Foie gras : les ventes 2020 sauvées par la suspension du confinement en décembre
Jean-Philippe Déjean
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Michel Fruchet, président du Cifog
Cifog
Jean-Philippe Déjean
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Michel Fruchet, président du Cifog
Cifog
Après les terribles épidémies des années 2016 et 2017, les éleveurs du Sud-Ouest d'oies et canards gras (palmipèdes à foie gras) ont vécu fin 2020 un nouveau cauchemar, avec leur troisième épisode de grippe aviaire en cinq ans. Une maladie qui a frappé les élevages du Sud-Ouest juste avant le traditionnel pic des ventes de fin d'année.
Ce vendredi 5 mars, le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) a présenté le bilan de cette année 2020 dominée par le double impact économique des mesures sanitaires drastiques prises pour faire face à la pandémie de Covid-19 et à l'épidémie d'influenza aviaire. Contre toute attente, alors que l'effondrement du marché du foie gras semblait au programme de cette apocalyptique année 2020, il n'en a rien été.
La capacité à organiser des petites réunions familiales jusqu'à six personnes, autorisée en décembre par le gouvernement juste après la deuxième séquence de confinement de novembre, est jugée par les professionnels comme la clé du rebond des ventes de foie gras enregistré en fin d'année.
De +14 % au cours de la semaine 50 (du 7 au 13 décembre), les ventes de foie gras en hypers et supermarchés ont bondi à +24 % à compter de la semaine du 15 décembre, qui coïncide avec la fin du deuxième confinement, puis +28 % la semaine suivante, avant de se tasser à +15% lors de la première semaine de janvier, qui clôture traditionnellement l'année. Pour faire court, les ventes de foie gras en hypers et supermarchés ont explosé entre le 21 et le 27 décembre (+32,2 %), puis entre le 28 décembre et le 3 janvier (+27,3 %).
À lire également
En France, exception faite des ventes dans le circuit cafés-hôtels-restaurants, il s'est ainsi vendu près de 15.660 tonnes de foie gras l'an dernier, pour une production estimée à 14.598 tonnes (canards et oies). Sachant que le chiffre d'affaires global, qui inclut les ventes à l'export, soit 71,5 millions d'euros (foie gras de canard, d'oie et préparations à base de foie gras), a atteint 1,5 milliard d'euros. Selon l'étude de marché Kantar, la proportion de ménages français acheteurs est passée l'an dernier de 38,4 % à 42,7 %. Avec un corollaire majeur : la baisse du volume moyen, qui passe de 510 grammes par foyers en 2019 à 470 grammes en 2020.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Jean-Philippe Déjean
Agriculture urbaine : bientôt une ferme aquaponique de deux hectares dans les Yvelines
Crise du vin : « L'arrachage est une politique très dangereuse » (Jean-Marie Cardebat)
Crise du vin : de la vigne à la bouteille, ces appellations envoient balader les codes
Crise du vin : un bon millésime espéré à Bordeaux dans un contexte délétère