Après les retraites, le PS pense à ses primaires

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(Crédits : Reuters)
Le PS, qui estime être sorti renforcé du conflit des retraites, se penche sur la préparation de l'élection présidentielle. Ce qui réveille les divergences entre présidentiables, notamment sur les primaires et leur calendrier et sur le programme du futur candidat.

Le constat est sévère. Pour Manuel Valls, candidat déclaré aux primaires du PS pour la présidentielle de 2012, son parti n'a "pas gagné la bataille de la crédibilité" avec son contre-projet de réforme des retraites. Et plus généralement, confie le député-maire d'Evry dans Le Parisien Dimanche, "si les Français sont en colère contre Sarkozy, ils sont encore sceptiques à l'égard du PS". Décidé à faire entendre sa petite musique, Manuel Valls affirme même qu'il ne votera pas "en l'état" le projet "égalité réelle" du PS sur l'école, le logement, la santé et les services publics, préparé par le porte-parole et leader de l'aile gauche du PS, Benoît Hamon. "Pour être audible, il est plus sage de procéder à une évaluation financière pour chaque mesure. Partons de la situation économique et budgétaire de la France pour hiérarchiser nos priorités, proposer une réforme de l'Etat, une nouvelle étape de la décentralisation et une véritable révolution fiscale. Là; on fait l'inverse", insiste-t-il.

Martine Aubry n'aura donc pas réussi à ramener le silence dans les rangs. Mardi dernier, lors du bureau national du PS, la première secrétaire avait dénoncé "les postures" et "les petites phrases" qui "mettent en cause la qualité du travail collectif". Elle avait souligné que, si "99% des socialistes étaient sur les rails qui mènent à la confrontation avec la droite, malheureusement" il en restait "1% qui s'évertuait à vouloir faire dérailler le train". Les participants à la réunion avaient estimé qu'elle parlait notamment de son prédécesseur à la tête du PS, François Hollande, présidentiable en progression dans l'opinion, et de Manuel Valls, qui avait déclaré dans une interview à La Tribune que les Français ne reviendraient "pas tous" à la retraite à 60 ans en cas de victoire de la gauche en 2012.

La patronne du PS avait surtout apporté un soutien appuyé à Benoît Hamon, accusé par Manuel Valls de céder à une "mélenchonisation" des esprits. Pour Malek Boutih, l'un des principaux opposants à Martine Aubry au sein du PS, si la maire de Lille "prend la défense de Benoît Hamon face à Dominique Strauss-Kahn sur les retraites, c'est pour deux raisons : leur accord est très ancien et en protégeant Hamon elle se dégage un espace par rapport" au patron du FMI. "En fait, elle laisse s'exprimer une forme de radicalité dans le parti pour fermer la porte à DSK" dans la perspective des primaires, a-t-il dit au Post.fr.

La compétition entre les présidentiables socialistes aura lieu à l'automne 2011. Un calendrier volontairement tardif pour laisser à Dominique Strauss-Kahn, grand favori dans les sondages mais bloqué par ses fonctions au FMI, le temps de prendre sa décision. Ce qui laisse temps et espace à d'autres candidats pour se déployer. "Et si c'était lui ?". C'est le titre de la soirée que les Mardis de l'Essec consacrent cette semaine à François Hollande. Le député de Corrèze l'a répété dimanche sur Radio-J : il n'entend pas "passer son tour", comme en 2007 lorsqu'affaibli par son échec au référendum européen de 2005 il avait dû abandonner ses espoirs de candidature. Au bénéfice de Ségolène Royal, qui avait battu DSK et Laurent Fabius aux primaires organisées en 2006.

 

 

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