Le profil des cyber consommateurs
La Tribune
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A quoi ressemble le client du web? Si la question tient en quelques mots seulement, la réponse ne peut être que multiple. Sur les six pays passés au crible par les analystes d'Ernst & Young, il ressort une infinité de comportements et de profils selon le taux de pénétration du réseau sur place mais surtout en fonction de la culture propre du pays.Ainsi, si les Américains, comme on peut s'y attendre, sont parmi les mieux équipés pour surfer et donc consommer en ligne - plus de 53% d'entre eux ont un ordinateur PC à leur domicile -, ils sont paradoxalement détrônés par les Canadiens, fervents adeptes du web. Davantage équipés, ceux-ci sont plus nombreux à se connecter. Et pourtant ils sont deux fois moins nombreux que leurs voisins américains à acheter en ligne. Ce "décalage" apparent montre le poids que joue la culture, la conception particulière qu'a chaque pays du web, sur le développement de son activité. Au Canada en effet, Internet est considéré avant tout comme un outil pédagogique tandis qu'aux Etats-Unis, la Toile a aussitôt pris une dimension commerciale, à l'image du libéralisme développé sur place.Encore à la traîne, l'Europe semble doucement rattraper son retard même si la France et l'Italie, avec respectivement 2% et 1% d'Internautes clients du web seulement, restent encore lanternes rouges. Le prix des communications, la crainte du paiement en ligne, le poids des taxes n'ont, il est vrai, rien de séduisant pour le consommateur européen déjà conservateur.Mais si l'on fait abstraction de la culture propre à chaque pays sondé, l'enquête parvient à dessiner le profil de ces "jeunes" consommateurs. Agés en moyenne de 35 ans (en France) à 41 ans (aux Etats-Unis), ces nouveaux acheteurs sont majoritairement des hommes (sauf aux Etats-Unis où la parité est respectée), qui ont généralement mené des études secondaires, et sont mariés pour la plupart (49% des Français contre 66% des canadiens).Côté achats, si, comparés aux Européens, les Américains arrivent en tête des plus gros acheteurs en nombre (39% ont acquis plus de 10 produits en 1999) et en volume (la moitié des achats dépasse les 500 dollars), le vieux continent ne fait pour autant pas pâle figure. L'an dernier, la France est arrivé juste derrière les Etats-Unis en ce qui concerne le montant des dépenses (47% sont supérieures à 500 dollars), loin devant l'Australie (40%) et le Canada (30%)... En ce qui concerne les achats à proprement parlé, qu'ils soient Américains, Canadiens ou même Français, les attentes des clients en ligne sont à peu près les mêmes. Ils cherchent d'abord à acquérir du matériel informatique puis des livres ou disques compacts, mais toujours avec cette ambition de trouver ces produits au prix le plus compétitif possible. Très axé sur l'électronique et le divertissement, le surfeur américain ne semble par contre pas vouloir organiser ses vacances via le net. Un besoin pourtant très présent en Europe, sans doute pour des raisons tarifaires. En réalité, analyse Ernst & Young, cette actuelle uniformisation des achats montre l'immense potentiel du commerce en ligne. Cliquant maintenant directement sur leurs sites préférés (ou via leurs liens), les utilisateurs habitués n'hésitent plus à comparer les offres des sites de ventes en ligne (même si Amazon.com demeure la référence mondiale en la matière). Quant aux novices, selon ce cabinet, plus de trois Internautes sur quatre se disent prêts à expérimenter cette année l'achat en ligne et prévoient même d'y faire trois ou quatre acquisitions (!). Autant d'éléments qui tendent à lui faire conclure que l'année 2000 devrait être celle de l'explosion du e-commerce.
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