La Banque d'Angleterre relève ses taux pour la quatrième fois

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La Banque d'Angleterre continue à montrer la voie des relèvements de taux d'intérêt. Alors que la Réserve fédérale américaine a clairement indiqué qu'elle s'apprêtait à reprendre le chemin de la hausse des taux après une longue période d'immobilité, et que la Banque centrale européenne est actuellement dans une période de stabilité sans biais ni à la hausse ni à la baisse, la BoE a procédé aujourd'hui à son quatrième relèvement de taux en sept mois.A l'issue de la réunion de deux jours de son comité de politique monétaire, la banque centrale britannique a décidé de relever son taux d'intérêt directeur de 25 points de base pour le porter à 4,5%. C'est la quatrième fois qu'elle procède à un relèvement de ce montant: ses précédentes interventions datent de novembre, février et mai derniers.La Bank of England se démarque donc nettement de ses consoeurs des autres grands pays industrialisés, qui n'ont pas encore franchi le pas. Mais elle doit traiter une situation économique assez particulière. En premier lieu, l'économie du Royaume-Uni tourne actuellement à plein régime. Même si les objectifs d'inflation de la BoE sont pour le moment parfaitement respectés (2% d'objectif à moyen terme, 1,2% d'inflation à l'heure actuelle hors prix de l'immobilier), le rythme de croissance de l'activité commence à inquiéter. Selon une étude que vient de publier la Fédération des manufacturiers (EEF), la Grande-Bretagne observe une "hausse de la production dans tous les segments industriels et dans toutes les régions", si bien que "la production et les commandes progressent à un rythme qui est le plus rapide depuis sept ans". D'où un risque de surchauffe que la Banque d'Angleterre doit prendre en compte.Dans son communiqué publié aujourd'hui, la Banque affirme ainsi que "les pressions inflationnistes vont probablement augmenter: le comité estime donc qu'une hausse de 25 points de base du taux d'intérêt principal à 4,5% est nécessaire pour que le taux d'inflation reste dans l'objectif officiel" de 2% assigné par le gouvernement. Par ailleurs, ajoute le communiqué, "la reprise de l'économie mondiale se poursuit. En Grande-Bretagne, les indicateurs officiels et les rapports d'organisations professionnelles suggèrent que la croissance s'accélère. Les dépenses des ménages, les dépenses publiques et les investissements ont tous fortement progressé et le marché de l'immobilier reste robuste". Le tout dernier point mentionné dans ce communiqué est sans doute déterminant pour la BoE. Déjà monté à des niveaux qui peuvent sembler extravagants vus de ce côté-ci de la Manche, l'immobilier n'en finit pas de progresser. Selon le dernier rapport de la banque Halifax, les prix de l'immobilier ont encore grimpé de 2,2 % en moyenne au seul mois de mai, ce qui correspond à une hausse sur un an de... 20,4 % (lire ci-contre). Pour les autorités monétaires du pays, cette flambée de l'immobilier est préoccupante. Car l'éclatement de cette bulle immobilière aurait de redoutables conséquences. Les ménages se sont en effet très lourdement endettés pour acquérir leurs logements aux prix actuels et une chute des prix aurait un impact direct sur la consommation des Britanniques. En outre, il est de pratique courante, en Grande-Bretagne, pour les particuliers déjà propriétaires de leur maison, de prendre un crédit hypothécaire appuyé sur celle-ci pour alimenter leur consommation ou leurs opérations boursières. Là encore, un éclatement de l' "effet richesse" lié à la valeur de l'immobilier aurait de lourdes conséquences économiques.En relevant progressivement ses taux, la BoE espère donc susciter un retour au calme graduel du marché immobilier. A cet égard, ses interventions peuvent être d'autant plus efficaces que la plupart des crédits hypothécaires étant à taux variable en Grande-Bretagne, le relèvement des taux de la BoE se répercute immédiatement sur les mensualités payées à leur banque par les Britanniques.

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