La Slovaquie enterre sa « flat tax »

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Robert Fico, premier ministre slovaque. Copyright Reuters
Robert Fico, premier ministre slovaque. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le gouvernement social-démocrate de Bratislava a décidé de mettre fin au taux fiscal unique de 19 %. Les entreprises paieront 23 %, les ménages les plus aisés 25 %. la Slovaquie va-t-elle à son tour connaître les délocalisations ?

Neuf ans après son introduction, la « flat tax » slovaque va disparaître. Conformément à ses promesses électorales, le premier ministre social-démocrate, Robert Fico, a annoncé mercredi que son pays renonçait au taux unique d?imposition à 19 % pour les personnes physiques et morales mis en place en 2003. Désormais, un taux de 25 % sera prélevé sur les revenus supérieurs à 3.000 euros par an et les entreprises devront s?acquitter d?un impôt sur les sociétés de 23 %.

Une croissance rapide

Cette mort de la « flat tax » slovaque tourne une page de l?histoire économique du pays. Après son divorce avec la république tchèque en 1992, le pays a connu une période de stagnation économique jusqu?en 1998 sous la direction du président nationaliste, Vladimir Meciar. L?arrivée au pouvoir de Mikulas Dzurinda va conduire à une forte libéralisation de l?économie qui, en 2003, culmine avec l?instauration de la flat tax. Ce « big bang libéral » conduit la Slovaquie à devenir une destination de rêve pour les investissements étrangers et, progressivement, l?atelier de l?Europe occidentale. Rapidement, le pays rattrape son retard et devient même le premier pays de l?ex-pacte de Varsovie à entrer dans la zone euro en 2009.

Un symbole qui tombe

La « flat tax » était devenue, notamment par les protestations dont elle avait été la cible lors de sa mise en place, le symbole de cette stratégie. Mais elle était devenue intenable. Pour tenir le budget sans toucher à cette « flat tax », les gouvernements conservateurs ont dû serrer les vis des dépenses publiques. Mais cette politique n?a mené qu?à une dégradation continue des finances publiques et à un creusement accru des inégalités régionales et sociales.

Dans son rapport sur l?économie slovaque paru ce jeudi, l?OCDE s?inquiète ainsi à la fois de la « viabilité budgétaire » du pays à long terme et sur les inégalités au sein de la société. Tout en reconnaissance que l?économie slovaque demeurera « une des plus solides » des pays membres de l?organisation.

Victime des délocalisations ?

Certes, le niveau de dette reste faible : 43,3 % du PIB, mais le déficit budgétaire a frôlé les 5 % l?an passé. « Nous n?avions pas le choix », s?est donc presque excusé le ministre slovaque des Finances, Peter Kazimir. Le nouveau gouvernement, entré en fonction en mars, avait promis la suppression de la « flat tax », mais cette dernière restait néanmoins très populaire dans les milieux économiques qui, hier, ont fait part de leurs inquiétudes. Il faudra donc désormais mesurer l?impact réel de cette augmentation de la charge fiscale. Car malgré les succès, le chômage reste élevée en Slovaquie (13,3 %) et les salaires ont beaucoup progressé. Le coût de la main d??uvre a progressé depuis 2008 de 13,1 % contre 9 % pour la zone euro et 8,8 % pour l?UE. En 2010, selon Eurostat, le salaire moyen annuel était supérieur à celui de la Hongrie voisine. Grande bénéficiaire des délocalisations, la Slovaquie va-t-elle en être à son tour la victime ?
 

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Commentaires
a écrit le 04/06/2013 à 23:43 :
A propos d'impôt "démocratique" ou pas.
Lorsqu'on atteint, comme en France, un niveau accablant de d'affaires de corruption et de gabegies dans la gestion de l'argent public, et parallèlement un niveau monstrueux de racket fiscal des populations, on ne peut plus se revendiquer d'un "régime démocratique".
Le bon sens populaire interdit en effet au peuple de voter des lois et des impôts qui se retournent finalement massivement contre lui, et spolient copieusement ses intérêts.
Le vote de ces "lois scélérates" n'est donc pas le fait d'une "expression démocratique" mais bel et bien "d'un abus de pouvoir et d'une dérive mafieuse" des élus et parlementaires français.
a écrit le 06/12/2012 à 17:10 :
Les riches sont faits pour être très riches et les pauvres, très pauvres !
C'est à ça que ça sert l'impôt !
a écrit le 06/12/2012 à 15:09 :
Taux unique est plus exact. "Flat Tax" peut dire n'importe quoi, par exemple taxe horizontale, taxe plate, taxe crevée, taxe uniforme.
a écrit le 06/12/2012 à 14:52 :
La Tribune s'aventure beaucoup en déclarant que la "flat tax" fut génératrice d'inégalités et de disparités régionales. Heureusement, john galt a bien relevé, et tout compris! Dérive des dépenses publiques et clientélisme... Voilà qui fait l'affaire des politiciens en poste. Pas certain que le pays, lui, y trouve son compte finalement. Car son attractivité fiscale relative diminue avec la disparition de la "flat tax". Rappelons que l'économie Slovaque dépend en grande partie des investissements étrangers. Sur ce dernier point La Tribune est fondée dans son interrogation quant aux conséquences néfastes de cette altération fiscale.
a écrit le 06/12/2012 à 13:45 :
En gros, ce n'est pas le problème de la flat tax en tant que telle, mais le problème desdépenses publiques incontrôlables. Or, dès que les dépenses publiques grimpent, les politiciens ont tout intérêt à mettre en place un impot non proportionnel, car il permet le clientélisme : la majorité vote pour celui qui lui promet de tout faire payer à la minorité. Voilà pourquoi seule la flat tax est républicaine et démocratique, car elle touche tout le monde, empêche le clientélisme, et incite tout le monde à surveiller les politiciens, bref, à faire son devoir de citoyen....
Réponse de le 06/12/2012 à 15:41 :
@john galt je ne sais pas ce qu'est un impôt républicain.si vous voulez dire qu'il s'agit d'un impôt payé par tout le monde il y a déjà la TVA. Par contre vous ne pouvez pas dire que la flat tax est démocratique puisque me semble-t-il la démocratie c'est la volonté de la majorité or la majorité des citoyens tout du moins des français est pour que les plus riches apportent une contribution plus élévée eu égard à leur revenu. c'est le gros problème des libéraux ils ne supportent pas la démocratie de type "occidentale" où la voix de la "populace " compte autant que celle des "bons citoyens". Pour faire passer ce genre d'idée il faut en revenir au suffrage censitaire ou exciter le peuple avec la prétendue gabegie des services public. Toujours l'éternel débat entre plus ou moins d'état selon son mode de pensée. Chaque point de vue mérite considération mais il faut admettre qu'il y a toujours une autre solution (ou une autre alternative!) et là dans le logiciel libéral il y a un bug!
Réponse de le 06/12/2012 à 16:33 :
à Gazubo, oui évidement en France tout le monde veut que ce soit les autres qui paient les impots, c'est ce que vous "appellz" un impot "républicain" je suppose, définition toute personnelle qui ne correspond a rien surtout que vu le taux de confiscation fiscale qu'entretient le France il y a longtemps que cela ne correspond plus aux textes des droits de l'homme, de la constitution, et par conséquent à l'esprit de la république française d'origine, c'est à dire arréter de faire ponctionner à tout vent par des priviligiés, comme en 1789 c'est ce qui se passe de nouveau en France, les privilégiés fonctionnaires, politiques, syndiqués et politiciens n'ont plus que le mot "morale" ou "république" pour tenter de cacher ce racket (57,6% du PI pour le compte du clientélisme français.
Pour votre info jamais on a proposé aux français la mise en place d'une fiscalité dépoussiérée et à taux unique. En France il n'y a que des Gabuzo partout qui vivent sur le dos des autres qui produisent (je vous provoque un peu pour vous faire réagir).

Bref vive le libéralisme, la liberté, et contre l'ultra collectivisme français bolchévique et mafieux.
Réponse de le 06/12/2012 à 16:38 :
@ GABUZO : un impot républicain = conforme aux droits de l'homme = flat tax. La TVA n'est pas conforme, car ce n'est pas un impot voté par les citoyens, et il est assis sur la consommation, et non sur les biens communs à financer. Vous vous trompez sur le sens de la démocratie. La démocratie, ce n'est pas la volonté de la majorité, c'est justement d'empécher la majorité d'écraser la minorité. Même sujet que droit naturel et positif. Si demain la majortié veut que l'on tue les juifs, c'est donc démocratique et juste ??? Pour les libéraux, la démocratie est un moyen en soi, pas une fin, la fin est le respect de l'individu, voilà pourquoi la démocratie doit respecter les drotis de l'homme avant toute chose. L'impôt proportionnel est l'inverse de l'impot censitaire. C'est justement un impot non proportionnel qui excite le peuple sur une population ou une autre. Relisez les droits de l'homme sur la gabegie des services public (article 13). Par nature, un service rendu par un organisme public est mal rendu (car pas de recherche du profit, le profit est ce qui signale l'efficacité conomique). Où est le bug dans le logiciel libéral ? Donc, selon vous, il y a une alternative à la liberté et aux droits de l'homme ? Staline, Hitler, pol pot, mao, kim il sung, castro, pinochet etc etc etc sont tout à fait d'accord avec vous...
Réponse de le 06/12/2012 à 16:39 :
@Libre : ATLAS SHRUGGED !!!!!
Réponse de le 06/12/2012 à 16:50 :
La démocratie sans le respect du Droit n'est qu'une farce la loi de la majorité ne peut pas permettre l'oppression des minorités sinon ça devient la dictature de la majorité. (voir pays africains)
Et oui si la "populace" se ligue pour spolier les gens dits "riches" sous couvert de solidarité oui c'est un crime, car le Droit n'est pas respecté.
La flat tax répond exactement à cette exigence de participer aux dépenses de l'état proportionnellement à ses revenus (lire la constitution), l'impôt progressif n'est pas justifiable d'un point de vue moral.
Réponse de le 06/12/2012 à 17:11 :
merci Démocratie et droit. Les Droits à respecter sont bien entendu les droits naturels.

L'impot progressif et les droits de succession ont été théorisés par Marx dans le manifeste du parti communiste de 1848, mais il avait l'honnêteté (?) de reconnaître que c'était du vol pur et simple ... aujourd'hui, on parle de Justice => inversion des valeurs typique du socialisme ...
Réponse de le 06/12/2012 à 17:53 :
@gabuzo

Si une majorité de citoyens est favorable à faire mettre en prison la minorité restante, est-ce pour autant "démocratique et républicain" ? L'Allemagne hitlérienne était-elle démocratique, du simple fait qu'une majorité d'Allemands avait porté Hitler au pouvoir et approuvait son action ?

Il est évident que définir la démocratie par la seule "tyrannie de la majorité" passe complètement à côté de l'essence de la chose.

L'élément qui manque à votre raisonnement est celui des droits fondamentaux, inaliénables, tels que par exemple définis dans la déclaration de 1789, et ayant valeur constitutionnelle. Ces droits ne peuvent pas être bafoués, peu importe qu'une majorité y soit favorable ou non (ou alors on n'est plus en démocratie).

Le fait que des citoyens soient traités différemment des autres sur la base de leurs revenus ou de leur fortune semble peu compatible avec les droits "inaliénables" de l'Homme. Et ce n'est pas parce que la plupart des pays le pratiquent tout de même que cela suffit à légitimer la chose. De même que ce n'est pas parce que Kadhafi ou Ben Ali affirme que son régime est démocratique qu'il l'est réellement.

Le problème actuellement est que l'impôt est essentiellement vu comme un instrument d'ingénierie sociale d'une part, et de punition d'autre part, ce qui est très clairement contraire aux Droits de l'Homme. En effet, cela revient à attribuer à la puissance publique la faculté d'attenter à la propriété des individus sur la base de desseins politiques, et non dans le but de remplir des missions constitutionnelles. Un peu comme si votre syndic de copropriété décidait unilatéralement de faire payer plus cher les propriétaires qui ont le plus de revenus, indépendamment de leur part dans l'immeuble. Je pense que dans ce dernier cas vous vous en débarrasseriez tout de suite !
Réponse de le 07/12/2012 à 12:28 :
@libre et John galt et démocratie et droit. J'ai dernièrement enrichi ma petite culture du"point de Godwin" et je m'aperçoit qu'avec vous cela marche dès que l'on s'oppose à un libéral on est aussitôt taxé de marxiste et assimilé aux dictateurs. Je ne revendique qu'une chose que vous admettiez qu'il y a toujours une alternative et là je le repète le logiciel libéral à un bug il ne supporte pas la contradicition or dans une société il doit toujours y avoir une alternative sinon cela engendre le désespoir la violence et le terrorisme.
a écrit le 06/12/2012 à 12:40 :
Excellente nouvelle. A quand une harmonisation fiscale et sociale dans l'UE ?
Réponse de le 06/12/2012 à 16:48 :
Ah oui pour vous un pays qui augmentent ses impots et perd de la compétitivité et à terme des richesses et de l'emploi c'est une bonne nouvelle pour vous ? C'est plutot une très mauvaise nouvelle de voir qu'un pays de plus préfère augmenter les impots plutot que de réduire ses dépenses, que des bonnes nouvelles pour un francais comme Thomas qui rève de l'internationale socialisme avec la France comme leader. `Quelle honte ...
a écrit le 06/12/2012 à 12:34 :
table turn... mais on n'est pas inquiets...

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