Feu vert à l'OPA de Kingfisher sur Castorama

Comme il était partiquement acquis ce week-end (lire ci-contre), la banque Rothschild et Cie a annoncé ce lundi matin dans un communiqué avoir "délivré un certificat d'équité attestant que le prix de 67 euros par action Castorama, proposé par Kingfisher, est équitable", ouvrant la voie à la prise de contrôle par Kingfisher du leader européen du bricolage.Cette intervention d'un tiers avait été prévue lors de la signature d'un accord entre les deux groupes en 1998, au moment où Kingfisher était entré au capital de Castorama.Le groupe britannique Kingfisher, qui détient notamment les enseignes But et Darty, va donc pouvoir prendre le contrôle juridique de Castorama, dont il détenait déjà la majorité du capital (55%), mais seulement 50% du contrôle décisionnel, partagé avec les associés historiques français en vertu du statut de "société en commandite" de Castorama. Mais l'affaire n'aura pas été de tout repos pour le Britannique. Les commandités du groupe français considéraient, depuis le lancement de l'OPA, que le prix n'était pas assez élevé. Certains ont estimé la valeur de l'action à plus de 75 euros, arguant que l'opération donnerait le contrôle opérationnel à Kingfisher (voir ci-contre).Par la suite, les commandités de Castorama ont rejeté le choix de Schroder Salomon Smith Barney comme arbitre de l'opération, en évoquant les liens unissant SSSB et le président du groupe britannique. C'est alors qu'a été proposée et acceptée la nomination de Rothschild & Cie.Dès l'avis de la banque publié, Kingfisher a annoncé qu'il allait mettre en route son OPA sur le distributeur français, et surtout qu'il allait lancer l'augmentation de capital de 2 milliards d'euros destinée à financer l'opération. Cela se fera sur une base de 155 pence par action.Pour Kingfisher, il s'agit bien entendu d'un succès après le bras de fer qu'avaient engagé les commandités de Castorama. "Nous sommes évidemment très heureux que Rothschild & Cie ait conclu au caractère équitable du prix de notre offre et nous allons maintenant poursuivre la procédure telle que prévu. Notre transformation stratégique globale est en voie de réalisation et je confirme que nous avons l'intention de procéder à la séparation des activités électro-domestiques de Kingfisher comme annoncé précédemment. Nous avons hâte de collaborer étroitement avec l'ensemble des équipes de Castorama afin de libérer le potentiel évident que recèlent les enseignes du groupe dans le monde entier", a déclaré Francis Mackay, le président du groupe britannique.En revanche, le sentiment est bien différent côté français. Si officiellement Castorama dit "prendre acte" de cette décision, "c'est une déception", indiquent des sources proches citées par Reuters en ajoutant: "Rothschild a conclu que Castorama valait plus [que le prix de l'offre], mais, compte tenu de l'état des marchés, il a abaissé le prix à 67 euros."Quant au marché, il semblait avoir depuis quelques semaines imaginé un autre scénario. Nombre d'opérateurs considéraient en effet que le prix serait révisé à la hausse, contraignant ainsi Kingfisher à abandonner ses projets. Des craintes que reflétait le cours de l'action Castorama, qui évoluait entre 63 et 64 euros, bien en-dessous du prix de l'offre. Lundi, le titre regagne 2,73% à 65,85 euros en fin de journée.

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