Microsoft : jour J pour les plaidoiries des plaignants

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C'est ce soir, sans doute après la clôture de Wall Street, que l'on connaîtra la peine réclamée contre Microsoft par les plaignants du procès antitrust intenté au premier éditeur mondial de logiciels. Les représentants du département de la Justice d'une part, ceux des 19 états américains plaignants d'autre part, exposeront dans l'après-midi leurs arguments au juge Thomas Penfield Jackson, qui préside les audiences depuis plus de 18 mois. Mais plusieurs informations concordantes laissent à penser que les plaignants demanderont au magistrat de recourir à une arme juridique exceptionnelle : le pouvoir d'ordonner l'éclatement d'une société pour protéger les consommateurs américains d'un abus de position monopolistique. La proposition de l'administration Clinton pourrait ainsi consister à séparer Microsoft en deux sociétés : l'une éditant uniquement les systèmes d'exploitation Windows (qui équipent plus de 85% des ordinateurs personnels dans le monde), l'autre éditant tous les autres logiciels du catalogue Microsoft, à commencer par le navigateur Internet Explorer, dont l'intégration dans Windows est l'un des principaux griefs des plaignants. Si l'hypothèse d'un éclatement en deux sociétés distinctes est, depuis quelques jours, la plus fréquemment évoquée, elle est loin d'être la seule. D'autres sources avaient avancé la possibilité d'un éclatement en trois sociétés (systèmes d'exploitation / logiciels bureautiques / activités Internet) ou encore celle de contraindre Microsoft à rendre public le code source de Windows pour favoriser la concurrence et la baisse des prix. L'hypothèse d'une très lourde amende, qui serait la moins douloureuse pour le géant de Seattle, n'a finalement été retenue par personne. Le 4 avril, le juge Jackson avait conclu que Microsoft avait mené "une campagne pour étouffer l'innovation qui menaçait sa position monopolistique" alors que le groupe de logiciels était "conscient" que son produit n'était pas "le meilleur sur le marché, ni en passe de le devenir dans un avenir immédiat". Ce verdict avait servi de détonateur à une nette correction sur le Nasdaq. L'action Microsoft ne s'en est toujours pas remise, d'autant plus que le groupe a revu à la baisse ses prévisions de chiffre d'affaires pour le trimestre en cours. A 39,81 dollars en clôture hier soir, le titre a perdu plus de 40% par rapport à son record et se trouve à son plus bas niveau depuis un an. Microsoft a ainsi perdu son titre de première capitalisation boursière mondiale : il est désormais troisième au classement, derrière General Electric et Cisco. Les dirigeants du groupe entendent évidemment se défendre jusqu'au bout. Dès hier, Steve Ballmer, directeur général, estimait dans un entretien à la châine CNBC que l'éclatement de Microsoft serait " hautement irresponsable ". Il aura sans doute l'occasion de le réaffirmer dans le spot publicitaire que Microsoft diffusera dimanche soir en prime-time sur les principaux " networks " des Etats-Unis. Au-delà, Microsoft aura bien sûr l'occasion de se défendre une dernière fois devant le juge, le 10 mai. Et le groupe a d'ores et déjà annoncé son intention de faire appel de la future décision du juge Jackson - prévue le 24 mai - puis de porter le dossier devant la Cour suprême. Des recours qui pourraient retarder l'application des sanctions, quelles qu'elle soient, de plus d'un an.

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