La BCE met en garde la France contre tout laxisme budgétaire

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Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne
Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (Crédits : dr)
Ce samedi, un membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) a mis en garde la France contre tout relâchement des efforts de baisse des déficits. Son intervention fait suite à la décision de la Commission Européenne d'octroyer à la France un délai de deux ans, jusqu'en 2015, pour ramener son déficit public sous les 3% du PIB.

Tout relâchement des efforts de baisse des déficits entrainerait des lendemains de soirées difficiles. C'est en substance le message qu'a voulu faire passer l'économiste français Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) sur France Inter ce samedi matin. Il a mis en garde contre tout éventuel laisser-aller en matière budgétaire, notamment en France. Ce, après que la Commission Européenne ait accordé vendredi un délai de deux ans à la France, soit jusqu'en 2015, pour ramener son déficit public sous les 3% du PIB.

La crédibilité de la France en jeu

"Ce qui compte pour la BCE, c'est la crédibilité", a indiqué l'économiste, interrogé sur l'utilité de la décision de la Bruxelles vendredi concernant la France. "Si ces deux ans de plus accordés (...) permettent de crédibiliser la trajectoire de baisse des déficits, à ce moment là, pourquoi pas? Mais si au contraire, ces deux ans de plus donnent l'impression qu'il n'y a plus de limite, que les objectifs ne sont plus là et que l'effort s'attenue, à ce moment là, cela n'aurait pas servi à grand chose", a déclaré Benoît Coeuré.
Le gouvernement français ne compte pourtant pas aller aux antipodes des recommandations des instances européennes. Il a déjà affirmé vendredi qu'il maintenait "le cap du sérieux budgétaire et des réformes, et confirme son objectif d'amélioration de ses comptes publics".

Poursuivre le désendettement de l'Europe

Benoît Coeuré a également mis en garde l'Europe contre un risque de "relâchement" généralisé en raison de la lenteur avec laquelle les pays du vieux continent agissent et mettent en place leurs institutions. Il existe un risque "que les efforts qui ont été faits jusqu'à maintenant, non seulement se relâchent, mais même qu'on revienne sur certains acquis depuis ces derniers mois, notamment en terme de désendettement", estime-t-il.
Le désendettement est, à son sens, une condition sine qua non au redressement de l'économie européenne, même s'il faut en parallèle ménager la croissance. "Bien sûr, il faut une stratégie de retour à la croissance collective, cela ne passe pas nécessairement pas plus de dépenses. Ce n'est pas en créant de nouvelles dettes qu'on va résoudre le problème de la croissance en Europe", explique-t-il.

Ajustement des déficits par la baisse des dépenses

Selon lui, cet ajustement des déficits "par la baisse de la dépense est plus de nature à ramener la croissance que par l'augmentation des impôts". Avant d'ajouter que jusqu'ici, "la seule manière de réduire rapidement les déficits, c'est d'augmenter les impôts et c'est ce qui a été fait, et maintenant il me semble qu'on est à un stade où l'action doit porter plutôt sur le contrôle de la dépense publique".
 

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a écrit le 06/05/2013 à 9:09 :
URGENT DE FAIRE LES REFORMES STRUCTURELLES DE LA FONCTION PUBLIQUE ET COLLECTIVITÉS TERRITORIALES AVEC RÉDUCTION DES EFFECTIFS PAR LICENCIENT SEC ALIGNEMENT DES CONTRATS ET RETRAITES SUR LE DROIT PRIVE FERMETURE DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES EN DOUBLON OU INUTILES ETC ETC ! LA FRANCE N'A JAMAIS ÉTÉ AUSSI INÉGALITAIRE ENTRE LE PUBLIC ET LE PRIVE DONT LE SECTEUR MARCHAND A SUFFISAMMENT CONTRIBUE A LA MODERNISATION DU PAYS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! REFORME LA FONCTION PUBLIQUE ET TERRITORIALE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
a écrit le 05/05/2013 à 15:25 :
Et lui, il a diminué son salaire cette année ?????????????????? Ces gens, payés par nos impôts, se la joue plus que facile !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Réponse de le 05/05/2013 à 17:38 :
J'imagine de parle de Hollande qui n'a jamais travaillé pendant sa vie, il a toujours été payé par nos impôts.
a écrit le 05/05/2013 à 10:53 :
Ce monsieur est francais et ne dit pas n´importe quoi ! Voyez son parcours :
http://www.ecb.int/ecb/orga/decisions/html/cvcoeure.en.html

Ce qu il dit c´est loin d´etre de l´ingérance mais c´est la pure vérité. Et de plus c´est bien le boulot de la BCE de veiller à la stabilité de la monnaie.

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a écrit le 04/05/2013 à 20:20 :
Je pensais que la BCE etait independante et ne devait se contenter qu'à imprimer de la monnaie et à se soucier de l'inflation eventuelle pour reguler tout ça... et non oas de s'interesser à la politique economique d'un pays? C'est quoi cette ingerance mal placée ! Fatiguant cette ideologie liberale...
Réponse de le 04/05/2013 à 23:16 :
@ arabem - Je suis de votre avis, le rôle de la BCE consiste à réguler la base monétaire et à maîtriser l'inflation de manière à garantir la stabilité du système financier et économique. Cependant, la question de "l'indépendance" n'est pas claire, dans le sens où, dans la pratique, et contrairement à ses statuts, la BCE semble suivre (et est donc dépendante) du plan d'union atlantique 2005-2015 engagé par la finance anglo-saxonne. De plus, la BCE prend-t-elle ses décisions en toute indépendance ou suivant les exigences de la Fed, auquel dernier cas elle perdrait encore son statut "d'indépendance" ? Ni la BCE, ni la Commission UE ne semblent armées pour défendre notre industrie face aux menaces extérieures. Apparemment, la BCE ne transmet pas non plus à la Commission ses observations concernant les diverses pratiques de dumping financier et monétaire, lesquelles, si elles avaient été sanctionnées en temps opportun, auraient permis d'éviter l'injection massive de dollars dans l'économie européenne et la crise qui en a résulté.
Réponse de le 05/05/2013 à 0:27 :
Merci pour votre avis eclairé.
C'est quand meme bien ennuyeux de savoir que la fed puisse user du fameux quantative easing... D'ailleurs à ce propos le soit disant emerite françois lenglet journaliste economique de france 2 qui nie totalement que les usa puisse y avoir recours... :D
a écrit le 04/05/2013 à 16:31 :
Pépère y dit c'qui veut et fait c'qui veut,c'est à dire le contraire.
a écrit le 04/05/2013 à 15:58 :
Allo, quoi, mais allo !!!
a écrit le 04/05/2013 à 15:56 :
Enlevez CSG et RDS sur les salaires et charges annexes entreprises, vous avez la réponse à apporter face au problème posé. Mais pour un énarque c'est bien trop simple.
Réponse de le 04/05/2013 à 16:23 :
C'est bien du socialisme, c'est toujours la faute des autres ! Vous, vous êtes parfaits et les autres sont nuls et ne savent rien. PITOYABLE.
Réponse de le 04/05/2013 à 22:50 :
@ dumping pour quoi pas? - Raboter les CSG / RDS n'apportera n'offrira qu'un répit très court, d'autres pressions concurrentielles face auxquelles il est impossible de résister vont s'ajouter. Si vous ne prêtez pas attention aux pratiques de dumping, financier et monétaire surtout, mais aussi commercial, social, environnemental, il faut craindre pour la survie de votre activité. Le coût de la protection sociale a augmenté proportionnellement à la régression de notre tissu industriel, précisément à cause de ces pratiques de dumping.
Réponse de le 05/05/2013 à 11:36 :
Alors si je suis votre raisonnement il faut baisser les bras , rien changer et se résigner à l'inévitable d'ailleurs qui est la stratégie suivie jusqu'alors par les divers gouvernements confondus , pour moi, non ! il faut trancher avec justice où le bas blesse , les prélèvements cachés sur les salariés et les entreprises pour acheter la paix sociale . Ce qui remettra pas mal de monde au boulot .
Réponse de le 05/05/2013 à 12:08 :
@dumping : Vous pouvez également les lever, mais ça ne changera pas grand chose.
a écrit le 04/05/2013 à 14:48 :
Que dire alors du laxisme juridique qui persiste à la Commission, avec ses impacts extrêmement négatifs en matières commerciale et financière ? C'est ce laxisme-là, dû en grande partie à l'obstruction juridique de la Grande-Bretagne, qui est à l'origine de la gestion économique calamiteuse des pays membres exposés à toutes les formes de dumping de l'extérieur, provoque une concurrence fratricide à l'intérieur, et des déficits commerciaux et budgétaires intenables. La liquidation du patrimoine industriel et public aggrave la crise et illustre la débâcle chez les responsables chargés de la gestion de notre économie.

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