Comment DSK mitonne 2012 à sa "sauce tomate"

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Dominique Strauss-Kahn a fait un pas vers la candidature aux primaires du PS pour la présidentielle de 2012. S'il reste contraint à un devoir de réserve au FMI, il a vanté le rôle de régulateur de l'institution, l'inscrivant même dans le combat de "la gauche mondiale".

L'art d'en dire le plus possible sans rompre le devoir de silence que lui imposent ses fonctions de directeur général du FMI. Dominique Strauss-Kahn, invité de la matinale de France Inter ce lundi, a lancé la première phase de l'opération qui le conduira, le cas échéant, à se présenter aux primaires du Parti socialiste pour la désignation du candidat à la présidentielle de 2012.

Il s'agissait pour le patron du Fonds, pris pour cible par la gauche de la gauche et même parfois par l'aile gauche du PS, de tenter de rétablir dans l'opinion son image d'homme de gauche. Sans hésiter, DSK s'est notamment appuyé sur la victoire du Parti socialiste aux élections locales en Grèce. "Les nouveaux programmes du FMI, je pense à la Grèce en particulier, sont conçus de telle manière que l'on revienne à l'équilibre, mais que ça se fasse en protégeant les plus démunis, les plus vulnérables. Quand je disais cela, on me disait "oui, cours toujours, mais le FMI est libéral..." La réalité, c'est qu'il vient d'y avoir des élections et que la gauche au pouvoir a gagné. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas que la gauche ait gagné, c'est que le gouvernement en place, avec le programme du FMI, a été compris par l'opinion et que l'opinion est derrière le gouvernement", a-t-il expliqué. Et lyrique Dominique Strauss-Kahn, ce sont "les idées de la gauche qui font avancer le monde". "C'est ma conviction", a-t-il insisté.

DSK a aussi écarté les critiques de ceux qui à gauche accusaient le FMI d'avoir, avec un de ses rapports, fourni des arguments à Nicolas Sarkozy et à son gouvernement sur le report de l'âge légal de la retraite. "Pour la France, le rapport du FMI sur les retraites disait surtout qu'il fallait financer les retraites par le capital", a-t-il asséné.

Champion des sondages à gauche, dans la perspective de 2012, DSK s'est dit "ravi" d'être apprécié par les Français. "Ne pas vous dire que je suis touché par ces sondages ce serait mentir. Mon ego n'est pas inférieur à celui de certains autres".

Alors qu'on lui demandait si son silence sur ses intentions politiques en France était lié au strict devoir de réserve que lui impose sa fonction, DSK a répondu d'une pirouette : "Les statuts du FMI ne m'interdisent pas de dire des tas de choses et pourtant je ne les dis pas. Ils ne m'interdisent pas dire que j'adore les pâtes à la sauce tomate et pourtant je ne le dis pas. Et d'ajouter plus sérieusement : "Aujourd'hui, j'ai un travail. Je vous ai dit combien je le pensais important, combien je pensais pour la gauche mondiale qu'il était important d'organiser la régulation" économique et financière, a-t-il expliqué. "C'est le FMI aujourd'hui qui est au coeur du dispositif et ça occupe tout mon temps".

Interrogé ensuite par les auditeurs de France Inter, DSK a été un peu plus précis. Il a souligné qu'il respecterait les procédures arrêtées par le PS pour l'organisation des primaires. Et qu'il ferait donc connaître sa décision quand tous les éventuels candidats se dévoileraient Pas avant. Il a ajouté faire "toute confiance" à Martine Aubry, se refusant à dire s'il la verrait lors de son séjour à Paris (DSK doit voir Nicolas Sarkozy, président du G20, mercredi). L'ancien ministre de l'Economie a soigneusement botté en touche en indiquant qu'il n'avait pas lu le projet du PS sur l'égalité réelle présenté par Benoît Hamon. Le texte a réveillé la querelle entre réformistes réalistes et tenants de l'aile gauche au PS.

La question qui se pose aux socialistes au lendemain du remaniement du gouvernement Fillon est désormais celle d'une accélération du calendrier des primaires. Programmé initialement à l'été, le dépôt des candidatures pourrait intervenir dès le mois d'avril. Nombre de présidentiables, parmi lesquels François Hollande ou Ségolène Royal, plaident d'ailleurs pour une anticipation des échéances. "Autant le président Sarkozy sort affaibli de ce remaniement, autant le candidat Sarkozy sort de ce remaniement en campagne", a déclaré François Hollande sur RMC lundi matin, avant de confirmer qu'il se préparait pour la présidentielle.

Pour Ségolène Royal, "il faut que les socialistes, aujourd'hui, accélèrent la préparation de 2012, qu'ils accélèrent leur projet, que la gauche accélère son unité, qu'elle accélère aussi son unité avec les écologistes". "Il faut maintenant que le PS mette en place l'ensemble des structures, des bureaux de vote, qui vont permettre l'organisation des primaires", a-t-elle ajouté.

L'intervention de DSK ce lundi matin  ne devait donc rien au hasard.

 

 

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