Le plan de rachat d'actifs lancé par la BCE irrite la Bundesbank

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Les risques de crédit pris par les banques privées vont être transférés à la banque centrale et donc au contribuable sans qu'ils n'aient rien en retour, déplore le banquier central allemand Jens Weidmann.
"Les risques de crédit pris par les banques privées vont être transférés à la banque centrale et donc au contribuable sans qu'ils n'aient rien en retour", déplore le banquier central allemand Jens Weidmann. (Crédits : AFP)
Jens Weidmann, le président de la Buba, a notamment mentionné le risque d'acheter des "prêts titrisés de basse qualité" à des prix élevés. Des membres de la CDU et de la CSU ont également tancé l'action de l'institution européenne.

Le rachat de des prêt titrisés pour relancer le crédit dans la zone euro. Voilà une décision de la BCE qui ne passe vraiment pas en Allemagne, notamment auprès de la Bundesbank et de certains alliés conservateurs de la chancelière Angela Merkel.

Jeudi 2 octobre, au terme de sa réunion monétaire d'octobre, la BCE a annoncé son intention de racheter des prêts adossés à des actifs (asset-backed securities, ou ABS) dès ce dernier trimestre 2014, y compris en provenance de la Grèce et de Chypre, les deux pays de la zone euro dont la dette souveraine est notée en catégorie spéculative ("junk").

"Prêts titrisés de basse qualité"

Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, a sonné la charge dimanche 5 octobre contre le risque d'acheter des "prêts titrisés de basse qualité" à des prix élevés dans le cadre de ce plan.

Les banques créent les titres adossés à des actifs (dits ABS) en mélangeant des prêts de diverses origines - prêts immobiliers et d'entreprises, crédits automobiles ou à la consommation - et en revendant ces produits à des assureurs, fonds de pension et, donc, à la BCE désormais.

"Les risques de crédit pris par les banques privées vont être transférés à la banque centrale et donc au contribuable sans qu'ils n'aient rien en retour", déplore le banquier central allemand (membre du conseil des gouverneurs de la BCE) dans les colonnes du magazine Focus.

Politique d'affaiblissement de la monnaie

Le patron de la Buba met aussi en garde contre la dépréciation de l'euro :

"Une politique qui cherche à affaiblir délibérément la monnaie peut aussi provoquer des contre-réactions. Au bout du compte, il n'y a que des perdants avec une dévaluation compétitive."

Si la BCE dit ne pas avoir d'objectif en la matière, l'euro est tiré à la baisse par la divergence des politiques monétaires des deux côtés de l'Atlantique, la BCE devant maintenir une politique accommodante quand la Réserve fédérale normalise la sienne.

Le parti de Merkel et la CSU très critiques également

Hans Michelbach, l'un des responsables de la CSU, l'aile bavaroise de la CDU de la chancelière, a accusé Mario Draghi d'être en train de transformer la BCE en une "banque pourrie" ("junk bank") avec ces rachats de dette spéculative.

La BCE est désormais disposée à acheter le genre de "dette opaque" qui est en grande partie à l'origine de la crise financière mondiale de 2007/2008, a-t-il dit à Reuters samedi 5 octobre.

Norbert Barthle, expert budgétaire de l'Union chrétienne démocrate (CDU craint qu'on fasse appel au contribuable allemand pour payer les pots cassés. "Redistribuer les risques de cette façon ne fait pas partie des missions de la banque centrale", déclare-t-il au magazine Focus.

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Commentaires
a écrit le 08/10/2014 à 13:35 :
L’intérêt n'a aucun fondamental elle engraisse celui qui a déjà beaucoup (trop) et appauvris celui qui n'as rien (enfin si le remboursement de la dette) ! l'argent est au service de tous les hommes et pas seulement l’avidité de quelques puissants !Aujourd'hui le système est voté par des gens avec casseroles aux fesses arrosées par les mêmes qui possède tous "les banques" !
Il va y avoir révolution quand elle commencera il sera trop tard pour les dirigeants ! Car même le corps de l'armée qui de devoir doit prendre la sécurité du peuple en charge en fait partie !
a écrit le 06/10/2014 à 9:29 :
Le directeur de la Banque de France n est pas d accord non plus sur ces rachats de papiers empoisonés.
a écrit le 05/10/2014 à 22:29 :
« Les risques de crédit pris par les banques privées vont être transférés à la banque centrale et donc au contribuable sans qu'ils n'aient rien en retour", déplore le banquier central allemand (membre du conseil des gouverneurs de la BCE) dans les colonnes du magazine Focus. ». Ce qui signifie que si en raison des risques de crédits pris, la BCE par malchance finissait par se trouver en pertes, en fonds propres négatifs, elle devrait, dans ce cas, être recapitalisée en application des traités européens, par les États membres de la zone euro, c’est-à-dire par les contribuables européens. Il y a quelques spécialistes qui nous disent que dans ce cas elle se recapitaliserait elle-même par création monétaire (voir « Pourquoi la BCE ne peut pas faire faillite » par Stanislas Jourdan). Apparemment ce n’est pas l’avis de Jens Weidmann.
a écrit le 05/10/2014 à 19:47 :
La fuite en avant du lobby financier continue ..... ils font tourner la planche à billets à fonds pour sauver leurs produits financiers pourris .... pensez vous que les QE (planche à billet) iront jusqu'au ciel ? Cela finit toujours mal et plus on attend plus ce sera grave. L'UE a déjà autoriser les banques à se servir sur les dépôts des particuliers (comme à Chypre) en cas de faillite ... et faillite il y aura .....les ventes de coffres forts explosent . Ecoutez Delamarche sur BFM ou youtube (40 000 vues semaine..) et un seul chiffre pour votre gouverne:49 millions d'Américains vivent avec des "food stamps"4,5 dollar par jour ... soit 20% de la population à comparer avec les chiffres de 6% de chômeurs ..... vérifiez ces chiffres sont publics
a écrit le 05/10/2014 à 18:55 :
les allemands n'ont pas envie que la bce rachete des titres pour que la france explique que l'europe n'a qu'a changer ses regles pour qu'elle puisse offrir ' la retraite a 30 ans pour tous payee par personne via eurobonds' en se faisant racheter ses oat
Réponse de le 05/10/2014 à 20:46 :
la retraite à 30 ans ? non à 10 ans et demi.
Réponse de le 06/10/2014 à 8:19 :
Le plaisir des autres est insupportable aux puritains !
a écrit le 05/10/2014 à 18:33 :
Franchement je suis très critique envers la politique économique de l'Allemagne, mais ils ont raison sur ce coup.

Mais La BCE doit bien racheter tous les crédits immobiliers pourris des banques Espagnoles et Italiennes qui ne peuvent passer les stress test de la fin d'année!

C'est donc effectivement un énorme cadeau fait aux banques, la BCE prend les pertes des banques.
Réponse de le 06/10/2014 à 13:43 :
la BCE prend les pertes des banques. ..... et les repassera un beau jour aux braves contribuables Europeens , donc aux braves fournies qui fait leur provisions pour l hiver .... Chypre vous fait coucou !!!
a écrit le 05/10/2014 à 18:27 :
Et lorsque les pays de l union on effacé la dette de l allemagne debut 90 pour evité l'asphixie de celle-ci car elle avait décidé de se réunifié alors quelle n en avait pas les moyens c est marrant ils n étaient pas contre.
Réponse de le 05/10/2014 à 18:56 :
l'allemagne 'rfa' a absorbe un pays ' rda' de sa taille, avec un developpement digne du moyen age apres 50 ans de gouvernance ' gauche plurielle'... faut comparer ce qui est comparable, on serait cureiux de voir l'etat de la france qui absorberait l'espagne, ou meme juste la roumanie
Réponse de le 05/10/2014 à 20:00 :
Toujours aussi peu pertinent comme commentaire: on a bien compris que l'Allemagne a été touchée par le doigt de Dieu et a raison envers et contre tous.
Plus sérieusement, "faut comparer ce qui est comparable": effectivement. Or d'un côté, nous avons un pays qui s'est retrouvé en difficulté pour créer une réelle fédération et qui a été soutenu par des pays en dehors de cette réunification (même si ils avaient des intérêts à cette réunification); et d'un autre côté, nous avons un ensemble de pays impliqués dans une "union" et rencontrant des difficultés pour créer cette union mais ici, certains membres de cette union putative n'ont pas du tout envie de la soutenir. En clair, on peut clairement comparer la situation de l'Allemagne dans les années 90 et ce qui se passe aujourd'hui: il y a 20 ans, j'ai indirectement payé pour que l'Allemagne ne soit pas au bord du gouffre; et ces mêmes allemands se désolidarisent de l'UE dès que ça tourne mal??? Pathétique et honteux. L'histoire économique analysera cette période comme une vraie défaillance de l'Allemagne qui se replie dans une attitude autistique stérile (dont elle paiera les pots cassés dans quelque temps).
Réponse de le 05/10/2014 à 21:27 :
il faut arrêtez d'acheter des produits allemands.
Réponse de le 05/10/2014 à 21:38 :
Aucune dette allemande n'a été effacée pendant les années 90, c'est absolument insensé! Au contraire, jamais un pays a du faire face à des coûts aussi faramineux que ceux de la réunification qui sont estimés à 1,30 jusqu'à 2,00 billions d'euros en 2014; ce qui représente un coût de 100 milliards d'euros par an, année par année depuis 1990. La situation en France et sa gestion calamiteuse des ses budgets est un sujet qui bien plus fascinant d'ailleurs que cette réunification qui s'est finalement déroulé sans que le pays sombre sous le poids de ces coûts absolument colossaux!
Réponse de le 05/10/2014 à 21:48 :
tout faux @chcurchill l'allemagne a toujours été le pkus gros contributeurs au budget de l'UE; En gros l'ex RDA a beneficé d'aide de l'UE mais payé en grande partie par les allemands eux meme.
Réponse de le 06/10/2014 à 6:31 :
@réunification et gt:
1) je n'ai jamais dit que la dette avait été effacée (il faut savoir lire)
2) j'ai parlé de soutien; or la réunification a eu de réelles conséquences néfastes pour le reste de l'UE, conséquences qui ont été acceptées. Notamment la stabilisation des taux de changes entre l'Allemagne et le reste de ce qui sera l'union monétaire. Ainsi les taux d'intérêt à court terme sont montès à 11,2% en 1992 dans l'ex-Europe à 15 bien que l'inflation n'y était que de 4,7 %. Sous la pression de la politique imposée unilatéralement par la Buba, les taux d'intérêt réels, c'est-à-dire une fois l'inflation déduite, ont atteint partout en Europe des sommets historiques sans précédent.
Ainsi une partie de l'Europe a bien payé les pots cassés de la réunification via des mécanismes monétaires de solidarité. Et c'est exactement ce qui est demandé à l'Allemagne de faire aujourd'hui. Là encore, il n'est pas question d'effacer la dette d'un pays mais bien de soutenir les pays concernés par le biais de mécanismes spécifiques permettant une stabilisation et une solidarité économique au sein de l'UE.
Donc désolé pour vous, mais l'Allemagne révèle juste sa vision très germano-allemande de l'UE et a la mémoire courte. Comme le dit très bien, l'allemand W. Munchau (du Financial Time), "l'Allemagne ne se considère plus comme un membre de l'Union européenne mais comme une puissance autonome" Et tout le problème est bien là.
a écrit le 05/10/2014 à 17:57 :
l Allemagne es un pays comme un autre; il y a 18 pays dans la zone euro. Elle n'a pas à commander les 17 autres pays.
a écrit le 05/10/2014 à 17:40 :
Les Allemands défendent l'Allemagne avec succès et les Français récoltent la défaite. Le système français ne peut survivre qu'avec la planche à billets car c'est une escroquerie sociale. La gauche monopolise l'argent public à son profit. Ce système est foutu et la gauche avec.
a écrit le 05/10/2014 à 17:22 :
Seront ceux qui ont tirés l'Europe vers la déflation. L'Allemagne veut donner des leçons en imposant au reste ce qu'elle croit juste. Résultats : déflationet ccroissance nulle en Europe quand la croissance est à 3 % dans le monde.

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