L'Allemagne s'éloigne de la déflation
La Tribune
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Le spectre de l'inflation s'éloigne un peu plus en Allemagne. Les prix de détail de la première économie européenne s'établissent en effet à 1,2% en glissement annuel en août, selon la première estimation de l'Office fédéral des statistiques. Le mois dernier, le taux annuel d'inflation était de 0,9% et les économistes ne s'attendaient pas, en moyenne, à plus de 1%, selon Reuters et Bloomberg.Compte tenu des données enregistrées dans certains länder, cette reprise des prix, encore modeste, s'explique principalement par la hausse du pétrole et de l'électricité, mais aussi par la reprise enregistrée dans le domaine du tourisme. Ainsi, en Rhénanie du Nord-Westphalie, le land le plus peuplé du pays (22% de la population), les prix de l'électricité ont progressé sur un an de 5,6%, ceux de l'essence de 4,4% et ceux des voyages organisés de 2,4%. La hausse est donc encore très liée à des données liées au climat, à la saison ou à la situation géopolitique. Toujours en Rhénanie du Nord-Westphalie, les prix ont en effet baissé de 0,1% sur un mois, hors énergie. Encore plus significatif, les prix des biens de consommation ont également reculé de 0,1% sur un mois. On est encore loin d'une véritable reprise des prix liée à une poussée de la demande et dont pourraient bénéficier les entreprises. Pas de déflation, donc, pas encore de possibilité pour les groupes allemands de compter sur les prix pour favoriser une reprise des bénéfices. Cette remontée des prix allemands ne rassure donc qu'à moitié les économistes. "La demande est encore trop faible pour que les sociétés puissent augmenter significativement les prix", explique ainsi Volker Nitsch, économiste à la Bankgesellschaft Berlin interrogé par Bloomberg.La plupart des observateurs conviennent pourtant aujourd'hui qu'après le plus bas du taux d'inflation annuel à 0,7% en mai, les craintes de déflation s'éloignent définitivement en Allemagne. "A moyen terme, le maintien d'un niveau élevé du Brent et l'appréciation du dollar pourraient ramener vers le haut les perspectives d'inflation", précise ainsi Guilhem Savry, économiste chez CDC-Ixis, qui prévoit un taux annuel de 1,1% en 2003 et de 1,4% en 2004. Mais cette fin de la tendance déflationniste ne préjuge pas des capacités de rebond de l'économie allemande.Du côté de la BCE, cette poussée des prix outre-Rhin ne devrait pas inquiéter. Pour Volker Nitsch, "l'inflation allemande n'est certainement pas un problème actuellement pour la BCE". Pas de quoi donc remettre en cause la politique de taux bas de Francfort dans l'immédiat. Il n'empêche. Certains pointent déjà du doigt le risque d'inflation dans la zone euro. Ainsi, dans une étude du 15 août dernier, Morgan Stanley évoquait le "risque limité de reprise des prix à court terme", notamment en raison de l'énergie et de l'alimentation. Selon la banque américaine, même si ces mouvements pourraient être "temporaires", la banque américaine précise que "les banques centrales les observeront pour fixer les taux d'intérêt". Les marchés n'ont cependant pour le moment pas réellement anticipé un tel mouvement. Après l'annonce des chiffres allemands, le taux Euribor à 3 mois restait stable à 2,147.
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