Draghi : un discours de "colombe", pour gagner du temps

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Mario Draghi, président de la BCE, se dit prêt à utiliser tous les instruments autorisés par les traités pour combattre la déflation
Mario Draghi, président de la BCE, se dit prêt à utiliser "tous les instruments autorisés par les traités" pour combattre la déflation" (Crédits : reuters.com)
La BCE a maintenu ses taux inchangés, mais son président a tenu un discours très accommodant, répétant avec fermeté sa détermination à utiliser tous les instruments disponibles pour combattre le risque déflationniste.

La BCE a maintenu ce jeudi ses taux inchangés. Le taux de refinancement principal reste donc à 0,25 %, le taux de dépôt étant à 0%. Mais dans les mots, le président de l'institut européen a clairement insisté sur le biais accommodant de sa politique. « Nous avons le mandat d'assurer la stabilité des prix. Dans les deux directions. Et je veux être clair : tous les instruments autorisés par les traités sont éligibles à notre action », a indiqué l'ancien gouverneur de la Banca d'Italia qui a ajouté être prêt à « une action décisive ». Plus que jamais, la BCE est donc « prête à agir si nécessaire. »

Pourquoi agir ?

Mario Draghi n'a pas souhaité entre dans le détail de ces « instruments », mais il s'est néanmoins encore avancé un peu en évoquant deux « contingences » qui pourraient déclencher l'action de la BCE. La première serait une détérioration du marché monétaire à court terme. La seconde serait une détérioration des anticipations d'inflation à moyen terme. « Le choix des instruments sera effectué en fonction de ce qui se passera », a confirmé Mario Draghi.

L'arme au pied

En attendant, la BCE demeure donc l'arme au pied. Même si le président de la BCE a estimé que le chiffre de l'inflation de décembre en zone euro était dû à des « éléments techniques » liés à des changements de calcul en Allemagne, il a beaucoup insisté sur le fait que les 18 pourraient « connaître une longue période d'inflation faible. » Et a, en conséquence, réaffirmé avec « fermeté » son « forward guidance », la certitude que les taux de la BCE demeureront « durablement au niveau actuel ou en deçà. »

Agir par la communication

Cette conférence de janvier aura sans doute permis à Mario Draghi de gagner encore un peu de temps. Sans réellement agir, il a envoyé un message de « colombe » au marché. Histoire de faire réagir le marché monétaire et le marché des changes. En réduisant les taux monétaires et en faisant baisser l'euro par un tel discours, le président de la BCE peut espérer combattre le risque déflationniste à bon compte. D'autant que le discours aux Etats-Unis est plutôt au durcissement.

Mario Draghi peut ainsi espérer que l'accélération de la croissance aidant, les instruments dont il parle dans le courant de l'année deviendront bientôt inutiles. Pour le moment, il semble avoir réussi son pari, l'euro s'est affaibli face au dollar après les déclarations du président de la BCE de 1,363 dollar à 1,355 dollar.

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Commentaires
a écrit le 10/01/2014 à 13:33 :
Draghi, on parle bien du mec sans aucune légitimité démocratique qui se permet de critiquer le modèle social européen alors qu'il a en tant que responsable de Goldman Sachs contribué au maquillage des comptes publics grecs?
Sa place est en prison, pas ailleurs.
Tant que les dirigeant européens n'auront pas compris ça, il ne faudra pas s'étonner de la monter des extrémistes et des quenelles...
a écrit le 10/01/2014 à 11:07 :
Nous allons vers une catastrophe. Toute cette oligarchie qui a mis en place pendant des années, des lois à leur avantage pour libéraliser et s'enrichir en petit comiité, vont nous mener à la troisième guerre mondiale !
a écrit le 10/01/2014 à 0:09 :
Gagner du temps. Tout ce qui leur reste...
a écrit le 09/01/2014 à 22:57 :
Arrêter de critiquer l'Europe !
L'Europe est un succès, arrêtez de répéter des avis préconçus et nullement fondés. Le mot succès peut être nuancé mais ce n'est point un échec. Essayer au moins d'argumenter.
Réponse de le 10/01/2014 à 8:08 :
L'Europe est un succès, voyez la pauvre Suisse qui n'est pas dans l'Europe. Sans l'Euro et sans l'Europe on serait bien plus heureux. On aurait pas à subir aussi l'immigration massive imposée par les articles 67, 69 et 79 du Traité de fonctionnement. Sortons au plus vite de ce désastre pour ne pas disparaitre dans d'atroces souffrances comme c'est déjà le cas. Et pour ceux qui adorent l'Europe et son parlement , demandez à Godefrey Bloom ce qu'il en pense en passant par Google.
Réponse de le 11/01/2014 à 1:47 :
@ Val: eh bien nous sommes impatients de les écouter vos arguments comme quoi l'Europe est un succès. Depuis quand n'êtes vous pas allé en Grèce, en Espagne, au Portugal ou en Italie ? Seriez vous un(e) émissaire de Bruxelles rémunérés pour prêcher la bonne parole ? L'approche des élections et de ses résultats font craindre à ce point les responsables qu'ils envoient leurs fantassins troller en ânonnant Europe Europe Europe, un des mots les plus creux qui soient tant il recouvre une définition propre à chacun.
a écrit le 09/01/2014 à 17:50 :
Je constate que la croissance en zone euro est proche de rien, que le chômage structurel est à un niveau très élevé et que Berlin devient capitale officieuse de la zone. Le 4ème Reich est en gestation. Pourquoi pas? Il faudra apprendre l'Allemand et ça nous mettra à l'abri de l'oligarchie socialo-étatiste française qui nous ruine....
Réponse de le 10/01/2014 à 13:24 :
Certes, mais serions-nous moins ruinés par la nouvelle oligarchie outre-rhénane ?
a écrit le 09/01/2014 à 16:52 :
tiens tiens, et si malgré l'avalanche de critiques la politique européenne était la bonne, et ses adversaires keynésiens de tous bords et europhobes des apprentis sorciers?
Et si il s'avérait plus raisonnable de ne pas trop s'endetter, et de rembourser ses dettes, et si Draghi était un homme habile et efficace qui navigue avec finesse? Et si l'Euro était notre salut dans la crise?
J'attends les aboiements habituels.
Réponse de le 09/01/2014 à 17:25 :
Alors, j’aboie. Il est clair que j'ai déjà trop vécu les contraintes du risque de change pour ignorer qu'une monnaie a tout intérêt à être largement utilisée pour être stable. (hors dollar, bien sûr, car les US le dévalue et le font varier en s'en servant comme d'une arme). Par contre, les quelques connaissances approfondies de gestion que j'ai me permettent de vous affirmer que les différences de structures des pays de la Zone Euro nous perdront forcément. Cruel dilemme, non..??
Réponse de le 09/01/2014 à 17:53 :
L'euro est un échec total sauf pour l'Allemagne. Le problème c'est qu'en sortir serait une opération trop périlleuse donc on y reste contraints et forcés. Aucun des objectifs de l'euro n'a été atteint, on a même l'inverse.
Réponse de le 09/01/2014 à 18:15 :
@ Pierre
Pourriez-vous svp être encore un peu plus péremptoire dans vos commentaires ?
"Aucun des objectifs n'a été atteint". Ah bon ? Il me semble qu'il y a très peu d'inflation (c'est le mandat de la BCE) et qu'on a toujours réussi à acheter de l'essence, même quand le prix du baril s'envolait en 2007-08...
Si échec il y a : c'est celui des banques commerciales et de la crise économique qu'elles ont induites, poussant les Etats à s'endetter plus que de raison.
Réponse de le 09/01/2014 à 18:35 :
Comment font les pays qui n'ont pas l'euro pour acheter de l'essence????? Et si l'inflation est maitrisée le chomage lui ne l'est pas à cause de cette monnaie absurde

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