Chypre : retour sur une semaine de crise
Jessica Dubois
Jessica Dubois
Les ministres de Finances de la zone euro, réunis depuis vendredi soir, annoncent samedi, au petit matin, avoir trouvé un plan d?aide pour Chypre : l?Europe apportera une aide de 10 milliards d?euros, en échange, pour trouver les 7 milliards d?euros manquant pour restructurer ses banques, l?île taxera les dépôts à 6,75% sur les montants inférieur à 100.000 euros, et à 9,9% au delà. Le gouvernement espère recolter 5,8 milliards d?euros.
Chypre est alors le cinquième pays à se voir accorder une aide européenne après la Grèce, l?Irlande, le Portugal et l?Espagne.
Entre colère et stupéfaction, les Chypriotes se ruent vers les guichets des banques.
Le Parlement chypriote, qui devait se rassembler en session extraordinaire pour adopter ce plan d?aide et ses contreparties, repousse le vote au lendemain.
"L'accord que nous avons conclu n'est pas celui que nous souhaitions mais il est le moins douloureux compte tenu des circonstances", déclare le président Nicos Anastasiades dans une allocution à la nation.
Face au tollé suscité par la taxe sur les dépôts bancaires, le gouvernement envisage de fixer un seuil, 20.000 euros, en deça duquel les dépôts ne seront pas taxés. Le vote est reporté à mardi.
Ce lundi étant un jour férié pour Chypre, les banques étaient fermées. Pour éviter tout ?bank run?, le gouvernement annonce qu?elles le resteront jusqu?à jeudi.
Face à la crise, l?Eurogroupe se réuni en conférence téléphonique... et change de ton. Les ministres des Finances de la zone euro demandent désormais à Chypre d?exonérer les petits épargnants.
Les marchés évoluent toute la journée dans le rouge. Et l?euro perd du terrain face au dollar.
Réuni en fin d?après-midi, le Parlement chypriote rejette le plan de sauvetage, qui exonéraient les dépôts de moins de 20.000 euros de la taxe, par 36 voix contre et 19 abstentions sur 56. ?La balle est dans le camp de Chypre? répond l?Eurogroupe, qui maintient son offre de plan d?aide.
Les bourses européennes cloturent en baisse.
Le président de l?Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, tente de rassurer en indiquant qu?une telle taxe ne sera pas imposée ailleurs dans la zone euro. Les craintes se portent sur l?Espagne, malade de ses banques.
Le ministre des Finances chypriote, Michalis Sarris, rencontre son homologue russe à Moscou. Objectif : obtenir un assouplissement et un prolongement d?un prêt arrivant à échéance en 2016. De son côté, la Russie pourrait intervenir en présentant un plan de sauvetage, afin de préserver les importants dépôts russes dans les banques chypriotes.
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Les dirigeants russes se montrent très critiques envers le plan de sauvetage européen. Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, compare la taxe sur les dépôts aux mesures de l?ère soviètique.
Le gouvernement annonce que les banques et la Bourse resteront finalement fermées jusqu?à la fin de la semaine.
Il faut trouver un plan B pour lever les 7 milliards d?euros manquant. Le gouvernement réunit les leaders chypriotes et propose au parlement la mise en place d?un ?Fonds de solidarité? basé sur les revenus des hydrocarbures, des obligations et d?autres avoirs.
Face à la pagaille provoquée, l?UE commence à évoquer une sortie de Chypre de la zone euro. Et la BCE annonce qu?elle autorise la banque centrale de Chypre à fournir des liquidités d?urgence aux banques locales... jusqu?à lundi.
Dans la soirée, l?agence de notation Standard & Poor?s abaisse la note chypriote à CCC.
Au petit matin, le ministre des Finances rentre à Nicosie sans accord trouvé avec son homologue russe.
L?Europe se fait plus pressente, et se montre sceptique sur le plan B chypriote. En fin de journée, le gouvernement se dit proche d?un accord respectant les demandes de l?Eurogroupe. Dans la soirée, le Parlement commence à voter sur la restructuration des banques et la création d?un Fonds de solidarité. Une taxe de 15% sur les dépôts de plus de 100.000 euros est à l?étude. Mais aucun nouveau vote n?est prévu avant la réunion de l?Eurogroupe, dimanche en fin de journée.
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Ce samedi, le président Nicos Anastasiades est attendu à Bruxelles. A Nicosie, le gouvernement doit rencontrer la troïka - la BCE, l'Union européenne et le FMI.
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