Tsipras : l'onde de choc dans la presse internationale

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Syriza, dirigé par Alexis Tsipras, a remporté 36,34% des voix après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins.
Syriza, dirigé par Alexis Tsipras, a remporté 36,34% des voix après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins. (Crédits : REUTERS/Alexandros Stamatiou/PHASMA)
Au lendemain des élections nationales en Grèce, la presse étrangère s'interroge sur les moyens d'action d'Alexis Tsipras et sur les possibles conséquences de cette victoire sur l'ensemble de la zone euro.

La victoire du parti de gauche radicale Syriza, qui a obtenu 149 sièges au parlement grec, fait largement la Une de la presse internationale au lendemain des élections nationales grecques. Au menu, de nombreux scénarios sur la reprise de la dette du pays, qui atteint 175% du PIB, et l'avenir de l'Union européenne.

     | Analyse : Les six travaux d'Alexis Tsipras

Une dette omniprésente

"Prisonnier de la dette"C'est sur ces mots que l'hebdomadaire allemand Die Zeit titre son analyse de la victoire de Syriza. Si Alexis Tsipras, son leader, est plein d'ambition pour son pays, "il devra d'abord discuter avec le FMI et les hedge funds", prévient le journal. "La dette de l'État grec laisse en effet peu de place aux grands programmes" de ce futur Premier ministre, selon Die Zeit. Et l'hebdomadaire de rappeler que la négociation de nouveaux crédits signifierait, pour la première fois, une perte d'argent pour l'Allemagne.

"Un compromis est possible"

Le quotidien italien Il Sole 24 Ore reconnaît que les négociations entre Tsipras et Merkel seront "très dures". Il n'en estime pas moins qu' "un compromis est possible". La sortie de la Grèce de la zone euro est en effet "un scénario que personne ne souhaite: ni les Grecs, ni Tsipras, ni la Commission européenne ni probablement l'Allemagne elle-même", analyse le journal économique.

Malgré une opinion allemande peu favorable à une remise de la dette, Angela Merkel ne voudra pas pour autant assumer la responsabilité d'une désagrégation de la zone euro et d'une aggravation de la situation grecque, souligne Il Sole 24 Ore. De même, Alexis Tsipras est conscient qu'une "rupture avec les créanciers pourrait faire tomber le pays dans le chaos", alors qu'il commence lentement à se remettre, écrit le titre italien.

Tsipras, meilleur leader possible ?

Optimiste, Die Welt cherche à expliquer "pourquoi Tsipras pourrait bien être le meilleur [candidat]" pour remettre la Grèce sur la bonne voie. "Bien sûr, certaines de ses propositions, dont l'assouplissement du programme d'économies et l'allègement de la dette, sont dangereuses. [...] Mais Alexis Tsipras ne passe pas pour la marionnette des créanciers internationaux." En somme, "ce dont il est question, avec ces élections, c'est de psychologie", estime le quotidien allemand.

Pour le Financial Times, il est surtout question de savoir si Tsipras sera un Lula ou un Chavez, notant que "le leader de Syriza a mené une campagne de radical de gauche, mais [qu'] il pourrait gouverner comme un pragmatique".

Le débat européen sur l'austérité "perturbé"

Outre-Atlantique, cette victoire est surtout celle d'un parti qui "perturbe" le débat européen sur l'austérité, selon le Wall Street Journal"La frontière entre politique monétaire expansive et réduction du rôle de l'État au profit des marchés devient encore un peu plus problématique et le moyen de sortir du débat encore moins clair", estime le quotidien américain.

Tout comme le Times britannique, le Wall Street Journal  voit dans l'arrivée au pouvoir de Syria, la première victoire d'un mouvement populiste qui selon lui doit bientôt gagner l'Espagne, la France et l'Italie.

"Réfléchir sur les politiques anti-crise"

En Espagne, où le parti politique Podemos, issu du mouvement des indignados, était crédité 27,7% des droits de vote en novembre, El Pais écrit : "Avec la victoire de la gauche radicale s'ouvre un nouveau genre de partis qui va forcer l'Europe à réfléchir sur les politiques anti-crise".

Le quotidien espagnol pointe du doigt la croissance économique, qui devrait d'avantage poser problème que la dette.

    | À lire aussi : Espagne : la croissance du PIB pourrait atteindre 2,5%

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Commentaires
a écrit le 27/01/2015 à 11:31 :
Depuis un tiers de siècle au bas mot, les Français sont conviés à prendre leur mal en patience devant les conséquences de plus en plus calamiteuses de la prétendue « construction européenne ».

Comment cela est-il rendu possible ? Par le fait que tous les partis politiques français – sauf l’UPR – ont recours à la même technique manipulatoire, fondée sur la même formule de rhétorique.

À savoir que TOUS les partis, sauf l’UPR, affirment :

- que l’Europe telle qu’elle existe – Communauté Économique Européenne (CEE) de 1957 à 1992, Union européenne (UE) depuis 1992 – fonctionne en effet de plus en plus mal et que ses résultats sont de plus en plus calamiteux ,

- mais que tout cela va se résoudre en « changeant d’Europe », ce qui permettra de déboucher sur le paradis tant attendu : une « Autre Europe ».

Le fonctionnement central de cette manipulation est de faire croire aux Français que l’Europe se résumerait en gros à la France, et que les choix concernant la prétendue « construction européenne » ne dépendraient en définitive que des Français.

De l’extrême droite à l’extrême gauche, en passant par tout le spectre politique des souverainistes, de l’UMP, du MODEM, de EELV, du PS, du MRC, et du FDG, aucun parti politique – à part l’UPR – ne parle jamais du fait, pourtant tout bête, que la France n’est plus qu’un pays sur 27 (3,7%) et que ce que peuvent vouloir les Français n’a plus guère d’importance dans cette Tour de Babel ingérable.

Cette manipulation date depuis au moins 1979, comme nous le révèle l’affiche conçue à l’époque par le dessinateur Folon, dont le slogan principal « L’Europe, c’est l’espoir » était assorti d’un deuxième slogan : « Choisissez votre Europe ! »
a écrit le 26/01/2015 à 21:56 :
Quelle belle Europe que la nôtre!!!!! A part ses technocrates qui en vivent grassement, personne n'en veut telle qu'elle est mais on continue quand même.... et un jour nous serons tous dans le mur!!!!!
a écrit le 26/01/2015 à 19:04 :
Je ne vois rien d’exceptionnels. Regardons plus proche de nous, notre cher pays qui s'enfonce toujours plus et dans lequel les partie de gauche et droite traditionnelles perdent à chaque élection plus d'électeurs... Et le FN qui monte toujours plus... L'Europe, avant de reprocher à la Grèce cette élection, devrait peut être se remettre en question car aucun citoyens européen ne veux de cette Europe des riche au détriment de tous les autres...
a écrit le 26/01/2015 à 18:48 :
Dans 6 mois la triade Obama, Merkel et Cameron aura liquidé l'experience en destabilisant la Grece; ce n'est pas grave, la Gréce trace l'avenir même s'il faut être patient, c'est une fissure supplémentaie dans l'europe; a terme c'est une chance pour reconstruire une nouvelle Europe
a écrit le 26/01/2015 à 18:24 :
Voilà une "construction européenne" qui s'effectue avec de l'opposition constructive, chose que "nos" technocrates voulaient éviter jusque là! Seront ils dogmatiques ou pragmatiques?

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