Le mutisme des chefs d'entreprise américains sur l'Irak

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Pourquoi sont-ils restés muets ces derniers temps ? Par manque de patriotisme ? Pas forcément. Certes, certains craignent avant tout que les incertitudes ne grippent un peu plus l'activité économique et pèsent en conséquence sur leur bilan. Car si les Américains sont inquiets pour l'avenir, ils ne consommeront plus, d'autant qu'ils resteront cloués devant leur télévision pour profiter du conflit, télévisé bien entendu, au lieu d'aller dans les shopping malls. Reste que depuis le 11 septembre 2001, parler d'enjeux économiques au lieu de se concentrer sur la défense du territoire est au mieux une faute de goût... Soutenir ouvertement George Bush ? Pourquoi pas. Mais si le conflit venait à durer, à s'enliser, que les citoyens américains voyaient, comme un remake du Vietnam, les corps des GI's revenir dans des "body bags", les patrons pourraient se sentir embarrassés vis à vis de leurs clients. Pour certains observateurs, il y a une troisième explication. Les CEOs sont KO depuis la série de scandales, d'arrestations et d'amendes que connaît l'Amérique depuis quelques mois. Et ils rasent les murs. Si bien qu'ils n'osent pas dire ouvertement qu'ils ne sont pas d'accord avec la position de George Bush sur l'Irak, fût-ce pour des raisons économiques. Et si, en mesure de rétorsion, l'Administration déclenchait une enquête ? Du coup, que ce soit la Business Round Table, qui regroupe 150 des plus grandes entreprises américaines, la chambre de Commerce, ou encore l'Association des Industriels, toutes ont trouvé jusqu'à présent une excuse pour éviter de se prononcer sur l'hypothèse d'une offensive. Et pourtant : selon un sondage, plus de la moitié des chefs d'entreprise interrogés estiment qu'une guerre ne pourrait que retarder la reprise américaine, voire même replonger l'économie dans la récession....

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