"Privilégier les Européens dans les semi-conducteurs"

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"La Tribune" : Comment jugez-vous le premier trimestre écoulé sur le secteur des semi-conducteurs ?Stéphane Houri : Après l'année 2001, qui restera la plus noire de toute l'histoire du secteur avec un marché qui s'est effondré de 32 %, le premier trimestre 2002 semble plus solide. Les ventes mondiales de février se sont stabilisées aux environs de 10 milliards de dollars, au niveau de janvier. Cela peut être interprété comme un signe positif dans la mesure où, traditionnellement, le premier trimestre connaît une saisonnalité défavorable. Le secteur devrait renouer avec la croissance dès le deuxième trimestre, mouvement qui devrait s'accélérer au second semestre. Cependant, ce redémarrage ne sera pas suffisant s'il ne s'accompagne pas d'une réduction de l'offre. Celle-ci passe par la fermeture des usines les plus anciennes mais aussi l'accélération de la consolidation. Le mouvement entamé au Japon grâce aux accords Hitachi-Mitsubishi ou Fujitsu-Toshiba devrait se poursuivre avec la conclusion des longues négociations entre Hynix et Micron.Le redémarrage est-il géographiquement homogène ?En février, les ventes en Amérique ont progressé de 2 %, de 0,3 % dans la zone Asie-Pacifique, mais elles continuent de baisser en Europe et au Japon. L'Asie-Pacifique a été la première zone à redémarrer dès septembre et est maintenant la première zone du secteur avec 3,4 milliards de ventes en février contre 2,5 milliards pour la zone Amérique, 2,1 milliards pour l'Europe et 2 milliards pour le Japon. La région Asie-Pacifique est la première à être clairement sortie de la crise.Faut-il réinvestir le secteur ?Nous sommes à un point d'inflexion où la plupart des indicateurs passent au vert. Toute la question est de savoir si la "recovery" (retournement) du secteur est déjà intégrée dans les cours. Elle l'est en partie pour les valeurs américaines qui depuis septembre ont plus profité de la reprise que les valeurs européennes. Texas Instrument et Intel se payent plus de 7 fois les ventes estimées en 2002, alors que STM se paye 4,5 fois. Il faut privilégier les valeurs européennes comme STM et Infineon. Dans l'hypothèse où les fabricants confirmeraient les tendances déjà visibles, il ne faudrait pas trop tarder pour profiter de cette reprise.Propos recueillis par Pierre de Beauvillé

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