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ÉconomieFrance

Quand le Général de Gaulle réveille la guerre des droites

Helene Fontanaud

Publié le 09 novembre 2010 à 10:32 - Mis à jour le 09 novembre 2010 à 10:33

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05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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A l'occasion de la commémoration du 40e anniversaire de sa mort, Nicolas Sarkozy a revendiqué ce lundi l'héritage du général de Gaulle pour justifier son action à la tête de l'Etat depuis trois ans. Et ce malgré les critiques d'une partie de la droite, qui lui reproche, à l'image de Dominique de Villepin, d'abîmer la fonction présidentielle.

Deux France de droite ont commémoré aujourd'hui la mort du général de Gaulle, le 9 novembre 1970. A Colombey-les-Deux Eglises, Nicolas Sarkozy, accompagné de François Fillon, Premier ministre en attente de remaniement, s'est inscrit dans la démarche politique du fondateur de la Ve République.
"Le général de Gaulle avait compris que, lorsque rien ne change, il n'y a pas d'autre issue que le déclin.

"Permanence et mouvement, fidélité à ce que nous sommes et préparation de l'avenir, depuis le programme du Conseil national de la résistance jusqu'au référendum de 1969, le général de Gaulle n'a jamais cessé de vouloir moderniser la France", a affirmé le chef de l'Etat, s'exprimant devant un panneau reproduisant la gigantesque croix de Lorraine qui accueille le visiteur dans la campagne proche de la dernière demeure du général de Gaulle.

Nicolas Sarkozy, qui s'exprimait devant plusieurs de ses ministres et l'état-major de l'UMP, a rappelé que les Français s'étaient trouvés "orphelins" le 9 novembre 1970 d'un homme qu'ils avaient pourtant  "congédié un an et demi auparavant, fatigués de le voir encore et toujours brasser de grands rêves".

L'actuel chef de l'Etat a voulu tirer les leçons politiques de l'exercice du pouvoir par le général de Gaulle. Surtout au lendemain du long mouvement de contestation de la réforme des retraites. Il a notamment plaidé pour le rôle de guide dévolu au chef de l'Etat dans la constitution de la Ve République. Avec cette citation du général de Gaulle : "Si la France m'a appelé à lui servir de guide, ce n'est certainement pas pour présider à son sommeil". "Dire ce qu'il y a à dire en France, c'est facile. Mais faire ce qu'il y a à faire, c'est plus difficile", a souligné Nicolas Sarkozy, qui entend rester un président réformateur jusqu'à la fin du quinquennat.

Pour Nicolas Sarkozy, le général de Gaulle n'a jamais voulu faire du président le "seul garant des institutions" mais le "garant de l'intérêt général", qui doit être "mis au-dessus des intérêts particuliers". Cette revendication de l'héritage gaulliste est particulièrement importante pour Nicolas Sarkozy, au moment où la gauche, mais aussi une partie de la majorité, lui reproche d'avoir "trahi" les engagements pris par le général de Gaulle au sein du Conseil national de la résistance, en 1945, et qui dessinèrent la trame du modèle social français.

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"Nous sommes au-delà du sarkozysme" clame Villepin

Une autre droite conteste d'ailleurs à Nicolas Sarkozy le droit de se présenter comme l'héritier du général de Gaulle. Dominique de Villepin a saisi l'occasion des commémorations gaullistes pour porter une nouvelle charge violente contre son éternel rival. "Nicolas Sarkozy n'est pas mon problème, il est un des problèmes de la France, ce qui veut dire que nous ne sommes plus dans le temps de l'anti-sarkozysme, nous sommes au-delà du sarkozysme", a persisté l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac mardi matin sur France Info.

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Pour Nicolas Dupont-Aignan, dirigeant du mouvement souverainiste Debout la République, "le président Sarkozy récupère l'héritage gaulliste avec indécence".
La gauche a toujours combattu le général de Gaulle. Mais la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a rappelé, dans une critique de l'action de Nicolas Sarkozy, que le premier président de la Ve République "a mis en ?uvre le programme du Conseil National de la Résistance et est toujours resté fidèle au valeurs républicaines qui ont fait la France". "Alors que cet héritage est aujourd'hui mis à bas, nous ne l'oublions pas, pas plus que nous n'oublions nos désaccords : il n'avait pas compris le besoin de libéralisation de la société et l'attente de plus d'égalité", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Helene Fontanaud

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