Semaine chargée dans la distribution

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Si l'année 2002 est maintenant terminée, reste encore à voir comment elle se traduira dans les comptes des entreprises. La distribution est l'un des premiers secteurs à établir un bilan provisoire avec la publication cette semaine des ventes de quatre de ses acteurs: Carrefour, Metro, Ahold et Delhaize.C'est Ahold qui, dès mardi matin, a ouvert le bal des présentations de chiffres d'affaires annuels. Si le groupe avait démarré l'année en fanfare avec des ventes en hausse de 22% (5,4% en organique) au premier trimestre, l'activité avait été nettement moins soutenue les mois suivants -notamment en raison de la crise en Amérique du Sud- jusqu'à devenir même décevante au troisième trimestre (+1,5% en organique, à 16,4 milliards d'euros).Heureusement, il a opéré un léger rebond sur les trois derniers mois. De quoi sauver la face en termes de chiffre d'affaires annuel, lequel est ressorti à 72,7 milliards d'euros (voir ci-contre), globalement en ligne avec les attentes. Un chiffre qui traduit une croissance de 9,2% en données publiées et de 3,2% en organique.Néanmoins, la publication de ces chiffres est à relativiser. Car depuis l'avertissement sur résultats, lancé en novembre, les observateurs attendent surtout l'annonce des bénéfices annuels qui sera faite un peu plus tard dans l'année (le 5 mars). Le groupe, qui pronostiquait une croissance bénéficiaire de 5 à 8%, vise maintenant un repli de son résultat par action de 6 à 8%.Croissance organique de 5% pour CarrefourSi la semaine a débuté dans le calme avec les seules chiffres d'Ahold, les investisseurs auront en revanche droit jeudi à une véritable rafale de publications. Et parmi les groupes qui lèveront le voile sur leur activité se trouvera notamment Carrefour. Bien que, comme Ahold, le Français ait été marqué par la crise en Argentine, leurs parcours diffèrent. Pendant que l'activité d'Ahold allait decrescendo, celle de Carrefour s'est peu à peu redressée au cours de l'exercice. Point d'orgue de ce sursaut: les ventes du troisième trimestre, en hausse de 5,6% en organique et publiées en octobre, ont agréablement surpris le marché. D'autant que le groupe a profité de l'occasion pour réitérer son objectif de croissance annuelle organique de 5%. Une nouvelle bienvenue à un moment où le doute s'était emparé du marché.Compte tenu de ce discours récent, les marchés n'attendent donc pas de surprise majeure. Fideuram-Wargny anticipe notamment des revenus 2002 en repli de 0,5% en données publiées mais en hausse de quelque 5% en organique (les effets de change vont jouer négativement), à 69,17 milliards d'euros. Un chiffre assez proche du consensus Ibes, qui s'établit à 69,73 milliards d'euros. Certaines prévisions sont aussi établies TTC. Elle sont comprises entre 77 et 78 milliards d'euros.Carrefour n'est pas le seul à viser une croissance de 5%. Le chiffre est repris par l'Allemand Metro qui lui aussi fera le point sur ses ventes jeudi prochain. Pour les analystes, le groupe devrait au quatrième trimestre avoir souffert du manque de confiance des consommateurs d'outre-Rhin. Ainsi, seules ses divisions cash & carry et électrodomestique devraient afficher des performances positives en comparable. Mais cela ne devrait pas l'empêcher d'atteindre son objectif de croissance annuelle (compris en fait entre 5 et 5,5%). D'ailleurs, comme pour Carrefour, les analystes sont en accord avec le groupe puisqu'ils visent un chiffre d'affaires voisin de 52 milliards d'euros, en hausse de 5%.L'occasion d'avoir une première tendance pour 2003Toujours jeudi, cette série de publication prendra fin avec le Belge Delhaize. Ce dernier s'est montré encore plus précis que ses homologues puisqu'au lieu de donner une prévision de croissance, il a tout simplement fixé une fourchette prévisionnelle de chiffre d'affaires, allant de 20,6 à 20,8 milliards d'euros. Un niveau qui, bien qu'en retrait par rapport à 2001 (21,39 milliards d'euros), devrait toutefois faire ressortir une croissance organique de 1 à 2%. Là encore, les analystes ne vont pas à l'encontre des pronostics du groupe. Ils semblent même très confiants puisque leur estimation moyenne ressort dans le haut de la fourchette fixée par la société, à 20,79 milliards d'euros.Enfin, au-delà des chiffres publiés, les investisseurs ne manqueront pas de voir dans ces annonces le moyen de glaner quelques précisions de la part des distributeurs sur la manière dont ils appréhendent l'année qui vient de commencer. Car jusqu'ici bien peu d'éléments ont filtré.

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