eBay pourrait opter pour un rachat lors de son entrée en France

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L'arrivée en France d'eBay, numéro un mondial des enchères en ligne, va assurément devenir le feuilleton des prochains mois. Le 13 août dernier, les dirigeants d'eBay ont en effet dévoilé un secret de polichinelle, à savoir leur désir de s'implanter en France et en Italie, sans en préciser toutefois les modalités : le groupe a le choix entre la création d'un site et le rachat d'un site existant, comme il l'a fait en Allemagne avec Alando. En France, il semblerait qu'eBay procède de la même manière. Tout d'abord en raison du marché très concurrentiel sur lequel iBazar et Aucland occupent déjà des places de poids avec respectivement quelque 500 000 et 200 000 membres. Seconde raison : la nécessité, pour développer un site d'enchères, de disposer immédiatement d'un grand nombre d'objets. " Je ne pense pas qu'eBay va s'implanter de façon organique, estime Fabrice Grinda, président d'Aucland. Car aujourd'hui, l'Internaute va sur le site où il y a le plus d'acheteurs et de vendeurs." Si eBay souhaite s'implanter en France, les cibles potentielles sont au nombre de quatre. Aucland tout d'abord. " Nous ne sommes pas à vendre et nous souhaitons toujours nous introduire en Bourse début 2001 ", assure Fabrice Grinda. iBazar ensuite. Marc Piquemal, son directeur général, possède le nom de domaine eBay.fr mais malgré un récent recentrage sur l'activité enchères qui pourrait valoir un futur rachat, il semble que le groupe présidé par Pierre-François Grimaldi soit trop cher pour l'Américain. Du côté d'Onatoo, dont Infosources a pris 60 % du capital, Didier Steger, fondateur et directeur général., se déclare " très ouvert " : "nous avons rencontré à plusieurs reprises des personnes d'eBay, mais nous n'avons pas été les seuls dans ce cas. Si aujourd'hui eBay nous fait une proposition intéressante, nous l'étudierons". Et visiblement, la participation d'Infosources au capital ne semble pas un obstacle. "Le groupe avait des parts dans Caramail et depuis le rachat par Spray, il se retrouve avec une participation au capital de la société suédoise ", poursuit le responsable. Il est vrai qu'avec 70 000 membres, 2 millions de pages vues par mois, Onatoo ferait une proie intéressante pour le site américain. Chez Odeal, enfin, les dirigeants semblent plus embarrassés et plus loquaces dès que le nom d'eBay est prononcé. " Nous avons effectivement des contacts avec une personne d'eBay. Une telle opération serait intéressante et constituerait une belle porte de sortie pour nous, concède Thierry Seguin, PDG d'Odeal. Nous allons sortir une nouvelle version de notre site la semaine prochaine, car notre idée n'est pas de nous vendre sur une valorisation au premier septembre mais sur la valorisation que nous pourrions atteindre au premier octobre. " Odeal semble donc tout faire pour " draguer eBay " et se prépare à demander une " petite rallonge " à ses investisseurs historiques qui, en cas de rachat par eBay, réaliseraient une belle plus-value. Sans avoir la même visibilité et le même poids qu'iBazar ou Aucland, Odeal a tout de même réussi à devenir un acteur relativement important depuis sa création en octobre 1999. Ayant bénéficié d'une levée de fonds de 700 000 francs en mars dernier, le site totalise aujourd'hui plus de 500 000 pages vues mensuelles et 10 000 membres. Enfin, toujours selon nos informations, eBay s'est déjà lancé dans le recrutement de son équipe française en mandatant un chasseur de têtes qui aurait déjà approché les dirigeants d'Aucland et d'iBazar. Avec un bénéfice net pour le dernier trimestre de 11,6 M$, eBay est une des très rares start-ups à gagner de l'argent. Avec 15,8 millions de membres inscrits, eBay s'affirme comme leader sur les marchés américain (avec 13,7 % de pénétration) et allemand. En Grande-Bretagne, le site se situe en seconde position, tout juste devancé par QXL.

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