Nouvelle vague de "profit warnings" aux Etats-Unis

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"Profit warning" est assurément l'anglicisme à la mode au sein de la communauté financière. Et pour cause: pas un jour ne passe sans que, de l'autre côté de l'Atlantique, une ou plusieurs vedettes de la cote avertissent les marchés qu'elles ne tiendront pas leurs objectifs. Lundi, ce sont Texas Instruments et Procter & Gamble qui sont obligés de se plier à cet exercice difficile. Le premier, leader mondial de la fabrication de puces pour terminaux mobiles, a très fortement réduit son objectif de chiffre d'affaires pour le premier trimestre 2001. Le groupe s'attend à un recul d'environ 20% de ses ventes au cours des trois premiers mois de 2001 par rapport au 4e trimestre 2000. Lors de la présentation de ses résultats annuels, le 22 janvier, Texas Instruments avait dit s'attendre à une diminution de 10% seulement de ses revenus au premier trimestre. Conséquence de la chute du chiffre d'affaires, la marge opérationnelle du groupe devrait se contracter de 6 à 8 points de pourcentage en ce début d'année, alors que Texas Instruments espérait précédemment limiter ce recul à 5 ou 6 points.L'avertissement de Texas Instruments est une nouvelle preuve du ralentissement brutal - voire de la récession - de l'industrie high-tech américaine après une dizaine d'années de croissance à marche forcée. Depuis le début de l'année, la plupart des vaisseaux amiraux de la nouvelle économie ont dû revoir à la baisse leurs prévisions, prolongeant l'épidémie de "profit warnings" déjà constatée au quatrième trimestre 2000. Si Texas Instruments, Motorola et Sun Microsystems sont les plus récents, les opérateurs n'ont pas oublié les avertissements des géants de l'équipement de réseaux Cisco Systems et Nortel Networks, du numéro un mondial des semi-conducteurs Intel ou du leader de la sauvegarde de données EMC, qui tous ont dû réviser leurs prévisions de croissance ou de résultats.Plus protégées au cours de ces premiers mois de l'année, les valeurs traditionnelles ne sont toutefois pas à l'abri des soubresauts de l'économie mondiale. Lundi, le spécialiste des produits d'hygiène et d'entretien ménager Procter and Gamble a revu à la baisse ses prévisions de résultats pour l'exercice 2000/2001 (clos en juin) en raison de la crise financière turque. Le groupe ne s'attend plus qu'à un bénéfice par action de 69 à 72 cents au troisième trimestre, soit deux à trois cents de moins que les anciennes prévisions. Il a également réduit de 1% ses prévisions de chiffre d'affaires et de ventes en volume sur la période.Ces avertissements, qui alimentent l'extrême fébrilité des marchés actions américains, pourraient bien déclencher dès cette semaine une réaction de la Réserve fédérale. A l'image de ce qu'elle avait déjà réalisé le 3 janvier dernier, celle-ci pourrait opter pour une baisse surprise de ses taux d'intérêt afin de remettre un peu de carburant dans une économie à la peine. Cette perspective, qui a déjà permis au Nasdaq de finir in extremis la séance en hausse vendredi, soutient de nouveau les grands indices américains lundi. L'indice phare des valeurs technologiques américaines gagne 0,86% à 2.281,95 points à la mi-séance. Le Dow Jones est de son côté en hausse de 0,75% à 10.519,70 points.latribune.f

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