Alexis Tsipras se retrouve au pied du "mur de l'argent"

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Mario Draghi a ouvert un duel à distance avec Alexis Tsipras
Mario Draghi a ouvert un duel à distance avec Alexis Tsipras (Crédits : Reuters)
L'ultimatum de la Banque centrale européenne (BCE) remet la pression sur le gouvernement grec et consacre son rôle politique dans la crise grecque. Mais le jeu est très serré et très risqué, pour tous.

Le 21 juillet 1926 au matin, le président du Conseil français Edouard Herriot, qui vient de former un gouvernement, reçoit une lettre d'Emile Moreau, gouverneur de la Banque de France qui est alors une institution privée et indépendante. Cette lettre enjoint au président du conseil de réclamer un vote explicite du parlement pour augmenter le plafond des avances accordées par la Banque au gouvernement. Faute de quoi, la Banque cessera immédiatement ses paiements pour le compte du Trésor. La France sera alors immédiatement en faillite.

Aussitôt connue, cette lettre provoque un vent de panique chez les épargnants qui, craignant un impôt forcé sur les dépôts, se ruent aux guichets. Le franc s'effondre, il faut 235 francs pour une livre sterling (contre 25 avant la guerre et 179 un mois avant). Tous savent combien la majorité du gouvernement est fragile. En fin de journée, Edouard Herriot se présente devant la Chambre et est renversé par 290 voix contre 237. Pour sortir de l'Assemblée, il doit attendre que la police disperse la foule hostile qui entoure le Palais Bourbon. Le Cartel des gauches, élu deux ans plus tôt, a péri définitivement sous les coups d'une simple lettre d'un gouverneur de la Banque de France. Quelques jours plus tard, Raymond Poincaré, l'idole des marchés, battu en 1924, revient aux affaires.

Un souvenir de 1926...

On ignore si Mario Draghi connaît cet épisode de l'histoire de France qui a donné naissance à une expression, le "mur de l'argent". Mais les similitudes avec la situation de ce mois de février 2015 sont frappantes. Le « Cartel des gauches » avait en effet remporté - du moins en sièges sinon en voix - les élections de 1924 sur un programme qui n'est pas sans rappeler - toutes choses étant égales par ailleurs - celui d'Alexis Tsipras : rétablir l'équilibre budgétaire par l'application rigoureuse de l'impôt sur le revenu - voté en 1914 mais encore appliqué sans convictions - et renforcer les lois sociales, notamment sur le temps de travail, le respect du droit syndical et les assurances sociales.

D'emblée, ce programme déplut aux puissances économiques françaises et aux banques américaines qui font alors la pluie et le beau temps sur le marché des changes. A l'instar du programme de Syriza qui déplaît aujourd'hui aux marchés. Pendant deux ans, la pression exercée sur les gouvernements du Cartel va en réalité les empêcher d'agir réellement et aggraver les dissensions internes entre socialistes, radicaux et républicains modérés. Jusqu'à ce que, le 21 juillet 1926, la Banque centrale porte l'estocade pour le compte des milieux d'affaires par un simple ultimatum qui n'est pas sans rappeler celui du 4 février 2015.

La BCE, acteur politique

Comme en 1926, ce 4 février 2015, le mythe de l'indépendance de la BCE a volé en éclat. La BCE, en tant que seule vraie institution « fédérale » de la zone euro, se considère comme le garant d'un ordre économique qu'elle veut défendre, semble-t-il, à tout prix. Ceci est logique : la BCE est la seule force capable, via les banques grecques, d'exercer une véritable pression sur Athènes. Rappelons en effet que les traités ne prévoient rien qui ressemble à une expulsion d'un mauvais élève budgétaire de la zone euro, même en cas de défaut sur la dette.

En revanche, si la Grèce se retrouve dans l'impossibilité pratique de disposer d'assez de liquidités, elle devra de facto sortir. Le geste politique est d'autant plus éclatant que la BCE fonde sa décision de mercredi sur une simple interprétation, sur une croyance, celle qu'aucun « programme » n'est susceptible de voir le jour. A priori, une institution indépendante aurait dû attendre de constater un échec des négociations. La partie se joue donc au niveau politique entre Athènes et Francfort. Comme entre Matignon et la Banque en 1926.

De quel jeu parle-t-on ?

De quelle partie s'agit-il ? Il s'agit d'intimider le plus possible l'autre joueur pour le faire « craquer » et accepter de céder sur l'essentiel. La question centrale de ce jeu, c'est évidemment de savoir jusqu'où l'autre est prêt à aller. En réalité, le véritable enjeu qui n'est jamais évoqué directement par les parties prenantes, c'est le Grexit. Chacun fait le pari que l'autre ne le veut pas.

Là où la partie est un peu vicieuse, c'est que pour faire craquer l'autre, on avance vers le Grexit pour tenter de lui faire croire que l'on est prêt à tenter ce saut. D'où une stratégie de la tension permanente... Tout ceci se fait évidemment très diplomatiquement, jamais explicitement. La question reste de savoir si ce jeu de dupes peut mal tourner ou non.

Le coup grec et la réplique de la BCE

Ainsi, vendredi, la Grèce avait pris l'initiative en « tuant » la troïka. Elle mettait une pression certaine sur la BCE qui a conditionné le soutien à la Grèce à un accord avec la troïka. Dès lors, le choix pour Mario Draghi était soit d'accepter le fait accompli et d'engager des négociations, mais alors sur la base grecque et acceptant la mort d'une troïka dont elle fait partie, soit de répondre au coup de force par un autre coup de force, celui de menacer de couper les vivres à Athènes. C'est cette dernière voie qu'elle a emprunté. L'équilibre est donc rétabli.

Un jeu de bluff

Certes, si on y regarde de près, les deux joueurs, tout en durcissant leur jeu, laissent des portes ouvertes à un accord, à un « match nul » par accord mutuel, comme il en existe aux échecs. Athènes a ainsi fait des propositions lundi et la BCE n'a pas coupé le robinet puisqu'elle a maintenu jusqu'au 28 février l'accès du système financier grec au programme d'accès à la liquidité d'urgence (ELA). Mais si les ponts ne sont pas coupés, à chaque fois qu'un joueur tente un coup de bluff, on se rapproche d'une fin que ni l'un, ni l'autre ne souhaite officiellement : que la table soit renversée. La BCE menace désormais clairement Athènes d'un Grexit, comme Athènes a menacé d'un défaut unilatéral vendredi.

La situation grecque

Après la décision de la BCE, la balle est dans le camp d'Alexis Tsipras. La question est de savoir si, comme le disait le ministre des Finances Yanis Varoufakis, « le gouvernement Syriza ne se comportera pas comme le gouvernement irlandais en 2010. » Autrement dit, s'il cédera comme Dublin voici 4 ans ou comme Edouard Herriot en juillet 1926. Mais la situation du nouveau Premier ministre grec semble plus forte. Il vient d'être élu, 70 % des Grecs le soutiennent et il dispose d'une majorité parlementaire qui semble solide et unie sur la question européenne. Cette force lui donne des obligations : celle de ne pas faiblir. S'il le faisait, il perdrait la confiance d'une partie de son électorat et sans doute de son allié de droite et d'une partie de son propre parti. S'il cède trop, il pourrait certes s'allier avec les « pro-européens », mais il sanctionnerait alors sa conversion en nouveau George Papandréou et celle de Syriza en nouveau Pasok. Le parti communiste et les néo-nazis pourront se frotter les mains. Compte tenu de ses forces intérieures, Alexis Tsipras ne peut guère faiblir. Mais s'il joue le durcissement, le gouvernement grec devra désormais préparer concrètement les esprits au Grexit - sans en parler ouvertement pour ne pas couper les ponts - pour faire croire qu'il ne bluffe pas. Au risque de se laisser emmener plus loin qu'il ne voudrait...

La situation de la BCE

La BCE est-elle mieux lotie ? Pour le moment, oui. Mais à mesure que la date du 28 février s'approchera et le risque du Grexit se précisera, la pression deviendra de plus en plus forte sur Mario Draghi dont on voit mal comment il pourrait accepter la responsabilité d'une rupture de l'irréversibilité de l'euro. La position de force de la BCE n'est que temporaire. Et Athènes pourrait être tentée de jouer la montre pour réduire les exigences de Francfort qui, du coup, sortirait perdante de l'affaire, surtout si elle doit accepter une renégociation de la dette et une remise en cause de l'austérité. Mario Draghi devra aussi prendre garde à ne pas apparaître comme le bourreau de la démocratie, mais il ne pourra pas non plus donner l'impression d'avoir trop reculé après s'être montré ferme. La crédibilité de la BCE est en permanence sous l'œil des marchés.

Le jeu est donc plus équilibré qu'en 1926. Il est aussi plus confus. Les deux parties recherchent sans doute un compromis, mais à leur avantage. Et la marge de manœuvre des deux acteurs est fort limitée. Un « Happy End » n'est pas certain dans ce jeu grec.

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a écrit le 06/02/2015 à 13:30 :
Une seule sortie pour la grece quitter l'euro c'est surement pour bientot ,dans 3 ou 6 mois
Réponse de le 07/02/2015 à 13:34 :
Ouf ! Le grexit on en rêve
a écrit le 06/02/2015 à 12:10 :
Hier soir suite a la rencontre Schäuble – Varoufakis qui se sont mis d accord de n ´ être pas d accord ( ??) la pemiere chaine de TV allemande ARD a changé son prgramme pour diffuser en special un interview avec Wolfgag Schäuble.
Ceci en dit long sur l importance du sujet pour la population.

Varoufakis n est pas reparti les mains vides : Schäuble lui a offert de lui déléguer gratuitement 500 spécialistes de son ministere des finances dont la mission sera de mettre de l ordre dans le systeme fiscal grec. N est ce pas une offre sympa de la par des allemands ?? Va t il refuser cette offre ?
Réponse de le 06/02/2015 à 22:33 :
"Une offre sympa "? Du grec " sumpatheia " ce qui signife " compassion "
Je n'ai vu aucune compassion chez Mr Schauble. Merci, mais non.
Réponse de le 14/02/2015 à 23:13 :
Fait mieux ' papa fox' : donnes tout ton argent ou retraite aux Grecs.
a écrit le 06/02/2015 à 12:00 :
Si la Grece n avait pas été subventionnée à 100 % depuis plus 20 ans , une grande partie par la fraude, elle serait aujourd hui au niveau de Bulgarie. Non, les autres Europeens qui ont payé la note avec leurs impots n ont strictement rien a se reprocher, au contraire !!
Réponse de le 14/02/2015 à 23:12 :
tout à fait d'accord.
a écrit le 05/02/2015 à 21:26 :
Combien de fois allez-vous écrire que le BCE n'est plus indépendante quand elle fait la preuve de sa capacité à décider dans l'intérêt général et non en fonction d'une élection - importante - mais concernant un seul Etat membre ?
Quelle serait la mesure de son indépendance ? Le fait de se livrer à des marchandages politiques pour plaire à une des parties ?
Réponse de le 05/02/2015 à 23:16 :
La BCE décide ici pour tous les États membres, elle cherche à faire un exemple: elle décide qu'il n'y a pas d'alternative que les pauvres doivent rester pauvres, les riches s'enrichir. Et cela dans toute l'Europe y compris en France, puisque les politiques d'austérité ne doivent pas être discutées!: elles deviennent de la "méta-politique" irrationnelle certes, mais c'est ainsi pour le moment. Dit ce façon plus cru, les pauvres gueux ne doivent rien espérer c'est leur destin d'être exploités par les banksters.
Réponse de le 05/02/2015 à 23:31 :
Ce sont tous les Etats membres qui ont défini le rôle de la BCE, il est bizarre de lui reprocher après de faire son boulot tel qu'il a été prévu: un acte politique serait de lui changer la nature de son mandat, mais le fait qu'elle exécute ce mandat n'est pas en soit un acte politique. Je suis comme Wolf, je ne comprends pas le procès d'intention qu'on fait à la BCE ni ce qu'on lui reproche exactement, sauf à lui reprocher d'essayer de faire son boulot..
Réponse de le 06/02/2015 à 7:30 :
La BCE n'est pas indépendante politiquement car elle réclame un programme socio-politique clairement de droite ultra-libérale : privatisation des systèmes sociaux (santé, assurance), réduction (voire suppression) du droit du travail, plutôt contre un alaire minimum. Donc en gros réduire au minimum la part de l'état dont en théorie les dirigeants sont démocratiquement élus, contrairement à ceux de la BCE et évidemment aux sociétés privées. Pour la réduction des déficits, il y a plusieurs approches qui dépendent de la ligne politique d'un acteur donné et clairement la BCE a donc toujours proposé un programme de droite ultra-libérale, sinon elle aurait proposé des alternatives telles que réduire les différences fiscales entre pays membres et proposer un taux d'imposition plus progressif tout en luttant contre la défiscalisation de ceux qui en ont les moyens. Or cela n'a japais été le cas.
Réponse de le 06/02/2015 à 7:48 :
STROP Rik : ce n'est pas le choix entre la pauvreté et la richesse mais entre les fonctionnaires et le non fonctionnaires : la Grèce en crève et comme les Etats sont socialo communiste en particulier la France et l'Italie, le jeu se fait sur les services publics que NOUS NE VOULONS PLUS FINANCER , et tant que vous n'aurez pas compris cela, vous n'aurez rien compris !!!
Réponse de le 06/02/2015 à 11:56 :
Stop Rik !! dans des pays civilisés donc de droit, les gueux qui truandent pendant des années et qui ne veulent comprendre, on les met en tôle puremet et simplement.
Réponse de le 06/02/2015 à 12:17 :
L'indépendance est mise en question car certains pays ne devrait pas avoir droit à un "veto"... Le problème est le soutien d'intérêt particuliers, et de modèle méta-économique que cet article mentionne. La BCE, en défendant l'intérêt général de manière indépendante, ne devrait pas se positionner dans l'intérêt de certains marchés ; puis, dans la mesure où cela ne viole pas les traités (dont la légitimité est à discuter), elle est sensée protéger l'Union, et non la division.
En tout les cas, il est triste de voir dans les commentaires plus avant les gens se laisser aller à leur plus bas instincts.
Réponse de le 06/02/2015 à 14:10 :
Elle n'est pas indépendante parce qu'elle a obéi aux ordres de Berlin. C'est tout bête.
a écrit le 05/02/2015 à 21:20 :
Juste pour enfin se débarrasser de ces illuminés! Et quelle naïveté qui est exprimé dans cet article. La Grèce n'a aucun jeu à jouer, aucune initiative à apporter, rien d'ailleurs à dire, mais qu'ils se taisent enfin. Les perspectives économiques de ce pays sont maintenant définitivement catastrophique. Mais combien d'autres économies ont déjà sombré? Commençons avec le Grexit, puis ainsi nous pourrions assister de loin au déclin du pays en payant une dernière facture bien salée avec des dégâts collatéraux, certes.
Réponse de le 05/02/2015 à 23:17 :
Vous avez raison, le peuple grec doit se taire, laissons parler les banksters de la BCE et du FMI, qui sont des gens honorables.
Réponse de le 05/02/2015 à 23:17 :
Vous avez raison, le peuple grec doit se taire, laissons parler les banksters de la BCE et du FMI, qui sont des gens honorables.
Réponse de le 14/02/2015 à 23:15 :
Il est temps qu'ils se mettent à travailler, payer des impôts...
a écrit le 05/02/2015 à 17:45 :
Article bien équilibré, expriment bien le rapport de force,
Personnellement je pense que ce gouvernement a la stratégie et la légitimité populaire pour sortir de l'Euro : quitte à rester dans l'austérité, autant avoir l'austérité avec la souveraineté....
Il ne cherchait plus qu'un prétexte, il commence à l'avoir avec ce dernier geste de la BCE ...
En effet ce qu'il va advenir est très ouvert....
Réponse de le 05/02/2015 à 19:01 :
Ils ont éte élu sur la promesse d'en finir avec l'austérite, pas sur celle de l'aggraver.
Réponse de le 05/02/2015 à 21:30 :
... sauf que Tsipras a toujours prétendu vouloir que la Grèce reste dans l'Euro ! Pas sur que les grecs le suivent dans ce suicide national !!
Quand bien même, les grecs sont rentrés dans l'Euro par effraction... s'ils en sortent, ce ne sera que justice !
a écrit le 05/02/2015 à 16:08 :
Je sais pas si le parallele est tout a fait pertinent. La BCE se devait de dire aux Grecs qui emettaent de la dette achetee par leurs banques de mettre un terme a ce systeme qui est tout sauf une solution. Apres, je pense que la BCE est prete a laisser une chance au nouveau gvt grec, a lui aussi de montrer sa credibilite.
a écrit le 05/02/2015 à 16:00 :
En fait' les deux partie cherchent une séparation sinon amiable, du moins non dramatique. Comme un couple qui serait en train d'inventer le divorce, alors qu'il n'existe pas, le mariage étant déclaré indissoluble. L'UME sera plus tranquille et européenne sans la Grèce. La Grèce sera libre de faire ou d'essayer de faire sa politique de manière souveraine. Faisons un dernier sAcrifice sur la dette qui n'importe comment ne sera pas remboursée et ne gâchons pas l'occasion de réparer l'erreur d'avoir admis la Grèce dàns l'euro. Vive le Grexit-)
Réponse de le 05/02/2015 à 16:19 :
Et c'est vous qui allez payer ?
a écrit le 05/02/2015 à 15:48 :
avec un déficit public permanent financé par la planche à billet de la BCE.
C'est pas gagné !
a écrit le 05/02/2015 à 15:03 :
comme headline, j'aurais suggere
' le gouvernement populaire grec met a genou la banque centrale ultra liberale et allemande, qui expie et implore la mansuetude du petit timonier hellene beni des astres et des elements celestes'
a écrit le 05/02/2015 à 14:44 :
Une zone monétaire avec des économies disparates ne peut pas fonctionner.
Dans la zone euro, l'ensemble des pays devrait pouvoir emprunter au même taux, l'échec du système est lattent.
Au lieu de nous faire une guerre économique interne, il serait temps de réfléchir et de mettre en place un système cohérent, et, démocratique.
Réponse de le 05/02/2015 à 15:53 :
Faut-il rappeler qu'avec le traité de Maastricht, nous nous étions engagée sur la CONVERGENCE (fiscale, etc.) avec les autres Etats membres ! Ceux qui se sont crus malins de ne pas la faire on perdu leur compétitivité... A qui la faute ?
Réponse de le 05/02/2015 à 16:21 :
"Dans la zone euro, l'ensemble des pays devrait pouvoir emprunter au même taux, l'échec du système est lattent."

C'est justement parce que la Grèce pouvait emprunter au taux allemand pour se moderniser, et l'a fait pour consommer, qu'ils sont dans la panade...
Réponse de le 05/02/2015 à 17:10 :
@Nicolas : oui. Parce que les marchés pensaient alors avoir affaire à une zone monétaire. Maintenant tout le monde a compris que ce n'était pas le cas. Sauf l'Eurozone qui ne semble pas saisir qu'il va falloir soit remédier aux dysfonctionnements internes, soit cesser d'être une fausse zone monétaire unique. Jusqu'à présent, on ne dirait pas que qui que ce soit ait l'intention de corriger l'un des plus importants dysfonctionnements internes à la zone monétaire euro, en l'occurrence les mécanismes de redistribution entre les différentes régions de la zone...
a écrit le 05/02/2015 à 14:29 :
Les Grecques courageux exemplaires seront soutenus par les Peuples qui se respectent,

les Peuples du Portugal, d'Espagne, d'Italie, d’Irlande et de France sont derrière le Peuple Grecque pour mettre les voyous de la finance au pas de la raison

- les voyous de la finance doivent restituer tous les intérêts MAL ACQUIS qu'ils ont subtilisé aux Peuples grâce à la connivence des politicards bandits et traitres de leurs Nations.

Les banksters devront prendre leurs pertes dans la plus grande docilité, comme l'avait suggéré DSK,

sinon ces banksters et leurs affidés politicards bandits vont devoir faire face à des révoltes Populaires qui reprendront leurs biens et les enverrons à l'échafaud, à la pendaison, voir à d'autres fins.
Réponse de le 05/02/2015 à 14:59 :
Les banksters ont déjà perdu 70% de leur capital sur leur prêts à la Grèce soit 110 milliards d'Euros !! Et à vrai dire il s'agit des actionnaires de ces banques le bon peuple qui n'a pas perçu les dividendes promis !!!
Les vrais bankster sont les Pigasse(s) de la banque Lazard qui ont conseillé les gouvernements socialistes grecs sur la meilleure façon de maquiller les comptes pour entrer dans l'Europe. Maintenant , toujours conseillés du gouvernement grec, les Pigasse(s), actionnaire de presse SVP(!), demandent un abandon de créance et ceci payé par les contribuables français (il n'y a plus actionnaires, pas fous eux ne prêtent plus). Les Pigasse(s) ont-ils abandonné les deniers du salaire qu'ils extorquent chaque fin de mois à la Grèce ?
Réponse de le 05/02/2015 à 17:22 :
Toujours très facile de taper sur les banques...a un moment donné l argent a bien été jeté par les fenêtres et la la faute a qui??
Réponse de le 05/02/2015 à 21:35 :
Les banksters, en l'espèce, ce sont les état européens... donc nos impôts ! Renoncer à 40 milliards d'Euro pour le gaspillage grec, il me semble que les français n'en ont pas les moyens !!
a écrit le 05/02/2015 à 13:46 :
L'erreur de fond de bien des gauchistes est de voir le marché comme un monstre vorace. En l'occurrence, il n'est que la somme de décisions individuelles basées sur l'instinct de préservation de leur épargne, de leurs gains espérés ou accumulés etc. de la part d'investisseurs petits et grands. Tout le monde ferait pareil sauf les masos. Les banques soucieuses de l'intérêt général en tiennent compte et savent intervenir à temps. Herriot a éprouvé le fait de ne pas y avoir pensé, Tsipras commence. Les deux auraient été mieux avisés en ne promettant pas l'impossible. Car leur rêve ne pouvait marcher que dans un système totalitaire comme l'avaient institué nos amis Lénine et Staline. Le problème, alors, c'est que (a) ceux qu'on dépouille veulent partir et ceux qui ont un talent exportable (artistes, scientifiques, sportifs, anglophones etc. etc.) le font; que (b) le pays se vide d'individualités utiles et qu'il faut instituer un rideau de fer pour l'empêcher; et que (c) le système finit par créer tant d'inefficacités en violant les lois de l'économie d'un pays peuplé d'humains et non de robots qu'un jour il s'effondre comme l'a montré l'écroulement de l'URSS. On ne peut que souhaiter aux Grecs de se voir épargner un sort analogue et remercier la BCE d'y contribuer.
Réponse de le 05/02/2015 à 13:57 :
"Les banques soucieuses de l'intérêt général en tiennent compte et savent intervenir à temps." Oui bien sur pour se servir elles mêmes dans les caisses comme ce fut le cas au lendemain du crash de 2008 qui a mis à genoux, "au nom de l'intérêt général".
Réponse de le 05/02/2015 à 16:23 :
Hum, pas en France ni dans la plupart des pays. De toute façon, si l'Etat régule, c'est normal qu'il paye lorsque son action foire, comme par ex les Subprimes (belle invention de politicien, ce truc !).
a écrit le 05/02/2015 à 13:46 :
Quand le gouvernement grec va arriver en réunion d'Eurogroupe avec son projet de cadastre pour mettre sur pied un véritable impôt foncier, sa réforme de la fonction publique avec fin du clientélisme et ses propositions de relance avec dette perpétuelle ou autre chose dans ce genre...on sera curieux de voir si on va les mettre dehors, les Grecs honnis, au moment où un gouvernement grec proposera de mettre un terme au dit clientélisme.
Quand vous dîtes ou écrivez les Grecs, vous devriez écrire ou dire les socio-démocrates et libéraux grecs, ce serait plus juste.
Réponse de le 05/02/2015 à 14:00 :
J aimerai bien vous croire, mais un politicien qui va mettre fin au clientelisme, disons que c est comme les poissons volants, ca constitue pas la majorite de l espece
Mais laissons le benefice du doute au nouveau premier ministre. Apres tout au contraire de l ancien, il n a jamais ete au pouvoir et donc pas pu loger les copains a des postes juteux

Mais creer un etat viable et extirper des habitudes seculaires, ca necessite plus de 1 mois ...
Réponse de le 05/02/2015 à 14:00 :
"mettre un terme au dit clientélisme."

Heu, c'est quoi d'autre l'Etat Providence, le Socialisme, que le clientélisme ???

Ils sont contre le clientélisme ? Qu'il démentel l'Etat ! Plus la moindre allocation, subvention, et flat taxe pour tout le monde !
Réponse de le 05/02/2015 à 17:03 :
En fait ,j'étais agréablement surpris par les fils de discussion de La Tribune que je ne connaissais pas , pas trop de relous donneurs de leçons, des avis tranchés, des piques mais restant disponibles pour la discussion.....espérons que cela continue!!

Sur le clientélisme, il s'agissait en fait en Grèce en fonction des partis détenant le pouvoir de montrer patte blanche soit, à la famille Karamanlis (conservateurs) soit à la famille Papaandréou (socialistes...ou prétendus tels), voilà pour le clientélisme. En fait, il faut qu'ils mettent un système juridique bordé pour leur fonction publique (si j'ai bien compris).
Du style, tu veux faire prof agrégé , tu passes un concours, ta copie est anonyme, tu plantes tu repasses l'année d'après, t'es mal classé tu prends ce qui reste, t'es au top, c'est toi qui a le poste au top. Je dis bien "du style" pour que chacun comprenne bien, l'exemple que je choisis ne valant peut-être pas pour la forme mais pour le fond.
Je laisse de côté la question du nombre, du poids dans le budget, de la surface de ce nouveau service public grec dans la société pour le moment....en gros, déjà avoir un service public démocratiquement conforme à ce que le public peut attendre.
a écrit le 05/02/2015 à 13:44 :
les grecs sont passés de la misère noire des années 60 à la richesse grace à l'argent des prets français et allemands...on leur prete mais ils refusent de rembourser...ça s'appelle pas du vol ? et avec l'argent des français en plus...
a écrit le 05/02/2015 à 13:34 :
voter c'est une chose,rembourser une autre.Quand on a un crédit on ne peut pas juste décider par un vote de pas rembourser.
Réponse de le 05/02/2015 à 13:51 :
Un emprunt d'Etat ne fonctionne pas comme un emprunt pour un particulier.
a écrit le 05/02/2015 à 13:33 :
Si au lieu de parler de "bluff", on parle de partie d'échecs.
Les grecs ont cru que la stratégie du parti majoritaire allait les faire gagner et qu'ils pourraient continuer à se servir dans la caisse.
Le problème pour les grecs, c'est qu'ils n'ont pas les clés du coffre et qu'il faudra en passer par ceux en ont la clé... ou s'assumer seul.
Les belles promesses risquent se transformer dans du "sang et des larmes", surtout si les grecs prennent la porte de sortie.
Réponse de le 05/02/2015 à 13:52 :
Le sang et les larmes coulent déjà ici.
Entraidons nous les uns les autres au lieu de nous chamailler
a écrit le 05/02/2015 à 13:30 :
les coups de gueule du duo grec n'impressionent personne ! Qu'ils sortent de l'Euro et retournent à leurs chères pratiques mafieuses du Pasok !! Rira bien qui rira le dernier !! Marre de payer pour les G.O. du ClubMed !!!
Réponse de le 05/02/2015 à 13:57 :
Il n'y a pas plus de G.O. en Grèce que partout dans le monde.
Entraidons nous les uns les autres au lieu de nous chamailler
Diviser pour mieux régner ne disent-ils pas ?
Riions ensemble et non pas les uns des autres.
Réponse de le 05/02/2015 à 17:14 :
@Babu vous nous dites que le Pasok est mafieux mais que les grecs doivent y retourner. Quelle drôle de conception !
Réponse de le 05/02/2015 à 21:44 :
Le problème, c'est qu'en l'espèce, "entraidons nous" est devenu "financez nos dépenses sans vous mêler de ce qu'on fait de votre argent" !!!
a écrit le 05/02/2015 à 13:14 :
La BCE outrepasse son rôle de banque Centrale. Le 5 février doit rester une date historique au cours de laquelle officiellement une banque Centrale vient de condamner le suffrage universel à l'aune de l'oligarchie financière.
Réponse de le 05/02/2015 à 13:31 :
On m'a pas demandé si j'avais envie de payer pour la Grèce.Donc la démocratie c'est faire payer les autres??Alors OK je vote pour la surpression de mes Impôts pas de ceux des autres qui n'ont qu'a payer
Réponse de le 05/02/2015 à 13:49 :
Pas d'accord avec vous.
Si j'ai bien compris (on s'y perd un peu), les Grecs ont annoncé qu'ils ne reconnaissaient plus la Troïka (et donc la BCE puisqu'elle ne fait partie) mais c'est en partie la BCE qui finance... Donc, la BCE coupe le robinets: ce n'est pas un acte politique; c'est une relation client/fournisseur.
A mon humble avis, c'est beaucoup plus simple que monsieur Romaric Godin le suggère: si les Grecs veulent partir de la zone Euro, ils en ont la possibilité malgré le traité car ils sont responsables de leur destin et je crois que la zone Euro s'en remettra. La Grande-Bretagne et le Danemark ne font pas partie de la zone Euro et cela marche très bien.
Ceci étant écrit, quelle que soit l'issue, les Grecs ne paieront jamais.
Cordialement
Réponse de le 05/02/2015 à 13:57 :
L'Etat n'est pas au dessus des Lois. Suffrage universel ou pas. (Il est de combien la QI de grecs, au fait ??). Si dans un contrat l'une des partie refuse de remplir ses obligation, l'autre partie à la Droit de suspendre les siennes.
Réponse de le 05/02/2015 à 14:24 :
L'obligation d'un vraie banque centrale est d'obéir au suffrage universel. D'être une vrai banque centrale, c'est à dire de prêter aux États à taux bas. La BCE n'est qu'une institution technocratique au service des banksters, certainement pas de la démocratie.
Réponse de le 05/02/2015 à 14:56 :
Je ne vois pas en quoi la BCE outrepasse son role ?

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