Chute surprise de l'inflation en zone euro en janvier

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La hausse des prix n'a été en janvier que de 0,7 % sur un an
La hausse des prix n'a été en janvier que de 0,7 % sur un an (Crédits : reuters.com)
La hausse des prix a retrouvé ses bas niveaux d'octobre à 0,7 % en janvier dans la zone euro. De quoi apporter de l'eau au moulin de la politique souple de la BCE.

Malgré la politique accommodante de la BCE, malgré sa rhétorique assouplie, malgré son « forward guidance », la hausse des prix à la consommation dans la zone euro a encore ralenti en janvier à 0,7 %, contre 0,8 % en décembre. On est ainsi revenu au niveau d'octobre dernier et c'est le quatrième mois consécutif d'inflation inférieure à 1 %. Autrement dit, la zone euro est donc bien entrée dans la « période prolongée de faible inflation » promise par Mario Draghi depuis quelques mois. La chute du mois d'octobre, où l'on était passé de 1,1 % à 0,7 % d'inflation annuelle, n'était donc pas un « accident », mais un vrai changement quantitatif.

Hors énergie, le ralentissement est patent

Certes, les prix de l'énergie ont joué un rôle à la baisse et hors alimentation et énergie, le taux d'inflation est de 0,8 % contre 0,7 % en septembre. Mais c'est moins que prévu par les économistes et c'est encore très faible. Surtout, l'inflation dans les services, traditionnellement plus stable, est forte décroissance avec une hausse de 1,1 % seulement en janvier.

Pas d'impact de la hausse de la TVA

Ce chiffre est aussi inquiétant sur le plan géographique. L'inflation allemande a connu un nouvel accès de faiblesse en janvier à 1,2 %, tandis que l'inflation espagnole reste proche de 0 à 0,3 %. Le chiffre de la zone euro laisse présager d'une faible inflation en France, malgré le relèvement du taux de TVA. Autrement dit, les entreprises françaises ont préféré rogner sur leurs marges plutôt que de faire passer le relèvement de la taxe indirecte…

Mauvaise nouvelle

Ce taux d'inflation, inférieur de 20 points de base à celui qui était attendu par les économistes est donc une vraie mauvaise nouvelle pour la zone euro. Il est en cohérence avec le fort ralentissement de la croissance de l'indice de masse monétaire M3 qui n'a progressé en décembre que de 1 % contre 1,5 % en novembre en rythme annuel, quand le marché attendait une progression de 1,7 %.

Réaction des entreprises

L'argent en circulation se stabilise, les prix également. Les marges des entreprises de la zone euro vont donc être mises à rude épreuve. Comment vont-elles réagir ? Dans un contexte de demande toujours aussi faible, tout dépend de l'évolution des coûts et particulièrement des coûts syndicaux. Dans les pays du sud, ces coûts ont beaucoup baissé, mais dans certains pays comme Chypre ou la Grèce, les prix sont aussi en chute libre. Dans les pays du nord, comme l'Allemagne, les coûts salariaux progressent, ce qui risque de peser sur les marges.

La BCE, l'arme au pied

Si les entreprises, pour préserver leurs marges, réduisent leurs investissements ou la masse salariale, la déflation ne sera plus très loin. On n'y est pas encore, mais la BCE, dont le conseil des gouverneurs se réunit jeudi dernier, va observer avec beaucoup d'attention, l'évolution de ces prochains mois sur le front des prix…

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Commentaires
a écrit le 02/02/2014 à 11:53 :
Il serait très interessant de connaitre le taux d inflation sans tenir compte de l´évolution - vers le bas - des prix des carburants, petroles. fuel , et energie en géneral.
La on aurait un tout autre tableau !
a écrit le 02/02/2014 à 8:27 :
Le système de calcul sur l'inflation est mauvais. Il ne tient pas compte des augmentations des transports, d'EDF, de GDF, etc. qui grèvent le budget d'une grande majorité des français
Il faut absolument revoir ce système et en concevoir un nouveau qui prennent réellement en compte tous les éléments importants pour les dépenses des ménages.
Réponse de le 02/02/2014 à 13:16 :
Le prix des transports, de l'électricité, du gaz...sont inclus dans la calcul du taux d'inflation. Je vous conseille de voir la définition et le calcul du taux d'inflation sur le site de l'Insee.
a écrit le 01/02/2014 à 18:45 :
Tous le monde s'y attendais. Elle est ou la surprise ?
a écrit le 01/02/2014 à 17:30 :
faire baisser l'€uros est une solution pour faire remonter l'inflation !
a écrit le 01/02/2014 à 9:57 :
L'Allemagne ne représente que 80 millions d'habitants sur les 336 M de la zone euro, pourquoi les autres 76% devraient subir la politique monétaire dictée par l'Allemagne.
Réponse de le 01/02/2014 à 23:38 :
Peut etre parceque c'est le seul etat dont la politique économique n'a pas mener le pays au bord de la faillite dans les 10dernieres année ?
Peut etre parcequ'ils semblent les seuls capables de redresser quoi-que-ce soit sur ce continent ?
Parcequ'on a plus tendance a avoir cofiance en merkel que hollande ? ...
Réponse de le 02/02/2014 à 11:38 :
Vous devriez en parler aux allemands ou disons plutôt au peuple allemand et plus à ceux qui les gouvernent...
a écrit le 01/02/2014 à 9:53 :
le taux lombard est négatif depuis début 2013. La phase déflationiste est annoncée uniquement 1 an plus tard dans la presse? que quelqu un m explique le sujet ici.
Réponse de le 01/02/2014 à 13:05 :
Nous sommes en phase de faible inflation, pas de déflation. Vous vous basez sur un taux qui n'est pas un taux d'inflation mais un taux bancaire.
a écrit le 31/01/2014 à 23:38 :
Faire tourner la planche à billet, c'est pas bien, ça génère de l'inflation, ça favorise l'endettement privé , ça fait baisser la monnaie et ça dope les exportations.
Qu'est ce qu'on attend pour le faire?
Réponse de le 01/02/2014 à 9:55 :
la planche à billet? c est comme donner de la morphine à un malade grave. Cela ne règle le problème que temporairement et le malade le sera encore plus.
Réponse de le 01/02/2014 à 13:09 :
On ne peut raisonner uniquement qu'avec la "solution" de la planche a billet. La croissance est là, mais elle est mondiale et peu européenne. Si nos entreprises en Europe étaient davantage compétitives (et je ne parle pas ici du coût du travail, car ce n'est qu'un des facteurs de compétitivité) elles pourraient vendre leurs produits et services a l'export.
Réponse de le 02/02/2014 à 12:22 :
pour etre competitive les entreprisses doivent aussi baisse leurs marges avant de pleures qu ils faut baisse les gouts,,,
Réponse de le 02/02/2014 à 13:35 :
Les taux de marge des entreprises sont déjà historiquement bas. C'est plutôt la partage entre profit et salaire qui se fait au détriment des salariės.
a écrit le 31/01/2014 à 21:43 :
Bah baisser les salaires dans nombre de pays Européens et s'attendre a ce que les clients (fonctionnaires et salariés pour la très très grande majorité) consomme plus pour justifier d'une augmentation des prix est complètement crétin. Forcement les prix devrons suivre les salaires , seuls les exportateurs (et exportateurs hors Europe) seront bénéficiaires de la politique économique Européenne actuelle. Merci Merkel. Mais les "entrepreneurs" Français qui n'exportent pas hors Europe vont peut être se rendre compte que cette politique n'est pas bonne pour eux non plus? Mais je n'y crois pas , ils préféreront suivre comme de bons moutons les recommandations de la Première puissance Européenne : l'Allemagne qui ELLE exporte hors Europe.

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