Le FMI fait son auto-critique sur le plan de sauvetage imposé à la Grèce en 2010

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Les exigences posées par le Fonds monétaire international et ses partenaires en contrepartie de l'aide accordée à Athènes étaient inadaptées, a estimé mercredi le FMI, qui admet également que ses prévisions économiques pour la Grèce étaient trop optimistes, dans sa troisième évaluation du plan d'aide international. /Photo d'archives/REUTERS/John Kolesidis
Les exigences posées par le Fonds monétaire international et ses partenaires en contrepartie de l'aide accordée à Athènes étaient inadaptées, a estimé mercredi le FMI, qui admet également que ses prévisions économiques pour la Grèce étaient trop optimistes, dans sa troisième évaluation du plan d'aide international. /Photo d'archives/REUTERS/John Kolesidis (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le FMI a remis en cause l'efficacité de la "troïka" sur la gestion du dossier grec et le choix du plan d'aide imposé en 2010, dans un rapport publié mercredi. Il estime également que la dette de la république hellénique aurait du être restructurée dès 2010, et non pas en 2012.

Mieux vaut tard que jamais! "Il y a eu des échecs notables. La confiance des marchés n'a pas été rétablie et l'économie a été confrontée à une récession bien plus forte que prévu." Le Fonds monétaire international (FMI) a fait son mea culpa sur la Grèce, mercredi, dans un rapport évaluant les résultats du plan d'aide de 110 milliards d'euros accordé à Athènes en mai 2010 en contrepartie d'un plan d'économies drastiques.

Sixième année de récession

Le Fonds s'était alors montré bien optimiste en tablant sur un retour de la croissance en Grèce dès 2012 et une amélioration sur le front de l'emploi. Les faits lui ont donné tort : le pays s'enfonce actuellement dans la récession pour la sixième année d'affilée avec un taux de chômage de 27%, malgré un deuxième plan d'aide international massif au printemps 2012. Les projections de dette publique grecque établies par le Fonds ont elles aussi été balayées "dans une très large mesure", indique l'institution.

Ce n'est pas la première fois que le FMI fait son aggiornamento sur la Grèce. En octobre, son chef économiste Olivier Blanchard avait fait sensation en admettant avoir sous-estimé les "mutiplicateurs budgétaires" qui mesurent l'impact des mesures d'austérité sur la croissance.

L'efficacité de la troïka remise en cause

Mais le Fonds va plus loin aujourd'hui en remettant en cause l'efficacité même de la troïka, la structure hybride qu'il forme avec la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) et qui est aujourd'hui en charge de quatre plans de sauvetage dans la zone euro.

Selon le rapport, cette cohabitation a obligé le Fonds à "négocier d'abord avec les pays de la zone euro et ensuite avec les autorités grecques", créant une source d'"incertitude considérable" alimentée par les hésitations et revirement européens. "Il n'y avait pas de division claire du travail" au sein de la troïka, relève le rapport, qui ajoute que les Européens manquaient d'expérience et de "compétences" sur des programmes d'aide liés à de très strictes conditions.

L'ironie de l'Histoire veut que l'Europe voyait d'un très mauvais oeil l'arrivée du FMI sur le Vieux Continent. Début 2010, Jean-Claude Trichet, alors président de la BCE, jugeait même cette éventualité "mauvaise".

La dette grecque aurait du être restructurée en 2010

Décryptant les relations au sein de la troïka, le FMI s'attache à un point crucial du plan de sauvetage grec: la restructuration massive de la dette privée au printemps 2012. Le Fonds estime aujourd'hui que cette opération, la plus importante de l'Histoire, aurait dû être menée dès 2010 mais que cette solution n'était alors pas "politiquement réalisable" en raison de l'opposition des Européens. "La restructuration de la dette avait été envisagée par les parties à la négociation (du programme grec, NDLR) mais elle a été exclue par les dirigeants de la zone euro", qui craignaient qu'une telle mesure ne soit pas approuvée par les Parlements nationaux, indique le rapport.

Cette décision a été lourde de conséquences, selon le Fonds. Elle a permis à de nombreux créanciers privés (banques, fonds d'investissement) de "s'échapper" du pays sans subir la moindre perte et de "passer le fardeau" aux Etats et donc aux contribuables qui ont dû de nouveau renflouer la Grèce en 2012. "Nous aurions dû avoir une réduction de dette plus tôt en Grèce", a reconnu mercredi Poul Thomsen, chef de la mission du FMI en Grèce.

Le premier plan d'aide a en réalité été une mesure "d'attente", résume le rapport. Il a permis de donner le temps à la zone euro de construire son pare-feu, le Mécanisme européen de stabilité, afin de protéger d'autres pays "vulnérables" et limiter l'impact sur l'économie mondiale.

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a écrit le 10/06/2013 à 18:13 :
Je réalise qu'au niveau politique, comme en entreprise, le sommet de la pyramide se livre plus a des batailles d'ego qu'a un travail collaboratif.
Lorsque toutes ces personnes, ayant de lourdes responsabilités, auront l?humilité suffisante d'admettre les bienfaits du travail de groupe, et l?honnêteté suffisante d'agir pour le bien commun plutôt que le profit personnel, les décisions seront alors plus judicieuses.
Par ailleurs, créer une monnaie commune dans une zone hétérogène a tous les niveaux sans aucun mécanisme de réajustement est une absurdité totale. On avait l'exemple sous le nez: Les USA, qui ont leur balance-target pour équilibrer les revenus entre les différents états.
Comment sauver un système bâtie a l'encontre des lois monétaires les plus élémentaires... ?
Certainement pas avec de la mauvaise volonté et une vision carriériste court terme.
Réponse de le 10/06/2013 à 18:46 :
J'ajoute simplement que le MES est créé principalement a partir des dettes publiques des états supposément bien portant de la zone euros, Allemagne en tête.
Comment croire que l'Europe puisse vivre sur les revenus allemands, lorsqu'on sait qu'elle exporte a 57% dans l'UE (et 37.5% dans la zone euro, chiffres 2012). Autant dire que la "richesse" allemande est un tas de chèques en bois si la zone euro coule.
Sur une balance commerciales positive a +188 milliards, si on retire la part de la zone euro (411 milliards) Mme Merkel aura bien du mal a financer tout le monde.
Se prêter entre pauvres de l'argent emprunté avec intérêt nous laisse peu de chance de revoir la lumière du jour, de garder un CDI sécurisant, de garder les congés payes, de garder la sécurité sociale...
Et puis la BCE ne peut prêter sans intérêt directement aux états (article 123 traite UE). Pourquoi ? L'inflation ? Elle pourrait tout de même gérer ses prêts il me semble.
Bref, on constatera la dérégulations des marches financiers, avec la régulations croissante des mécanismes de sauvetages. Messieurs les politiques, si vous vouliez sauver l'Europe, ce serait fait depuis longtemps.
a écrit le 07/06/2013 à 6:34 :
Nos "amis", les économistes et leurs "amis"( les politiques qui les écoutent), les yeux fixés sur leurs "compteurs" et la calculatrice dans la main, sont trop souvent déconnectés des réalités, de l'importance du facteur "temps" et des ressorts du comportement humain.
On ne remet pas sur "rails' et on ne réforme pas un état au même rythme et avec les mêmes outils que ceux que l'on utilise pour redresser une entreprise. Réformer, pour un Etat, requiert capacité d'anticipation, temps et confiance des acteurs concernés. Or, dans le cas de la Grèce (comme en France et dans d'autres pays), faute d'anticipation et de courage politique, le "malade" commence à être soigné quand il est quasiment à l'agonie et en lui administrant un remède très puissant qui le guérira mais risque de le faire mourir alors que d'autres remèdes moins puissants, à l'action plus lente, existaient..
a écrit le 06/06/2013 à 16:23 :
Dans la mesure où, d'une part, nos formations, nos outils, nos organisations, sont conçus pour des situations stables, connues, "normales" et où, d'autre part, le monde est désormais structurellement volatil, déroutant, chaotique, sur tous les grands dossiers nous aboutissons au même constat.
Une nouvelle donne est requise en matière de paradigme, de boîte à outils. Sinon, nous tombons systématiquement dans les pièges les plus pénalisants.
Voir : P. Lagadec : "Piloter en univers inconnu", Préventique, mai 2013
http://www.preventique.org/Livres/piloter-en-univers-inconnu
a écrit le 06/06/2013 à 15:14 :
Si on se trompe de 2 ans cela prouve que le FMI peut lui aussi causer du tort a un pays aussi il faut peut etre revoir très vite ce qui se passe dans cette institution car cela c'est grave et comme on ne veut pas faire des efforts et bien ils devront en rendent compte;
a écrit le 06/06/2013 à 14:55 :
On a pas voulu restructurer pour laisser le temps aux banques françaises et allemandes de s'échapper, cela se voyait déjà assez clairement à l'époque, et d'ailleurs, sitôt la restructuration faite, ces banques sont revenues en Grèce.
a écrit le 06/06/2013 à 13:50 :
Après les erreurs de calcul, du FMI ou des théoriciens libéraux qui ne savent pas se servir d'excel, voici maintenant le FMI qui récidive et qui s'auto-accuse d'avoir été soit incompétent soit trop faibles face à l'union européenne. Tous ces gens là doivent partir et être mis hors d'état de nuire aux peuples : laissons Barroso garder les chèvres au fin fond du Mino.
La seule question qu'il faut se poser et que le FMI vite encore c'est : comment réparer les dégâts de cette politique. Personne ne ressuscitera celles et ceux qui sont morts victimes de l'austérité qui tue. Mais il faut arrêter tout de suite ces politique désastreuses surtout que maintenant on sait que fondées sur des bases fausses elles ne peuvent que conduire à la catastrophe
a écrit le 06/06/2013 à 13:00 :
Suis d'accord avec tous vos commentaires...Pourquoi nos gouvernements de gauche ou de droite, suivent-ils les préconisations d'institutions qui ont depuis longtemps prouvé leur incompétence à soigner et prédire quoi que ce soit de juste pour le bien des hommes... ?

Une lecture est intéressante, les prévisions de l'OCDE, en effet elles s'avèrent toujours faussent mais en plus de leur prévision, sur la France par exemple, cette institution, en complément de leur prévision, proposent toujours des remèdes : toujours plus de flexibilité moins d'état plus de travail moins de retraite...

Autre chose, une équipe de chercheurs a investi en bourse deux fois la même somme. La première a été donnée à une grande institution de Wall Street qui a investi l'argent pour le faire fructifier, la deuxième même somme a été investie par les chercheurs suite aux choix que faisait au hasard un chimpanzé en tirant des cartes. Résultat le chimpanzé a été, deux fois sur trois, meilleur que l'institution de Wall Street....

L'économie n'est pas une science exacte, Nous avons laissé les clés de notre bonheur et de notre prospérité à des gens bien trop payés, pétris de certitudes, qui n'ont d?autre but que de servir l'argent et non les hommes.
a écrit le 06/06/2013 à 12:39 :
Bref .... de l?incompétence de très haut niveau !!!!!!!!!!!!
a écrit le 06/06/2013 à 12:19 :
C'est trop facile; on pille, on bousille un pays, des pays, des économies, et on prétend au bout de 3 ans qu'on s'est trompé (mais on ne changera rien au programme, bien sur)
Sanctions?
Corrections?
Zéro, zip, nada
Quelle mafia sordide, cette troika..
La question de fond : pourquoi nos gouvernement continuent à les aduler, respecter, jouer leur jeu?
a écrit le 06/06/2013 à 12:12 :
"...a permis à de nombreux créanciers privés (banques, fonds d'investissement) de "s'échapper" du pays sans subir la moindre perte et de "passer le fardeau" aux Etats et donc aux contribuables qui ont dû de nouveau renflouer la Grèce en 2012."
Tout est dit, on ne peut être plus clair.
Et on voudrait accuser les Grecs d'être des cigales.
a écrit le 06/06/2013 à 11:55 :
Après l'incompétence des politiciens, voici celle des économistes. Conclusion : laissons parler l'homme de la rue avec tout son bon sens, ce ne pourra être pire que les élucubrations de tous ces soi-disant spécialistes.
a écrit le 06/06/2013 à 11:26 :
Ah ben ! on ne voulait pas faire payer les créanciers, on ne voulait pas faire payer non plus les assurances des créanciers etc etc. Il faut croire qu'au FMI comme à la tête des Etats européens ou de la Finance, on ne sait même pas ce que c'est, quand le débiteur ne peux pas payer, qu'un abandon de créance total ou partiel, conditionnel ou non. Les créanciers savent se gaver ben ils prennent aussi le risque de régurgiter. L'incompétence de nos élites est proportionnelle à leurs rémunérations.
a écrit le 06/06/2013 à 11:12 :
Est ce que le FMI produit du progrès dans le monde ? Est ce que le FMI intervient aux états unis, pays le plus endetté du monde ? Est ce que le FMI est le bras armé des puissances du G20 ? Quelle est l'utilité du FMI ? Quelle part de son budget consacre t il aux actions plutôt qu'aux salaires ? Le jour où le FMI n'existera plus, ce sera un progrès.
Réponse de le 10/06/2013 à 19:06 :
Aucune raison que le FMI intervienne aux USA, car on ne peut mesurer la valeur de leur dette sur la scène internationale. Même s'ils sont le pays le plus endetté (en incluant la dette des ménages et des entreprises), il n'y a aucun moyen précis aujourd'hui d?évaluer le dollar.
Effectivement, pour connaitre la valeur d'une monnaie, on doit savoir combien il en circule (fiduciaire + scripturale) => c'est le principe de l'inflation.
La FED a trouvé la parade: elle refuse de publier (même si elle les calcule toujours) l'indice de masse monétaire M3 depuis 2006, ainsi que les indicateurs permettant de reconstruire M3.
Que vaut 1$ ? Peu de monde sur Terre le sait.
a écrit le 06/06/2013 à 11:09 :
Ils font des erreurs à tout va pis après... , heu oui bon nous nous sommes trompés, mais maintenant il faut faire comme ça nous sommes des experts et vous allez voir ça va porter ses fruits.
a écrit le 06/06/2013 à 10:53 :
Le FMI sont des croque morts, des millions de gens meurs de faim dans le monde, une mascarade, même en Chine avec 1 milliards 300 millions de personnes ils ont tous 1 bol de riz par jour, et certainement pas grâce au FMI...
a écrit le 06/06/2013 à 10:41 :
S'ils avaient tort en 2010, pourquoi auraient t'ils raison en 2013?

Le FMI est décrédibilisé depuis des années. Joseph Stiglitz a bien démontré son rôle néfaste dans la gestion des crises depuis les années 90.

La seule question qui vaille est "comment se fait t'il qu'on donne un tel pouvoir de vie et de mort à des gens qui n'ont aucune légitimité démocratique ou même de compétence ?"

Comment des idéologues technocrates peuvent t'ils en toute impunité imposer des mesures qui réduisent des centaines de milliers de personnes à la misère, la mendicité, la maladie ?
Réponse de le 10/06/2013 à 19:14 :
Mais si c'est démocratique. Il faut se rappeler que le président Sarkozy, a été élu démocratiquement, sans aucune manipulation des votes électroniques dont il a soit disant imposé l'installation en tant que ministre de l?intérieur. C'est lui qui a ratifié le traite de Lisbonne, malgré le référendum français qui disait non.
Mais qu'importe ce que les gens pensent, ils ont voté pour lui et sont de facto en accord avec toutes ses idées.

Banque centrale, banque mondiale, FMI, etc... sont des instruments des marches financiers, et n'ont pas a être démocratiques. Ce sont les gouvernements qui sont fautifs, en légiférant leurs volontés.
a écrit le 06/06/2013 à 10:38 :
Super mais pourquoi ils continuent dans ce cas ?
Ils s'excusent mais préconisent toujours les mêmes idioties pour "sauver" les pays endettés.
Ça sent vraiment le foutage de gueule.
a écrit le 06/06/2013 à 10:17 :
Rappelez nous qui était le directeur du FMI en 2010......
a écrit le 06/06/2013 à 10:17 :
Mais alors, qu'est-ce que les états européens attendent pour taxer à 90% les résultats des Banques et fonds d' investissement ???
a écrit le 06/06/2013 à 10:14 :
Cet aveu bien que toujours appréciable ne résout rien.
1) Peut on croire en l'honnêtete intellectuelle du FMI dans cet aveu? Ou est-ce de la démagogie ? Car enfin tout le monde connaissait les intererets divergents des différents acteurs de la crise.
2) La coopération entre gouvernements et institutionnels a t'elle évolue ? ou somme s nous toujours dans le chacun pour soi ?
Je ne pense pas que l'on aie tirer les leçons de la crise. Les peuples payent, les politiques s'écharpent pour le pouvoir, les financiers s'en sortent sans trop de bobos et les institutionnels "stratosphèrisent". C'est l'immobilisme dans la tempête.
a écrit le 06/06/2013 à 10:09 :
Un crime contre l'Humanité avec récidive , ça devrait valoir perpét' ...
a écrit le 06/06/2013 à 10:01 :
Au fur et à mesure que la macro-économie se veut une science et se "mathématise"( économétrie) en oubliant le bon sens , elle génère des jobs de technos ( dirigeants non élus ) .
Leur fonction ? Ecrire des rapports , soumettre les peuples à la misère - au nom de leur savoir - et écrire de nouveaux rapport pour
expliquer qu'ils se sont trompés . Et , c'est reparti pour un cycle ,
ils se remettent à écrire des rapport .
Réponse de le 06/06/2013 à 10:22 :
Effectivement, vos remarques sont parfaitement justes. Les énarco-technocrates, parfaitement incompétents, sont engagés en priorité... pour pondre des rapports incohérents qui finissent à la poubelle. Nous pouvons donc être rassurés sur l'avenir du monde...!!!???. Ou est passé le bon sens et la mise en avant des personnes compétentes envers lesquelles nous pourrions avoir toute confiance..??
a écrit le 06/06/2013 à 9:58 :
C'est déjà bien de le reconnaitre.

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