Alibre s’attaque aux grands de la CAO avec un logiciel libre

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Logiciel libre, "peer to peer" et travail collaboratif : Alibre surfe sur trois vagues porteuses de l'informatique d'entreprise. Créée en 1997 par Paul Grayson, ancien de Micrografx, la société, basée au Texas, a lancé en début d'année la distribution de son produit sur un marché très lucratif, celui de la conception assistée par ordinateur (CAO). Mais avec une double originalité : le logiciel lui-même est gratuit, comme le système d'exploitation Linux, et il permet - à condition de payer, cette fois - un travail collectif en temps réel à distance. Utilisé depuis un navigateur Web classique, Alibre - intégralement développé en langage Java - offre l'ensemble des fonctions d'un logiciel de conception classique. "Aujourd'hui, les solutions de CAO bas de gamme valent 50.000 francs par poste, explique Jean-Jacques Gobeaut, directeur général d'Alibre pour l'Europe. Et la plupart du temps, beaucoup d'utilisateurs n'ont pas besoin de toutes les fonctions disponibles. D'où l'intérêt, évident pour les entreprises, d'une solution libre".Le logiciel devient donc ici une "commodité", support de services à valeur ajoutée facturés, eux, aux utilisateurs. A commencer par la possibilité d'utiliser les outils de communication permettant le travail collaboratif. La solution permet alors aux différents intervenants sur un projet (concepteurs, designers, acheteurs, fournisseurs,...) d'échanger leurs remarques et propositions, voire d'intervenir directement sur le modèle en trois dimensions, sans passer par un serveur central. "Les utilisateurs peuvent créer le produit à partir de zéro comme s'il travaillaient autour du même écran", assure Jean-Jacques Gobeaut.Le tarif de base est de 100 dollars par mois et par utilisateur, ou de 50.000 dollars annuels pour 25 utilisateurs dans le cas d'une utilisation sur un intranet. A ces abonnements peuvent s'ajouter des frais supplémentaires si une entreprise souhaite disposer de serveurs dédiés et sécurisés. Développé en collaboration avec quelques très grandes sociétés, Alibre revendique d'ores et déjà une quarantaine de clients mais ne cite que le premier et le plus important d'entre eux : General Electric. Une caution de poids, puisque GE mettra peu à peu l'outil à la disposition de ses quelque 15.000 fournisseurs. Visant en priorité l'industrie manufacturière, les télécoms et l'équipement automobile, Alibre mise à 100% sur la distribution directe, comptant sur ses grands utilisateurs pour populariser son produit et ses services auprès de leurs fournisseurs et partenaires. La concurrence (Dassault Systèmes, Parametric, iEngineer, etc.) n'a évidemment pas attendu pour s'intéresser au produit. "Tous les grands éditeurs de CAO sont venus nous voir, explique Jean-Jacques Gobeaut. Et tous ont annoncé depuis des offres de travail collaboratif, même si certaines restent très limitées. Car pour en faire de vrais outils de travail collaboratif, la plupart des solutions devraient être réécrites au moins à 80%. Mais tout le monde y viendra, tôt ou tard".Alibre estime disposer d'une avance d'au moins un an pour prendre position. Ses dirigeants ne réfutent pas les analyses indépendantes lui prédisant 150 millions de dollars de chiffre d'affaires en deux ans. Mais si la société affiche son optimisme, elle souligne que les éditeurs spécialisés ne constituent pas, à ses yeux, la seule concurrence à moyen terme. Pour Jean-Jacques Gobeaut, "la stratégie .NET de Microsoft, qui vise à placer Internet au coeur des produits, pourrait changer la donne. Nous sommes, clairement, là où Microsoft entend se placer. Mais nous ne sommes pas à vendre, même si nous avons été approchés".Marc Angrand

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