L'Argentine et les marchés oblitèrent le résultat de Suez

La chute est vertigineuse. De 1,4 milliard d'euros, il y a un an, le résultat net semestriel de Suez est tombé à seulement 163,8 millions d'euros, soit une chute de 88,4%. Mais ce n'est pas directement l'activité du groupe de services aux collectivités qui est en cause. Le résultat a principalement été grevé par des éléments exceptionnels. Ainsi, en raison de la situation en Argentine, le groupe a passé une charge exceptionnelle de 500 millions d'euros. A cela s'ajoutent des moindres plus-values de cessions (277 millions au lieu de 928 millions l'an passé) compte tenu des mauvaises conditions de marché.L'écart constaté entre les prévisions des analystes montre d'ailleurs qu'ils attendaient ces éléments exceptionnels difficiles à anticiper. Selon Reuters, les prévisions s'étalaient de 114 à 745 millions d'euros.Le reste des résultats est nettement moins spectaculaire. Le résultat net courant a crû de 3,7% à 596 millions d'euros. Quant au résultat d'exploitation, il a progressé de 7% à 2,3 milliards d'euros, pour un chiffre d'affaires en hausse de 8,9%.Selon Suez, "le groupe démontre sa stratégie et ses fondamentaux". Il insiste notamment sur sa situation financière. Il a dégagé un cash flow libre de 1,9 milliard d'euros sur le semestre et son endettement net est stable à 24,8 milliards d'euros. Il rappelle également que la valeur de ses actifs non stratégiques à céder est de 7,2 milliards d'euros.Pour les mois à venir, le groupe se veut relativement confiant. Il note en particulier que "la charge exceptionnelle sur l'Argentine s'ajoute aux 200 millions déjà enregistrés au 31 décembre 2001 et ramène à zéro le risque de change sur la dette ainsi que la situation nette du groupe en Argentine". Quant aux priorités de la société, elles privilégient notamment "la rentabilité sur la croissance" et "le développement organique sur les acquisitions". Dès lors, Suez attend sur les six derniers mois une croissance organique au moins égale à celle du premier semestre (4,1%). Il compte aussi améliorer sur l'année le résultat net courant de ses trois métiers mondiaux (énergie, eau et propreté).En revanche, dans un environnement "flou", le groupe a refusé de confirmer ses objectifs 2001/2004, tout en soulignant qu'il ne les abandonnait pas. Ces objectifs étaient une croissance annuelle moyenne à deux chiffres des revenus et du résultat des trois métiers mondiaux. En clôture, l'action lâche 5,7% à 20,52 euros.

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