Sous l'effet de la crise, de plus en plus d'Espagnols sombrent dans la pauvreté

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Un Espagnol au chômage demande de l'aide dans une rue de Séville, la capitale de l'Andalousie. Copyright Reuters
Un Espagnol au chômage demande de l'aide dans une rue de Séville, la capitale de l'Andalousie. Copyright Reuters
Selon un rapport de Caritas, trois millions d'Espagnols, soit 6,4% de la population, ont sombré dans l'extrême pauvreté en 2012. L'organisation caritative catholique met en garde contre les conséquences du creusement de la fracture sociale.

La récession économique que traverse l'Espagne est mensuellement illustrée par la publication d'un taux de chômage en hausse constante, qui en font un des plus élevés en Europe, à 26%. Un chômage qui frappe durement les jeunes, puisqu'un plus d'une personne sur deux de moins de 25 ans est sans emploi.

Cette situation a inévitablement des conséquences pour la population. Ainsi, un rapport publié mercredi par l'organisation caritative catholique Caritas, intitulé « Inégalité et droit sociaux », fournit des indications sur l'évolution en hausse de la pauvreté. En 2012, 3 millions de personnes (sur une population d'un peu plus de 46 millions) se trouvaient en situation d'«'extrême pauvreté », soit 6,4% de la population. Il y a cinq ans, lorsqu'é débuté la crise financière mondiale, ce taux s'élevait à 4%.

"Il sera de plus en plus difficile de sortir de l'exclusion"

Selon les critères européens (Eurostat), ce statut correspond  à un revenu annuel inférieur à 30% du revenu moyen, soit en Espagne 3.650 euros par an (304 euros par mois). Il est surtout le dernier stade avant l'exclusion sociale.

"L'augmentation de l'inégalité sociale témoigne d'une société fracturée. Avec le temps, il sera de plus en plus difficile pour les personnes qui se sont appauvries de sortir de l'exclusion", a alerté le secrétaire général de Caritas Espagne, Sebastian Mora, lors de la présentation du rapport, cité par l'AFP.

Les inégalités sociales se sont creusées de 30% depuis 2006

Sur un plan plus général, le revenu familial moyen en 2012 est revenu à son niveau de 2001, atteignant 18.500 euros en 2012. Autrement dit, une décennie vient d'être effacée. Une baisse qui s'explique par la conjugaison d'une hausse des prix de 10% et une baisse des salaires de 4%.

Surtout, cette crise ne touche pas la population uniformément. Elle divise encore plus le pays avec un accroissement des inégalités sociales. Selon Caritas, l'écart entre pauvres et riches aurait augmenté de de 30% depuis 2006.

Ainsi, les revenus moyens des 20% les plus pauvres étaient en 2012 sept fois inférieurs à ceux des 20% les plus riches.

10 millions d'Espagnols dans une "pauvreté relative"

Quant aux Espagnols qui sont dans une « pauvreté relative », leur part atteint 21,8% de la population en 2012, contre 19,6% de 2008. Cela représente 10 millions d'Espagnols.

La « pauvreté relative », selon Eurostat qui prend comme seuil les 60% du revenu médian national, s'établit à un revenu annuel inférieur à 7.300 euros (soit 608 euros par mois). Ou encore 15.330 euros pour un couple avec deux enfants.

Cette crise a une autre conséquence, celle de développer l'émigration vers d'autres pays qui offrent des possibilités d'emploi. Ainsi au 1er janvier 2013, il y avait 1,93 million d'Espagnols installés à l'étranger, un chiffre en hausse de 6,3% sur un an. Selon les données de l'Institut national des statistiques espagnol, 450.000 Espagnols ont quitté le pays depuis 2008 pour s'installer à l'étranger. Sur ces quelque 2 millions partis vers des cieux plus cléments, 1,2 million seraient partis en Amérique (du sud et du nord) et 600.000 en Europe.

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a écrit le 26/04/2014 à 16:11 :
Bonjour. Je suis née en 1962 à Paris. Je suis fille de prolétaires, mes parents travaillaient, ils n'ont jamais été riches en France. Quand nous allions en Espagne pendant les vacances, le beau pays de mes ancêtres maternels les Chateaubriand Carballera, nous une famille de quatre français moyens, nous devenions riches, car avec nos francs nous avions beaucoup de pesetas, nous avions le soleil, la mer, un grand appartement neuf avec des grandes chambres, salle à manger, cuisine, salle de bain, terrasse immense et piscine en bas de l'immeuble, près de la plage, mes parents avaient assez d'argent pour nous inviter au restaurant, au bar, à la corrida, au spectacle de Flamenco, aux expositions, c'était la vraie vie, la belle vie en Espagne, nous étions heureux. Maintenant avec les horribles lois de l' U.E. ( Europe la mère des juges des enfers ) c'est terminé, plus de belles pesetas dorées, nous sommes pauvres et nous le resterons, mon mari, nos six enfants et moi nous n'irons jamais en Espagne, hélas, je ne reverrai plus jamais le pays de mes ancêtres celtibères. Salut cordial. Béatrice Berthelage-Hervé
a écrit le 22/03/2013 à 6:11 :
Bah, il suffit de traverser la frontière et de s'installer en France pour bénéficier de quelques aides.
a écrit le 21/03/2013 à 21:23 :
Bientot en france, vu qu'il y a 3 millions de chômeurs, dont certainement 1 millions qui ne peuvent percevoir d'allocation chômage, de rsa, car leur conjoint travaille.
VIvement que l'on sorte de l'europe, c'est de la propagande européiste que l'on nous a balancés depuis des annees, pour nous vendre le produit. Europe n'est ni sociale, ni pour les entreprises, elle est seulement pour les marchés financiers.

Réponse de le 01/06/2013 à 8:10 :
Oui, c'est exactement ça, mais ça va plus loin encore, une Europe complice, mise en place par la CIA pour mettre ces pays de résistance entre les mains des marchés financiers, un peu comme le principe des grands commerces qui tuent les petits commerces. Les hommes politiques qui dirigent l'Europe sont impliqués et ont vendus leur âme et se repaissent de notre argent. Il suffit de voir tous ces scandales qui apparaissent au grand jour, et en France c'est pire encore.
a écrit le 21/03/2013 à 20:17 :
Comme en France, on leur a dit que l'inflation était de 1,2 %
a écrit le 21/03/2013 à 19:59 :
L Europe c est la misere
a écrit le 21/03/2013 à 17:40 :
c'est carrément dégueulasse!! la crise? ! m.rde , la crise! elle est voulue pour mettre les individus à bas, pour ne plus qu'ils se révoltent, qu'ils se résignent! Haïssable , que cette UE de m.de! que nous a g-elle apporté, franchement? que du mauvais, de quel côté que vous le preniez! ils veulent nous la faire avaler de force, tout comme le gavage monstrueux des dits volatiles pour récupérer leurs pauvres foies pourris, Honte à toute cette faune cupide, ne nous laissons pas faire...patienter, c'est bien, il arrive un moment ou ça ne marche plus, il faut montrer les dents, et les persuader qu'on est arrivé à terme !!
Réponse de le 21/03/2013 à 23:48 :
je suis entièrement d'accord nous sommes consommateurs donc nous avons le pouvoir de l'achat, je n'achètes plus de boissons gazeuses plus de viandes que des fruits et des légumes de saisons plus de gel douche cher mais du savon etc.... et j'ai fais des économies mettons nous y tous si par la force ont est perdants par le raisonnement et l'intelligence ont peut les battre
a écrit le 21/03/2013 à 16:57 :
l'espagne ne pourra pas taxer l'argent déposé ... y'en a plus ! alors tagada tagada voilà les Dalton de la bce , qui vont passer avec l'éponge magique .........la fée du logis !
a écrit le 21/03/2013 à 16:19 :
les solutions existent mais elles se heurtent aux privilèges des nantis.quand la civilisation (qu'on avait chèrement acquis ce dernier demi siècle)s'éloigne il faut un moment prendre les armes au risque de la barbarie.
a écrit le 21/03/2013 à 15:08 :
Dans une France inégalitaire avec un état qui protège des réformes structurelles ses fonctionnaires ainsi que nos chers députés sénateurs et autres politicards élus dans une crise sans précédent continuent à vivre royalement sans participer aux efforts de redressements de notre pays alors que la précarité voir la pauvreté, copier-coller Espagnol est de plus en plus une réalité pour de nombreux français.
a écrit le 21/03/2013 à 14:31 :
LA TRIBUNE : le seul journal "mainstream" en avance sur son temps ! À quand la promotion de l'UPR ?
Réponse de le 21/03/2013 à 15:23 :
A défaut de promotion de l'UPR au moins de l'information pour montrer aux français qu'une autre voie républicaine est possible.
Réponse de le 21/03/2013 à 17:02 :
C'est vrai que la lecture de la Tribune soulage par rapport aux autres, car on sent de moins en moins le poids de cette propagande qui colle aux neurones..
Vent de fraicheur, merçi!

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