Reprise de l'activité industrielle en avril dans la zone euro

Au lendemain de la publication de l'indice PMI des directeurs d'achat américains qui a reculé de 1,7 point à 53,9, son équivalent pour la zone euro, l'indice PMI Reuters/BME montre, pour avril, une croissance de l'activité industrielle européenne, pour la première fois en 13 mois. A 50,7, l'indice dépasse en effet la barre des 50 qui est le point d'équilibre entre la contraction et la croissance de l'activité. L'enquête PMI européenne est réalisée sur un échantillon de 2.500 sociétés représentant 92% de l'activité manufacturière de la zone euro. Il s'agit donc d'un bon indicateur qui confirme la timide reprise de l'activité sur le Vieux continent.Pour autant, il convient de se garder de tout enthousiasme à l'annonce de ce chiffre. D'abord, comme le note Volker Nitsch, économiste à la Bankgesellschaft Berlin interrogé par Reuters, ce chiffre parle plus de la situation actuelle que de l'avenir. Or, les données ont changé en avril concernant l'avenir économique de la zone. D'abord, les chiffres américains ont montré que la vigueur de la reprise outre-Atlantique ne sera peut-être pas aussi forte qu'attendu. Le moteur des exportations pourrait donc être moins efficace que prévu pour l'Europe. De plus, la situation économique et politique d'une des économies majeures de la région, la France, s'est complexifiée en avril. L'effritement du moral des ménages et de l'emploi et les difficultés politiques en cours et à venir pourrait ralentir la reprise dans l'Hexagone. Une situation d'autant plus périlleuse que la première économie de la zone euro, l'Allemagne, continue de montrer des signes de faiblesse. Certes, l'indice PMI pour l'Allemagne s'est encore amélioré de 0,7 point à 49,1, mais l'activité industrielle outre-Rhin est la seule avec celle de l'Autriche à continuer à se contracter en avril. La reprise risque donc d'y être lente et fragile.Mais le vrai signe d'inquiétude porte sur l'évolution des prix. L'indice des prix du PMI, qui relève les prix payés par les industriels, a réalisé un bond de quatre points en avril, passant de 47,9 à 53,9, soit le plus haut niveau depuis février 2001. Non seulement les prix ont donc recommencé à progresser pour les entreprises, mais cette progression est d'importance. Une hausse due en grande partie à celle des matières premières et en particulier de l'énergie, mais qui présage de l'inflation dans les mois qui viennent, alors même que cette dernière s'est tassée en avril (lire ci-contre). Cette progression fait donc renaître chez certains économistes la crainte d'une remontée rapide des taux de la BCE. Une remontée qui pourrait ajouter une entrave supplémentaire à la reprise européenne.Cet indicateur positif ne présage donc pas nécessairement d'une amélioration future et solide de l'activité européenne qui, plus que jamais, reste fragile et incertaine.

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