L'attentisme un peu désespéré de la BCE face à une "situation complexe"

Mario Draghi a justifié l'inaction de la BCE par la complexité de la situation, mais semble reculer devant la lutte contre la déflation. L'euro, lui, s'envole, face au dollar.

3 mn

Mario Draghi a justifié l'inaction de la BCE
Mario Draghi a justifié l'inaction de la BCE (Crédits : Reuters)

Dans le doute, la BCE préfère attendre. Dans sa conférence de presse qui a suivi la réunion du conseil des gouverneurs, Mario Draghi a justifié la décision de l'institution de Francfort de ne pas modifier ses taux directeurs par le besoin d'en savoir plus. « Nous avons eu une large discussion au sein du conseil des gouverneurs et nous avons conclu que nous avions besoin d'informations supplémentaires », a indiqué le grand argentier de la zone euro.

Ne rien faire

Ceux qui attendaient des mesures supplémentaires comme une baisse des réserves obligatoires ou la fin de la stérilisation des rachats de titres en ont été pour leurs frais. La BCE n'a pas bougé d'un pouce. Certes, Mario Draghi affirme qu'il « n'est absolument pas calme (not cool at all) face au risque d'une inflation faible sur une période prolongée. » Mais le recul de l'inflation en janvier en zone euro de 0,8 % à 0,7 % n'était pas une base suffisante pour agir à son avis.

Signes positifs ?

Selon le président de la BCE, « la situation est très différente de celle que nous avons connu en novembre » lorsque l'affaiblissement surprise de l'inflation avait conduit la banque centrale a baissé ses taux. D'abord, Mario Draghi a insisté sur le fait que la demande montre des signes de « reprise modeste » quoique « fragile. » Reniant ce qu'il avait affirmé le mois dernier, il a cette fois admis que les stress tests (Asset Quality Review, AQR) avait pu jouer négativement sur la distribution de crédit. « Les banques ont pu vouloir assainir leurs bilans », a indiqué l'Italien qui assure que désormais, cet AQR qui a assaini les bilans pourrait « favoriser le crédit. »

Un Mario Draghi un peu perdu

Bref, il y aurait des signes positifs. Mario Draghi a assuré également vouloir y voir plus clair concernant la situation sur les marchés émergents. « La situation est complexe, c'est pourquoi nous devons attendre », a-t-il conclu. En réalité, c'est une BCE un peu perdue qui s'est présentée aux observateurs. Son président n'a cessé de se montrer perplexe, sans doute à son corps défendant. « Nous voulons y voir clair dans l'incertitude actuelle », a-t-il ainsi déclaré après avoir émis cette phrase d'anthologie : « les choses peuvent être pires, rester comme elles sont ou s'améliorer… »

Les faucons à la manœuvre

Tout se passe en réalité comme si la BCE ne réussissait pas à franchir le pas pour prendre des mesures radicales contre le risque déflationniste. L'arme des taux est presque épuisée, mais la BCE semble ne pouvoir aller plus loin. Dans ces conditions, les « faucons » de la BCE, menés par la Bundesbank ont eu le champ libre et ont imposé l'inaction. Mario Draghi n'a pu que redire ce qu'il dit depuis novembre : la BCE surveille de près la situation et se tient prête à agir sans exclure aucun instrument…

L'euro s'envole

Reste que cette stratégie d'attente n'a guère plu aux marchés qui s'attendaient ce jeudi à un geste. L'euro s'est ainsi apprécié en quelques minutes de 1,345 dollar pour un euro à 1,3615 dollar pour un euro, soit une hausse de 1 %. L'essentiel de la baisse de la semaine dernière a été effacée. Très clairement, la BCE semble mal à l'aise avec le combat contre la déflation. L'économie européenne devra en assumer le prix.

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Commentaires 46
à écrit le 07/02/2014 à 13:45
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C'est la faute de l'euro et il faut en sortir et vite, sinon les pertes d'emplois vont encore se généraliser, ils achètent les usines avec de la planche à billets il faut pas nous prendre pour des imbéciles.

le 07/02/2014 à 14:23
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Vous avez raison , seulement nos petits entrepreneurs ont l air de s en accommoder . S il y en a un qui nous lit , please qu' il nous explique..

à écrit le 07/02/2014 à 11:04
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il et vrais que l euros et trop haut ? Mais en temps de crisse la solution reste une decroisance raisonne???

à écrit le 07/02/2014 à 3:48
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Deflacion ? tenebre destination ! ! !

à écrit le 07/02/2014 à 2:06
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les faux cons de la BCE !

à écrit le 07/02/2014 à 1:27
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En conclusion, ca sert a quoi une armée de gens comme ca qui constate les dégâts, ne comprent pas la question, ne saitt pas quoi faire pour traiter le problème, et se gargarise en circuit fermé ? On commencera a résoudre nos problèmes en foutant tout...

à écrit le 06/02/2014 à 23:37
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On à plus qu'à aller vivre dans des pays HORS ZONE EURO !! C'est DÉSESPÉRANT. IL FAUT QUE L'ALLEMAGNE SORTE DE L'EURO et VITE. Ou la France avant que l'on doive abandonner notre armée a cause de cette CE de merde.

le 07/02/2014 à 3:57
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J ai quitte la France depuis plus de 5 ans maintenant et j en suis enchante. Parce que les pays ne sont pas d accord entre eux l Europe n avance pas. Si l Europe etait un pays elle avancerait. Je vois deux solutions soit retourne aux nations, soit c...

le 07/02/2014 à 6:34
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+1 l Europe est une Utopie ! La realite fini toujours par s imposer et plus on attend plus le prix payer monte !

à écrit le 06/02/2014 à 22:09
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"Mario Draghi affirme qu'il « n'est absolument pas calme (not cool at all) face au risque d'une inflation faible sur une période prolongée. »" : Il n'y a pas de magie, si les salaires n'augmentent pas, les prix ne peuvent pas augmenter. Avec l'ouvert...

à écrit le 06/02/2014 à 20:32
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allez, un petit effort regardez au Japon, une dévaluation, de la relance, et le résultat : dégradation de la balance du commerce (tiens , les keynesiens avaient prévu le contraire) , les salaires s'effondrent (tiens les keynesiens avaient prévu le co...

le 06/02/2014 à 21:35
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en tout cas la zone euro est la région du monde qui a la plus faible croissance derrière les pays que vous citez. Je ne pense pas que l'Europe du sud fasse rêver

le 07/02/2014 à 1:04
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Quand on voit les taux de croissance de la zone euro et l'échec du plan grec, on peut dire merci MERKEL, merci l'Allemagne... Le problème des Allemands, c'est qu'ils sont incapable d'admettre s'être trompé.

le 07/02/2014 à 6:39
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@ R Monti les Allemands ne se sont pas trompes, ils profitent de l Euro.

le 07/02/2014 à 7:49
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et pas un pour denoncer les politiques de tout bord qui pour des conflits d interets avec la finance nous menent `la cata....et ce n est pas les allemands grecs ou etc ...mais une clique sans frontieres....et certains comme en 14 ou 39 accuse une nat...

à écrit le 06/02/2014 à 19:44
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Ou est donc la complexité ? On est accroc à la cavalerie financière qui fait tourner les moulins à liquidités et gonfler les bulles ; s'il faut en même temps se désendetter, y a que la déflation. La Chine et l'Europe de l'Est , cette dernière dans le...

à écrit le 06/02/2014 à 19:30
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LOL! L'euro s'est envolé de ... 0.5% !!! Quel envol!

à écrit le 06/02/2014 à 19:17
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Le malaise est simple ,la "zone mark" a une inflation proche de 2% ,le reste est presque en deflation !difficile de faire le grand ecart !

le 07/02/2014 à 6:45
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@Babu c pas un grand ecart , c le suplice de l Ecartellement pour l Euro ! ( les economistes avaient prevenus les politiques )

le 07/02/2014 à 11:52
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Oui et c'est peut-être comme ça que les déséquilibres pourraient se résorber. Inflation dans la "zone mark" (très modérée) et inflation nulle voire déflation dans la "zone sud"

à écrit le 06/02/2014 à 18:41
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Il faut sortir de l'euro et le plus vite possible avant la catastrophe

le 06/02/2014 à 23:30
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Tout a fait d'accord !

à écrit le 06/02/2014 à 18:38
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excellente nouvelle ! la déflation est la seule solution pour maintenir le pouvoir d' achat en ne relevant pas les salaires . La fonction publique n' a plus besoin d'être augmentée , elle gagne toujours !

le 06/02/2014 à 21:36
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pas du tout en déflation les salaires reculent aussi.

le 06/02/2014 à 22:00
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Il faut distinguer le salaire nominal et le salaire réel. En déflation, le salaire nominal peut éventuellement rester le même ni augmenter ni baisser en valeur absolue. Mais la charge de la dette augmente d'autant que le taux de déflation. Donc pour ...

le 06/02/2014 à 22:01
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effectivement, mais les salaires reculent deja depuis un petit moment (on excluera la fonction publique qui a encore beaucoup gagne en attractivite) !

à écrit le 06/02/2014 à 18:09
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l'euro va continuer à plomber notre compétitivité.

à écrit le 06/02/2014 à 17:51
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il faut a tout prix que l'euro baisse, sinon nous allons devoir baisser nos salaires de 20, 30 % pour pouvoir exporter.

le 07/02/2014 à 7:50
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C'est pas l'objectif de ces messieurs, justement?

à écrit le 06/02/2014 à 17:44
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l'allemagne avec sa politique folle vis à vis de l'euro va nous mener dans une sitation de plus en plus intenable

à écrit le 06/02/2014 à 17:38
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Et certains oseraient croire que les autres BC sont plus à l'aise..?? Allons, soyons réalistes : la guerre économique a franchi un pas de plus et vous verrez que la FED va ouvrir son arrosage de dollars en grand.

à écrit le 06/02/2014 à 17:23
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Il ne nous reste plus qu'a quitter l'euro.... La BCE en fait une monnaie pour l'Allemagne et oublie le reste de l'Europe. Tant pis

le 06/02/2014 à 17:34
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Ou alors on fait les réformes identiques à l'Allemagne, pour pouvoir supporter une monnaie forte.

le 06/02/2014 à 18:01
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la reforme pour supporter l'euro c'est de devenir allemand culturellement. pas faire des réformes, l'euro c'est le mark

le 06/02/2014 à 18:05
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mais quelles réformes ??????????????????????? celle de Hartz ?? les minijobs ,? les grecs, les italiens et les espagnols les font et ils coulent !!!! quelles réformes ????

le 06/02/2014 à 18:24
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Je ne vois pas ce qui vous fait dire que la BCE oublie le reste de l'Europe. Quelle action en particulier irait a l'avantage de l'Allemagne et contre l'intérêt de l'Europe ?

le 07/02/2014 à 7:04
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C'est pourtant évident! L'euro est une monnaie trop forte pour les économies du Sud de l'Europe, France comprise. Tous les économistes s'accordent pour dire qu'un euro plus faible (à 1,20 dollars pour une 1 dollar contre 1,36 actuellement), permettra...

à écrit le 06/02/2014 à 17:19
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l'allemagne a encore fait en sorte que l'euro soit surévalué ce qui détruit l'industrie de pays comme la france. c'est incroyable et tellemtent désespérant

à écrit le 06/02/2014 à 17:13
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Franchement, je me pose des questions. Suis-je le seul à voir les prix monter alors que mon salaire est bloqué ? Qu'on parle de baisse des prix et de déflation me laisse rêveur...

le 06/02/2014 à 17:40
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Hhmm... Il vous manque quelques données en économie. Cela monte moins que prévu. C'est CA, le point important. Tout est relatif, comme d'hab.

le 06/02/2014 à 19:29
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yvan, vous faites de l'humour ?...

à écrit le 06/02/2014 à 17:12
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On ne fait pas de test de résistance d'un avion en plein vol. Alors pourquoi le faire aux banques en pleine crise ? Tout simplement parce que ce leur priorité est la survie du système financier ultra-libéral qu'ils nous ont imposé, au détriment de la...

le 06/02/2014 à 17:39
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Ca fait 40 ans que l'on est plus ou moins en crise. Si il faut attendre la fin, ça risque de ne jamais se faire. De plus ces stress test sont surtout destiner à rassurer. En gros on est dans un vieux coucou qui perd des boulons en plein ciel, mais le...

à écrit le 06/02/2014 à 16:54
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On compte une large majorité dans la population favorable à une politique à l'Allemande... Les baisses de prix sont bonnes pour le pouvoir d'achat! Pour ce qui est des bénéfices, c'est une question de taux à harmoniser. Cependant, il est certain que ...

le 06/02/2014 à 17:15
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Exactement ce qu' il a dit , bien résumé. Et j ajouterais à titre personnel que sans inflation nous ne pourrons pas sortir de cette crise et les admirateurs du nord auront une révolte sur les bras venant du sud, un peu comme en Amérique il y 2 siècl...

le 06/02/2014 à 17:18
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Il faut savoir qu' achois qu'il y a eu d la déflaion, le chomage a explosé c'est justement après la crise de 29 dui nous a amené à une guerre. Il faut aussi savoir que le nord et le sud de l'europe sont des pays qui ne sont ni mieux ni moins bien ma...

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