européenne comme par exemple les Restos du C?ur, la Croix Rouge, ou le Secours Populaire en France. A l'origine, en 1987, le PEAD a été créé pour redistribuer les surplus de production agricole du continent.

Si le PEAD est remplacé par un nouveau programme, une baisse des aides d'un milliard d'euros sur sept ans est à l'ordre du jour puisque le budget devrait être de 2,5 milliards d'euros pour la période 2014-2020 alors qu'il était de 500 millions d'euros pour la seule année 2013. L'an dernier, il avait déjà été question de supprimer ce PEAD mais un accord avait finalement été trouvé pour son maintien jusqu'à fin 2013.

Sept pays opposés à la reconduction du PEAD

Mais l'adoption d'un nouveau plan d'aide aux plus démunis est soumise au vote du Conseil européen et les négociations s'annoncent difficiles puisque au moins sept pays européens s'opposent à la reconduction du PEAD : l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Autriche, le Danemark, la Suède, le Royaume-Uni et la République tchèque. Ils considèrent que cet aide doit être géré au niveau national. L'Allemagne et la Grande Bretagne ont d'ailleurs pour leur part déjà mis en place un système national de redistribution.

Du coté des associations, l'inquiétude est grande. Si le PEAD est abandonné, leur approvisionnement serait menacé, alors que dix-huit millions d'Européens se nourrissent chaque année grâce à cette aide. Pour alerter sur une diminution des aides européennes, des associations ont d'ailleurs lancé une campagne de sensibilisation il y a un mois, baptisé The Air Food Project. Elles appellaient les citoyens à se filmer alors qu'ils font semblant de manger le contenu d'une assiette vide puis à poster la vidéo sur internet. Un site internet (theairfoodprject.com), une page facebook et le mot-clé #airfood sur Twitter ont également été lancés pour défendre le PEAD.

"Si un nouveau programme n'est pas voté par les chefs d'Etat ou de gouvernement avant décembre 2012, notamment à l'occasion de la finalisation du budget européen pour les sept ans à venir, l'aide alimentaire à l'échelon européen disparaîtra totalement et irrémédiablement un an plus tard", rappellent ces associations, qui considèrent que l'aide du PEAD "représente de 23% à 50% des denrées alimentaires distribuées, soit 130 millions de repas".
 

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Commentaires
a écrit le 22/11/2012 à 15:41 :
Re Il n'y a t il pas moyen de diminuer cette aide au lieu de l'annuler completement ? Puisque cette aide n'est pas la respensable de la crise europeene
Réponse de le 22/11/2012 à 16:32 :
OK Michel, au lieu d'une biscotte par jour, les pauvres devront se contenter d'une 1/2 biscotte ! C'est bien une mentalité de libéral !
a écrit le 22/11/2012 à 14:53 :
Je remarque surtout qu'il y a "débat" sur le sujet alors qu'il n'y en a pas eu pour l'aide à l'Egypte par exemple. On se demande une fois de plus quelles sont les vraies priorités de nos dirigeants européens.
Réponse de le 22/11/2012 à 17:40 :
On s'en fou de l'égypte
a écrit le 22/11/2012 à 12:49 :
On prefere aller fairelesbarbots sur Mars et laisser crever les européens qui ont faim. Si c'est cela la gestion des priorités de l'Europe ce n'est pas la peine. Encore des décisions de technocrates à 2 balles de bruxelles!
Réponse de le 22/11/2012 à 13:03 :
Le problème n'est pas là. Les terriens ont bien assez de ressources pour continuer les projets du futur tout en offrant un niveau de vie décent à la population. Le problème, c'est la répartition, et les critères d'allocation de ces ressources.
Bref, allez sur Mars et donner à manger à tout le monde n'est pas incompatible.
C'est le système monétaire qui pose problème, pas la réalité concrète des stocks de nourriture (qui doivent être mangés car ils seront produits).
Réponse de le 22/11/2012 à 13:22 :
En période de crise, il faut choisir. On nourrit nos démunis ou on va sur Mars mais les deux ne seront raisonnablement pas possible. C'est ce que l'on appelle la gestion de budget "en bon père de famille" ce qui est totalement inconnu des politiciens car ils n'ont aucune morale et ce n'est pas leur argent!
Moi je sais ce que je choisirai et pourtant je suis ingénieur.

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