Christian Noyer a refusé le programme de rachat d'actifs de la BCE

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Christian Noyer n'a pas approuver le programme de rachat d'actifs de la BCE
Christian Noyer n'a pas approuver le programme de rachat d'actifs de la BCE (Crédits : reuters.com)
Le gouverneur de la Banque de France a refusé la centralisation des opérations par la BCE. Mais il s'est de fait aligné avec la Bundesbank pour affaiblir Mario Draghi.

Selon Bloomberg, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer s'est opposé au programme lancé par Mario Draghi de rachats de produits structurés par la BCE. Le Français a ainsi voté au sein du Conseil des gouverneurs avec ses homologues allemands et autrichiens.

Refus de la France de se laisser « désarmer »

Certes, toujours selon l'agence de presse étatsunienne, Christian Noyer a refusé d'approuver ce « QE » (assouplissement quantitatif) à l'européenne, non parce qu'il craignait l'impact de cette création monétaire sur l'économie, mais pour des raisons « administratives. » A la différence de ce qui se faisait jusqu'ici, la BCE a en effet cette fois décidé de centraliser les opérations et de ne pas passer par les services des banques centrales nationales.

Pourquoi la BCE veut agir seule

Christian Noyer a, apparemment fort mal pris cette décision qui, il est vrai, ôte aux banques centrales nationales un levier de commande. Mais l'opération se comprend si l'on songe que la BCE est en permanence sous la menace de la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe. Dans sa dernière décision, ce tribunal a prévenu qu'il pouvait interdire à la Bundesbank de participer au programme OMT. Logiquement, la BCE en tire les conséquences et centralise les nouvelles opérations afin de désarmer Karlsruhe et la Bundesbank.

Alignement sur l'Allemagne ?

Christian Noyer a donc sans doute voulu défendre les prérogatives des banques centrales nationales en marquant son opposition de principe à moindre coût puisqu'il savait que ce vote était sans conséquence sur le résultat final. Sauf que les choses ne sont pas si simples. En s'opposant au rachat d'ABS, le gouverneur de la Banque de France a affaibli encore un peu plus Mario Draghi. En rejoignant les rangs de l'opposition « germanique », Christian Noyer a renforcé cette dernière.

Effets négatifs

Que cette conséquence soit pesée ou non, elle est très dommageable pour un Mario Draghi qui, parallèlement, essaie depuis la fin août, d'arracher de l'action de la part des gouvernements nationaux et qui doit faire face à une hostilité croissante de l'opinion et des juges allemands. Comment porter une stratégie lorsque ses deux premiers « actionnaires », les banques centrales française et allemande s'y opposent ? Par ailleurs, en refusant la centralisation, Christian Noyer accepte de maintenir la BCE sous la menace de Karlsruhe. Il accepte donc, à terme, la menace qui pèse sur l'existence même de l'euro.

Maladresse ponctuelle ?

Au final, l'image qui demeurera de cette décision « administrative » de Christian Noyer sera une maladresse. Reste désormais à savoir si cette décision est un « coup de colère » ou s'il s'agit du signe d'un alignement sur la Bundesbank.

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Commentaires
a écrit le 04/10/2014 à 8:16 :
Noyer a ete dope depuis quelques temps...il se rebelle
a écrit le 03/10/2014 à 22:01 :
Noyer refuse ? Mazette !
a écrit le 03/10/2014 à 19:38 :
Vivement qu'on en finisse avec l'euro.
a écrit le 03/10/2014 à 18:10 :
Une telle décision ne relève pas d'un caprice . Mr Noyer est en service commandé et les décisions qu'il affiche sont débattues au sommet ... On a peut être besoin de Mme Merkel ?
a écrit le 03/10/2014 à 16:52 :
Parce qu’au point ou nous en sommes, et on ne peut pas dire qu’il se soit particulièrement activé pour qu’il en soit autrement, il ne reste plus d’autres solutions que celles de ce type.
a écrit le 03/10/2014 à 16:35 :
Quelqu'un pourrait il m'expliquer?
Je pensais que la France était favorable aux assouplissements quantitatifs qui permettrait par mécanique des taux redonner une certaine compétitivité prix à la France et à l'Italie entre autre, chose que la Bundesbank a toujours refusé.
Aurait il changé de bord par pur carriérisme?
Merci par avance pour vos éclaircissement.
a écrit le 03/10/2014 à 16:06 :
Le gouverneur ne semble pas avoir une vue européenne ou française de la situation mais une vue d'égo. Je pense que ce monsieur s'allie indirectement avec les allemands pour son avenir avant tout. Et oui il est français seul compte le côté de son avenir pas celui de la France et de l'Europe
a écrit le 03/10/2014 à 15:19 :
Bonne décision mais pas pour la bonne raison . La main mise de la BCE sur toutes les commandes financières et monétaires , est une prison , dans laquelle les états européens vont s engluer de plus en plus , avec comme objectif final n être plus rien ! .
a écrit le 03/10/2014 à 15:08 :
Hé Christian, tu veux noyer l'Europe ???

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