Dépenser ou payer ses dettes ? That is the question

Les 350 milliards de dollars de réductions d'impôts consenties sur dix ans par le Congrès américain il y a quelques mois serviront-ils, comme le souhaite le président Bush, à relancer l'économie grâce à la consommation? Peut-être, mais ce n'est pas sûr. En effet, selon un récent sondage effectué par USA Today, CNN et Gallup, 45% des Américains interrogés devraient - s'ils font ce qu'ils disent qu'ils souhaitent faire! - payer d'abord leurs dettes avec les 400 dollars qui leur seront envoyés en moyenne par le fisc à la fin juillet. On le sait, les Américains vivent à crédit. Et pour cause : à la fin de chaque mois, les émetteurs de cartes de crédit, comme Visa ou MasterCard, ne ponctionnent pas comme en France la totalité des dépenses effectuées dans le mois avec la carte, mais demandent simplement à ce qu'une somme très faible soit versée - par exemple, 80 dollars pour un montant total de 1.500 dollars de dépenses. Au mois de mai dernier, d'ailleurs, les consommateurs américains ont continué, plus que jamais, à emprunter de l'argent à leur banque, sous la forme d'un crédit à la consommation ou de dépenses via leur carte de crédit. La dette des consommateurs a ainsi augmenté de 7,3 milliards de dollars en mai. D'ailleurs, les consommateurs profitent toujours de meilleurs taux d'intérêt, qu'ils doivent cependant de plus en plus arracher à leur banque. A l'occasion de la dernière baisse des taux de la Fed, les banques ont en effet été plus lentes que d'habitude à la répercuter à leurs clients. Et il faut maintenant téléphoner à la banque pour exiger que le taux baisse sur une carte de crédit.Mais quelles que soient leur envie de consommer et les incitations à le faire, les Américains ne seraient que 22%, selon le sondage d'USA Today, à vouloir dépenser l'argent de leur chèque d'impôts, tandis que 31% disent vouloir l'investir. Bref, la reprise ne se fera peut-être pas grâce au plan Bush. Quoique. Certains économistes font remarquer qu'entre les intentions et les actions, il y a souvent une différence, déjà repérée lors des précédentes réductions d'impôts. La tentation de consommer peut, en définitive, se révéler irrésistible, une fois que le cash est arrivé...

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