"Les entreprises attendent la confirmation de la reprise pour embaucher"

La Tribune. - Les enquêtes de l'INSEE montrent une amélioration de l'activité. Pourtant le chômage progresse encore. Quelles sont vos explications?Philippe Waechter. - Les entreprises sont dans une situation où elles anticipent une reprise de la croissance. Cependant, elles ne le constatent pas encore réellement dans leur activité. En conséquence, elles ajustent leurs effectifs afin de profiter au mieux de la reprise et donc d'améliorer une profitabilité qui a été écornée par le net ralentissement de la croissance en 2001. C'est pour cela que le chômage a continué de progresser en mars. Les licenciements économiques s'accroissent, et les fins de contrats à durée déterminée ainsi que les fins de missions d'intérim restent à un niveau élevé. Les entreprises veulent réduire leurs coûts et retrouver des marges de manoeuvre. On note cependant que dans certains secteurs, l'activité s'améliore déjà puisque les reprises d'emplois s'accroissent. D'une manière générale, ce schéma implique que les entreprises attendent que l'expansion soit réellement observable pour modifier leurs comportements sur le marché du travail. Cela devrait s'observer à partir de l'automne.La reprise économique n'est elle pas maintenant menacée par la remontée du prix du pétrole?La hausse récente du prix de l'énergie crée une perturbation dans le scénario. Elle fait courir le risque d'une reprise moins dynamique qu'attendu. Si le prix du pétrole progressait encore (tendant durablement vers la fourchette 27-30 dollars), alors les sources de la reprise du commerce mondial, qui tire la reprise française, seraient amoindries. Cela repousserait dans le temps la reprise de la croissance et donc la fin de l'ajustement sur le marché du travail. A plus court terme, les incertitudes électorales peuvent rendre les chefs d'entreprise plus hésitants.Qu'en sera-t-il des résultats des entreprises dans ce scénario?Dans le scénario de reprise de l'activité puis d'amélioration du marché du travail, les résultats des entreprises devraient progresser assez sensiblement. Cela sera positif sur le marché boursier. Cependant, à court terme, les incertitudes de ce scénario engendrent une forte volatilité sur les marchés et incitent à adopter une attitude plus défensive. La réunion, fin juin, de l'OPEP pourrait lever une partie de l'incertitude sur le pétrole.

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