Trois modèles, deux échecs, un appétit intact

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C'est, en quelque sorte, l'histoire de trois modèles, deux échecs et un appétit intact.Avec ExciteAtHome et Napster disparaissent (au moins, s'agissant de Napster, dans la forme qui lui a valu sa renommée mondiale) deux symboles qui viennent finalement prouver qu'Internet ne pourra pas tenir toutes les promesses que l'on avait vues en lui. Avec la percée d'USA Interactive - et ses bénéfices année après année - , le groupe de Barry Diller démontre a contrario que le réseau des réseaux et l'une de ses activités les plus décriées récemment, le commerce en ligne, sont mieux qu'économiquement viables : potentiellement très enrichissants.A l'heure où ExciteAtHome vend ses derniers bureaux, sa dernière BMW et la machine à masser les pieds qui se trouvait dans la salle de gym de son gigantesque campus de Redwood City (1,65 million de dollars de loyer par mois), il n'est peut-être pas inutile de rappeler les fous espoirs suscités par ce mariage à sept milliards de dollars consommé au début de 1999. Excite était certain de détrôner Yahoo ! pour devenir la première destination d'Internet. AtHome se posait en champion de la technologie de l'Internet à haut débit. On connaît la suite.Napster, formidable juke-box mondial, a compté à son apogée jusqu'à 60 millions d'utilisateurs par jour. Son jeune fondateur, Shawn Fanning, a eu les honneurs de la couverture de "Time Magazine". Napster, c'est aujourd'hui 7,9 millions de dollars d'actifs, 101 millions de dollars de passif et pour tout espoir de survie les 8 millions de dollars proposés par Bertelsmann, unique candidat au rachat.Tout cela amuse sans doute un peu Barry Diller. Hier, M. Diller a annoncé son intention d'investir 4,5 milliards de dollars dans trois "dotcoms" - Expedia, Hotels.com, Ticketmaster - qui sont déjà ses filiales mais dont il entend contrôler 100% du capital. USA Interactive veut porter à 20% (contre moins de 8% aujourd'hui) sa part de marché du commerce "interactif", c'est à dire la distribution via Internet, la télévision et le téléphone. C'est un métier dans lequel Barry Diller a toujours gagné de l'argent, et qui selon lui sera bientôt bien plus rentable encore.Non que Barry Diller et USA Interactive ignorent les méfaits des pertes financières. L'activité audiovisuelle du groupe était lourdement déficitaire ces derniers mois. Mais il vient de la vendre à Vivendi Universal et Jean-Marie Messier pour un peu plus de dix milliards de dollars. Et cela, c'est une toute autre histoire...

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