Concentration imminente

2004 pourrait être la bonne... Des rumeurs de rapprochement entre AT&T Wireless et son rival Cingular avaient déjà été évoquées il y a un an, mais elles n'avaient abouti à rien. Certaines mauvaises langues rappellent même que dès la fin 2001, alors qu'AT&T se séparait avec fracas de sa filiale mobile, la question de son maintien en l'état sur le marché s'était déjà posée. Aujourd'hui, plus personne ne doute que la consolidation dans le secteur du mobile outre-Atlantique est pour très bientôt.Jusqu'à Standard and Poor's, cette semaine, l'avis général est bien que la pression sur les marges et le chiffre d'affaires est devenue difficilement tolérable avec six opérateurs nationaux sur le marché. Selon les premières indications, l'introduction récente de la portabilité du numéro - un procédé qui permet aux abonnés de changer d'opérateur sans changer de numéro -, loin d'entraîner une redistribution des cartes, a plutôt eu tendance à accentuer le position dominante de Verizon Wireless, le roi du mobile américain. En ne recrutant que 128.000 nouveaux abonnés au dernier trimestre 2003, avec une baisse du revenu par abonné, AT&T Wireless n'a pas fait très bonne figure.Plutôt en retard par rapport à l'Europe, le marché américain avait jusqu'ici offert des perspectives intéressantes de développement. L'inventivité tarifaire a été particulièrement intense avec la mise sur le marché de nombreuses formules de forfaits. Elles ont participé à une division par deux du prix de la minute en trois ans. Dans le même temps, de nouveaux services sont apparus avec l'arrivée de nouveaux terminaux. Les Etats-Unis ont été le premier pays au monde à avoir lancé le "push to talk", une application qui permet d'adjoindre une fonction talkie-walkie à un téléphone portable. Enfin, si l'on exclut l'Asie, ils disposent des premiers réseaux de troisième génération en service avec le développement de services à la norme CDMA 2000 1x, permettant des transferts de données à grande vitesse.Seulement voilà, le marché américain ne croît plus aussi vite qu'avant, ce qui pousse les opérateurs à rogner sur leurs marges. Une consolidation permettrait donc de redonner de l'air aux gros acteurs restant en place, en leur donnant la possibilité de réaliser des économies, notamment sur les approvisionnements en équipements. Le schéma le plus souvent mentionné, un rachat de AT&T Wireless par Cingular, facilité par la compatibilité de leurs réseaux GSM, créerait un tel effet de taille en faisant émerger un nouveau numéro un. Cela pourrait même provoquer une réaction en chaîne, puisque la filiale américaine de l'allemand T-Mobile, le plus petit opérateur du marché, pourrait à son tour se retrouver isolée et valider les prédictions de ceux qui estiment que le secteur est désormais mûr outre-Atlantique pour s'organiser autour de quatre opérateurs.

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