Des milliers de manifestants en Grèce pour le 1er mai

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La participation a toutefois été moins importante que dans les années qui ont suivi le début de la crise. 'Photo : Reuters)
La participation a toutefois été moins importante que dans les années qui ont suivi le début de la crise. 'Photo : Reuters) (Crédits : Forex)
Plusieurs milliers de manifestants se sont massés dans les rues d'Athènes pour protester contre le chômage et réclamer une Europe sociale.

Des milliers de personnes ont manifesté jeudi à Athènes et à Salonique (nord) à l'appel des syndicats pour marquer "le 1er Mai, journée des travailleurs" et protester contre la poursuite des politiques de rigueur. La police était sur le pied de guerre et le centre-ville était bouclé à la circulation.

Deux cortèges différents

Comme d'habitude, deux différents défilés ont été organisés. Le premier sous la bannière de Pame, le Front des travailleurs proche du parti communiste, a rassemblé près de huit mille manifestants dans le centre-ville, selon la police. Ils ont défilé dans le calme jusqu'à Syntagma, la place symbole des manifestations, en contrebas du Parlement.

"La richesse est produite par les travailleurs eux-mêmes et non pas par les capitalistes", scandaient-ils.

Un second rassemblement des centaines de personnes selon les premières estimations de la police, et organisé par les centrales du privé (GSEE) et du public (Adedy), a commencé vers midi sur une place proche de Syntagma. "Jamais de nouveau un 1er Mai au chômage", était inscrit sur une banderole.

"Prenez les mémorandums (plan de mesures de rigueur) et allez vous en", scandaient des employés des municipalités, dont nombreux sont menacés de licenciement dans le cadre de réduction des dépenses publiques. "Que s'arrêtent les licenciements, les réductions de salaires, nous sommes pour une Europe sociale" criait aussi un manifestant dans un micro.

Des arrêts de travail en fin soirée sont prévus dans les moyens de transport en commun tandis que les liaisons maritimes et ferroviaires étaient perturbées en raison d'une grève de 24 heures observée par les syndicats des marins et des cheminots.

>> Lire "Les dirigeants grecs ont en tête un nouveau 'haircut' pour la Grèce"

Participation réduite

Toutefois, la participation aux manifestations restait réduite par rapport à celle des premières années qui ont suivi le début de la crise en 2010. La paupérisation de nombreux Grecs, frappés par le chômage, ont conduit à la lassitude.

En parallèle, la stabilisation politique et économique ces dernières années et les annonces gouvernementales prévoyant la reprise fin 2014 après une récession grave, ravive l'espoir pour la sortie de la crise.

Selon des chiffres de la police, plus de 20.000 manifestations ont été recensées depuis 2010 en Grèce, première victime de la crise de la dette en Europe qui avait alors menacé de faire éclater la zone euro.

>> Lire Comment Bruxelles a créé l'illusion de l'excédent primaire grec

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Commentaires
a écrit le 02/05/2014 à 15:26 :
Il aura fallu que le Parlement européen arrive à la fin de son mandat pour que soit enfin levé un coin du voile qui a recouvert un des chapitres les moins glorieux de l'histoire de l'Union européenne : comment a agi et a fonctionné la fameuse et fumeuse troïka, cette instance monstrueuse associant la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, qui a imposé, de 2010 à aujourd'hui, l'austérité la plus ravageuse à la Grèce, l'Irlande, au Portugal et à Chypre. C'est l'objet d'un «rapport d'enquête» de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement de Strasbourg rédigé par deux corapporteurs, le conservateur autrichien Othmar Karas et le socialiste français Liêm Hoang-Ngoc. On ne peut pas dire que les institutions se soient empressées de répondre aux questions des parlementaires. Le FMI n'a délégué que son représentant régional, la BCE a argué qu'elle n'est pas responsable de son indépendance pour renvoyer des réponses dilatoires et refusé d'indiquer si des débats avaient agité son institution et, si Jean-Claude Trichet a bien accepté de témoigner sur son action d'ex-président de la banque centrale, Mario Draghi a jugé, lui, que ce n'était pas digne de la haute idée qu'il se fait de lui-même. «Même les fonctionnaires européens ont fait savoir qu'ils n'avaient pas à s'expliquer, que c'était aux responsables politiques de le faire», explique un parlementaire. Ce prérapport, qui est pourtant déjà un compromis entre les libéraux et les sociaux-démocrates (mais des amendements seront débattus en février puis en mars), dresse néanmoins un tableau qui ferait dresser les cheveux sur la tête de n'importe quel citoyen européen un peu attaché au droit. Non seulement le mandat de la troïka «n'est pas clairement défini et manque de transparence», mais, pis encore, «il n'existait aucune base juridique pour [sa] création» dans les traités de l'Union en 2010. La troïka rendait compte de son action à l'Eurogroupe (le conseil des ministres des Finances de la zone euro), instance elle-même informelle, puisque seul le Conseil des ministres de l'Economie et des Finances où sont représentés les 28 pays membres a une existence institutionnelle. Les entorses aux principes sont multiples : la Commission européenne était en plein conflit d'intérêts puisque, réputée être «la gardienne des traités», elle gérait aussi leur transgression. Ainsi la troïka a-t-elle imposé des réformes des systèmes de santé à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal, en violation de l'article 168 du traité de Lisbonne prescrivant que ces questions sont du ressort exclusif des Etats... Un abus de pouvoir manifeste, en somme, a été commis par les plus hautes instances de l'Union ! En ce qui concerne la BCE, le rapport «attire l'attention sur une possibilité de conflit d'intérêts entre le rôle actuel dans la troïka en tant que "conseiller technique" et son statut de créancier vis-à-vis de quatre Etats membres». Sans compter les soupçons de manipulation politique. Lors des entretiens avec les rapporteurs, l'ex-Premier ministre socialiste portugais José Socrates a confié qu'il soupçonnait fortement José Manuel Barroso, président de la Commission de Bruxelles, d'avoir favorisé l'arrivée au pouvoir de son parti de droite, le PSD, à l'occasion de la renégociation du programme d'ajustement.
A la confusion des genres s'ajoutent aussi les comportements d'autruche. Jean-Claude Juncker (ancien Premier ministre du Luxembourg) a reconnu devant les députés européens que l'Eurogroupe qu'il présidait «avait soutenu les recommandations de la troïka sans en examiner les implications politiques spécifiques»... Le même Eurogroupe a aussi, en 2013, imaginé de spolier les petits épargnants des banques chypriotes en faillite pour ne pas faire fuir les gros déposants russes, à la demande du président (communiste) de Chypre, Dimitris Christofias... Dans ce capharnaüm où se dissolvent les responsabilités politiques, les différents acteurs tirent la politique économique à hue et à dia. La BCE refuse de faire contribuer les senior bond holders, les banques et les fonds qui avaient souscrit aux juteuses émissions d'obligations des banques irlandaises en faillite. C'est donc sur l'insistance de Jean-Claude Trichet, terrorisé à l'idée d'une déstabilisation du système bancaire, que le budget irlandais prendra entièrement à sa charge les pertes des banques privées, provoquant un déficit public de plus de 9 % du PIB. C'est aussi sur l'injonction du très dogmatique commissaire Olli Rehn que la Grèce est contrainte à un exercice de réduction accélérée de son déficit public, alors que le FMI militait pour privilégier une politique de réduction des coûts salariaux, une «dévaluation interne». Bruxelles n'a jamais voulu accepter les arguments, pourtant étayés, de Washington, selon lesquels la cure budgétaire accélérait la crise plutôt qu'elle n'aidait à la résoudre. Du coup, la population grecque a dû subir une déflation des salaires (- 22 % pour le salaire minimum) et budgétaire, et enfin une restructuration de la dette, avec pour corollaire trois années consécutives d'une terrible récession. Le bilan de la troïka est donc loin d'être globalement positif : l'endettement des pays n'a pas baissé, il a au contraire explosé dans les quatre pays sous contrôle. L'Irlande va, certes, sortir de sa situation d'assistée de l'Europe. Mais elle a dorénavant une dette de 120 % du PIB alors que, avant la crise, elle n'était que de 30 %. La Grèce traîne un endettement de plus de 170 % de son PIB, alors qu'elle a bénéficié en 2012 d'un effacement de la moitié de ses créances bancaires. Athènes sollicite une nouvelle opération cette année. Le chômage de masse a explosé (25 % en Grèce, 6 % au Portugal, 15 % en Irlande...).
Réponse de le 02/05/2014 à 23:09 :
Pauvres Grecs, je ne reconnais plus mes compatriotes ni Athènes qui ressemble aujourd'hui à une ville du tiers-monde. Il faudra bien qu'un jour tout ce joli monde rende des comptes !
a écrit le 02/05/2014 à 12:07 :
Solidarite avec le peuple de grece et PLUS une voix pour L'UMPSCENTRE qui nous mene a la catastrophe car avec l'euro la crise est devant nous .
Réponse de le 02/05/2014 à 14:13 :
oui, car ouvrez vos oreilles; certains disent " la crise , on en est à peine au début !"...déprimant !
a écrit le 02/05/2014 à 7:14 :
Malheureusement ils vont leur en donner de l'europe sociale en les saignants encore et toujours.
Cette bande de minables qu'ils ont pour gouvernement devrait quitter cette europe avant qu'il ne soit trop tard.
Qant a nous il faudra les imiter. (Nos dirigeants sont des bornés)
Réponse de le 02/05/2014 à 9:09 :
d'ici (et ce n'est pas tellement loin ! ), que ça ne nous arrive pas à nous! certains tiendront alors un autre langage! (ceux par exemple qui disent que leur situation dramatique actuelle, ils l'ont bien cherché! seulement, on parle du petit peuple, et pas des oligarches qui les ont mis dans ce marasme ! )
a écrit le 01/05/2014 à 23:40 :
Ils ont quand même du culot. Réclamer une "Europe sociale". On leur a donné combien déja pour les aider à sortir d'une situation dont ils sont les seuls responsables? Combien vous-dites?
Réponse de le 02/05/2014 à 9:08 :
On ne leur a rien donné du tout. Les "aides " accordées à la Grèce sont sont des prêts avec intérêts. Donc logiquement, la dette de la Grèce rapporte de l'argent aux prêteurs et pas l'inverse !
Réponse de le 02/05/2014 à 9:12 :
parce que vous croyez que ce sont les Grecs qui se mettent l'argent alloué dans la poche?? vous êtes bien naïf ! et qui c'est qui a déclaré car visant l'Europe étant dans les normes, le PEUPLE ou ses DIRIGEANTS?? réfléchissez un peu, c'est toujours les petits qui trinquent! c'est ainsi depuis la nuit des tempos et ce n'est pas prêt de changer, hélas !!!
Réponse de le 02/05/2014 à 11:29 :
Les fameuses "aides" sont destinés a renflouer les banques grecs.

Pas les hôpitaux grecs...
Réponse de le 02/05/2014 à 14:16 :
ouais! tu parles ! ils sont des milliers à ne plus pouvoir se soigner, ni bouffer d'ailleurs, ni se loger, la HONTE !
a écrit le 01/05/2014 à 16:26 :
Ils sont "pour une Europe sociale". Ils peuvent toujours attendre ! S'ils veulent du social, ils n'ont qu'une seule solution : sortir légalement de l'UE par l'article 50 du TUE. Un parti grec le propose, ils n'ont qu'à voter pour lui.
Réponse de le 01/05/2014 à 20:10 :
l'europe sociale est une utopie socialiste , car le parlement de bruxelles est depuis des lustres sous dominante de droite et des partis de droite libéraux ( anglais , hollande , autriche et allemagne ) qui eux préfèrent les privatisations et les dévaluations internes au détriment du reste , tous les gouvernements depuis la crise de 2008 ont étés eliminés , sauf bruxelles , les élections du 25 mai ne fait pas trop peur aux libéraux meme avec la montée des populistes , la gauche européenne elle se reve être majoritaire .. elle l'a étée qu'a de rares occasions de là que les grecs voient leurs utopies se réaliser ils peuvent encore rêver ..
a écrit le 01/05/2014 à 14:57 :
Je croyais que ça allait mieux en Grèce selon les pseudo experts que nous voyons à la télé.
Le chomage n'est que de 70 % chez les jeunes.
a écrit le 01/05/2014 à 13:14 :
ce que la troïka et les bankters leur font vivre est carrément dégueulasse !! ils faudra qu'ils rendent , un de ces jours des comptes!
Réponse de le 01/05/2014 à 23:44 :
c'est l'histoire du mec qui, par négligeance, tombe à l'eau sans savoir nager et se plaint après auprès de son sauveteur de l'avoir sauvé. C'est bien ca, Lucien, non?
Réponse de le 02/05/2014 à 9:14 :
pauvre "tard dans la nuit"! je pense que vous y êtes dans la nuit, mais vraiment NOIRE!!
Réponse de le 02/05/2014 à 9:18 :
Et il se plaint de devoir se dépouiller pour remercier ses "bienfaiteurs " ? Quelle ingratitude !
Réponse de le 02/05/2014 à 9:18 :
+100000

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